mardi 11 mars 2014

Dieu est Amour


1 Jean 4:16



Introduction


Albert Einstein a dit que la religion ne l’intéressait pas parce qu'aucune des religions qu’il avait essayée ne le confrontait à la grandeur de Dieu comme ses découvertes scientifiques. Il rencontrait plus la grandeur de Dieu en étudiant l’univers, qu’en écoutant une prédication de la Parole de Dieu. Quelle critique cinglante pour nous les prédicateurs chrétiens ! Comment est-ce que c’est possible qu’on puisse rencontrer plus la grandeur de Dieu par la science que par le fait d’aller à l’église ? Nous avons la bible ! Nous connaissons Dieu ! Nous sommes ceux qui connaissent sa grandeur.


Aujourd’hui je vais essayer de donner un message que même Einstein approuverait. Non pas en montrant ma compétence scientifique, mais en dévoilant un peu ce Dieu qui est grand. Car, la réalité est que si nous ne faisons pas en sorte que le peuple de Dieu rencontre la grandeur de Dieu, quoi que nous fassions d’autre, nous échouons dans notre mission. Mon message s’appelle : Dieu est amour.
Quand on dit que Dieu est amour, des non-croyants (et même parfois de croyants) demande; si Dieu est vraiment amour, alors pourquoi y a-t-il tant de souffrances dans ce monde ? Je vais argumenter dans ce message que c’est justement parce que Dieu est amour qu’il y a de la souffrance dans ce monde.
 
1. Dieu est amour, mais Dieu aime qui ?
Dieu est amour dit Jean. Mais, quelle est la nature de l’amour de Dieu ? Tout d’abord je veux dire que l’amour n’est pas une émotion. Aujourd’hui, quand on pense à l’amour on pense surtout à une émotion, à un sentiment romantique, mais bibliquement l’amour n’est pas cela. Dieu n’est pas émotionnel. Il n’a pas de poussés de sentiments amoureux. Il n’a pas de sentiments romantiques. Il est immuable comme un océan d’amour. Après tout, si l’amour était une émotion ou un sentiment, quel sens y aurait-il pour Dieu de donner un commandement de l’aimer ? Est-ce un commandement de devenir émotionnel ? Je ne le pense pas. Quand nous regardons la liste des caractéristiques de l’amour dans 1 Cor. 13, l’émotion n’est pas listée. Ceux qui sont listées sont des attitudes, des actes. L'amour est patient, il est plein de bonté...
D’ailleurs, la bible donne précisément la définition de l’amour. Elle définit l’amour dans Romains où nous lisons : l'amour est l'accomplissement de la loi (Rom. 13:10). Voilà la définition de l’amour. Aimer c’est agir. Quelle contraste avec l’idée contemporaine de l’amour ! Et cette idée est confirmée dans Galates : car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même (5:14). La définition de l’amour est donc de garder les commandements. L’amour n’est donc pas une émotion ou un sentiment, mais un acte. Dire que Dieu est amour donc, ne signifie pas que Dieu a des sentiments, mais que Dieu agit avec bienveillance et miséricorde et droiture envers quelqu’un.
Mais envers qui ? Dieu est amour, mais Dieu aime qui ? Pour répondre à cette question la plupart des prédicateurs et auteurs que j’ai lus parlent de l’homme. Ils disent que nous voyons que Dieu est amour parce qu’il nous aime. Je pense que si nous voulons comprendre ce que c’est l’amour de Dieu, nous faisons une grande erreur si nous pensons à l’homme. Je sais que tout le monde fait cela, mais cela ne veut pas dire que c’est biblique. Parler de l’amour de Dieu en faisant référence à l’homme est une erreur. Pourquoi ? (i) Parce que pour essayer de comprendre qui est Dieu, il faut commencer avec Dieu. Si sa nature est amour, la raison pour cela ne peut pas se trouver en dehors de lui, car cela fait partie de son être. Donc, pour comprendre la vérité que Dieu est amour, il ne faut pas regarder vers l’homme, il faut étudier Dieu. (ii) Parce que le message de la bible est que l’amour de Dieu envers les hommes n’est pas le but final de Dieu, mais est une conséquence d’un autre amour beaucoup plus profond.
Comment donc comprendre la vérité que Dieu est amour, sans parler de l’homme ? Voici la réponse. Dieu est amour, car Dieu est trinité. Dire que Dieu est amour c’est aussi affirmer que Dieu est trinité. Voilà comment on comprend cette vérité.
Dieu est un seul être, qui existe éternellement en trois personnes. Et dans l’être qui est Dieu, le Père est la personne ultime. Or, le Père a toujours été conscient de qui il est. Il a toujours eu une idée parfaite de lui-même. Il a toujours eu une image parfaite de lui-même. Autrement dit, le Père se connaît parfaitement et cette connaissance parfaite et exhaustive de lui-même, il l’a toujours eu; et cette connaissance, cette idée qu’il a de lui-même, cette image qu’il a de sa personne est tellement parfaite, représentant Dieu à la perfection, qu’elle se tient seule, à l’extérieur de lui-même et le reflète à la perfection. Cette image qu’il a de lui-même est tellement parfaite, tellement glorieuse, tellement magnifique, qu’elle est aussi une personne. Cette image est son Fils. Le Fils est l’image parfaite, éternelle et vivante du Père. [Il est] le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne (Héb. 1:3). Puisque le Père existe depuis toute éternité et puisqu’il a toujours été parfait, alors cette image de sa perfection a toujours existé. Il n’y a jamais eu de temps quand le Père n’avait pas cette image parfaite de lui-même, parce qu’il n’y a jamais eu de temps où le Père n’était pas parfait et ne se connaissait pas parfaitement. Le Fils aussi donc, qui est l’image du Père, existe depuis toute éternité.
Et leur amour réciproque qui va du Père vers le Fils et du Fils vers le Père existe depuis l’éternité. L’amour de Dieu trouve son origine et sa raison d’être dans l’amour que le Père a pour le Fils. Le Père aime le Fils infiniment. C’est pour cela qu’il dit ceci est mon fils bien aimé. Et parce qu’il l’aime, le Père aime être avec le Fils depuis l’éternité. C’est pour cela qu’il dit en lui j’ai mis toute mon affection (Matt. 3:17), ceci venant d’Esaïe en qui mon âme prend plaisir (42:1). Voilà pourquoi il ne faut pas chercher à comprendre cette vérité en pensant à l’homme.
Mais, ce n’est pas fini. Cet amour entre le Père et le Fils est tellement parfait, tellement infini, tellement glorieux, cet amour est tellement eux; cette énergie parfaite, joyeuse et éternelle fait tellement partie d’eux, que cet amour aussi est une personne infinie et parfaite – le Saint Esprit. L’amour entre le Père et le Fils est le Saint-Esprit.
Dieu existe depuis toujours dans une communion parfaite et infinie d’amour. Dieu est donc amour. C’est sa nature depuis toujours. Il se réjouit de sa communion. Le Père se réjouit d’une joie infinie d’aimer le Fils et de prendre plaisir dans l’existence et les perfections du Fils. L’Esprit procède éternellement d’eux car ils s’aiment. Dieu est donc éternellement auto-suffisant dans son amour. C’est un exploit. C’est un vrai exploit. C’est sa gloire.
Donc, à la question; Dieu est amour, mais Dieu aime qui ? Je réponds, le Père aime le Fils est le Fils aime le Père depuis toujours et cet amour éternel est le Saint-Esprit.
 
2. Pourquoi le Père aime-t-il le Fils depuis toujours ?
C’est une question qu’on ne pose jamais, mais elle est légitime car elle nous montre l’excellence du Fils. La première chose à comprendre est que l’amour du Père envers Jésus n’est pas comme son amour envers nous. Son amour pour nous est grâce. Nous ne méritons pas son amour. Mais son amour pour son Fils n’est pas grâce. Son Fils mérite son amour. Cet amour n’est pas grâce, mais plaisir infini en son Fils. Ceci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute mon affection. Le Père aime le Fils avec une jouissance infinie, car il trouve une joie infinie en la personne de son Fils.
La première raison que le Père aime le Fils est à cause de la majesté du Fils. Il l'aime parce que le Père voit en son Fils l’image parfaite de lui-même. Le Père aime le Fils parce que quand il voit le Fils, il voit son reflet parfait. Mais, on dira, n’est-ce pas un péché pour Dieu de s’aimer ? Non, car Dieu est parfait. Dieu qui est parfait, se réjouit exclusivement de la perfection. Il ne peut pas prendre plaisir dans l’imperfection. Nous avons vu que l’amour se réjouit de la vérité. Dieu seul est vérité. Si Dieu se réjouissait de quelqu’un d’autre que de lui-même pour une milliseconde, il serait idolâtre.
Mais, si Dieu se réjouit de lui-même, alors pourquoi est-ce que c’est un péché pour moi de me réjouir de moi-même ? Parce que tu n’es pas Dieu. Tu as été créé en son image. En se réjouissant de toi, tu lui vole la gloire qui lui est due. Tu t’attribues sa gloire – c’est de l’idolâtrie. Donc, la première raison que Dieu le Père aime le Fils est que le Fils est l’image parfaite de la perfection de Père.
Et la deuxième raison que Dieu le Père aime le Fils est parce que malgré le fait qu’en tant qu’image parfaite du Père, le Fils était l’égal du Père, il était agréable au Fils de s’humilier, jusqu’à devenir un homme par obéissance au Père. Le père aime chez le Fils l’image de sa perfection et il aime aussi son obéissance et son humilité. Voici mon serviteur que j'ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. .... Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n'entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n'éteindra point le lumignon qui fume. (Matt. 12:18s). C’est donc cette excellence suprême du Fils qui est admirable et aimable aux yeux du Père. C’est ce qui rend le Fils si merveilleux. Alors qu’il pouvait prétendre à toute la gloire et tous les honneurs de Dieu, il s’est volontairement humilié en devenant le serviteur du Père. Et il a fait cela parce qu’il aime le Père avec un amour infini. Son amour du Père l’a poussé à obéir au Père. Le Fils voulait montrer au Père jusqu’à quel point il l’aimait. Donc, il est Dieu et pourtant il devient un bébé. Il est Dieu et pourtant il lave les pieds de ses disciples. Il est Dieu et pourtant il accepte d’être tenté par le diable. Il est Dieu et pourtant il accepte d’être giflé, craché dessus et crucifié par ses créatures par amour du Père. Le Père m'aime, parce que je donne ma vie (Jean 10:17).
Voilà pourquoi le Père prend plaisir en son Fils, à cause de son obéissance qui l’a conduit à s’humilier, jusqu’à donner sa vie par amour du Père. Voilà pourquoi le Père aime le Fils, parce qu’alors qu’il était infiniment important, il s’est fait le plus insignifiant de tous par amour du Père. Car, existant en forme de Dieu, il n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes … C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé (Phil. 2:6). Jonathan Edwards dit : Dans la personne de Jésus se rencontrent grandeur infinie et servilité infinie, justice infinie et grâce infinie, gloire infinie et humilité infinie, une égalité avec Dieu et une soumission infinie envers Dieu. Le Fils est tout simplement splendide, excellent, admirable, incomparable. Voilà pourquoi le Père l’aime. Qui n’aimerait pas un tel être ?
 
3. Et nous dans tout ça ?
Pour l’instant, on me dira, j’ai beaucoup parlé de Dieu et peu de nous. Mais nous existons. Et Dieu nous aime. Parlons donc un peu de nous ! C’est sûr que Dieu aime ses enfants. Mais, pourquoi nous aime-t-il ? Parce que nous sommes aimables ? Que dit-il à ce sujet ? Ce n'est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l'Éternel s'est attaché à vous et qu'il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l'Éternel vous aime ... (Deut. 7:7). A la question pourquoi Dieu s’est-il attaché à son peuple, la raison donnée ici est parce que Dieu aime son peuple. Autrement dit, la raison que Dieu aime son peuple est parce qu’il les aime. Nous avons ici un raisonnement circulaire dans la bible. La raison que Dieu vous aime est parce qu’il vous aime. Ce raisonnement circulaire est le signe, par excellence, que la raison de son amour se trouve en lui. Il nous aime parce qu’il est amour. Dieu adore nous aimer. Son amour pour nous n’a rien à voir avec nous, mais tout à voir avec lui. Donc, Dieu aime son peuple parce qu’il est amour et parce qu’il est amour, il veut nous sauver. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous (Rom. 5:8).
Ceci m’amène à poser une autre question pour dévoiler davantage l’amour de Dieu. Avec cette question je voudrais faire le lien d’un côté entre l’amour du Père pour son Fils et du Fils pour son Père, et de l’autre l’amour de Dieu pour nous. Car les deux ne sont pas contradictoires, mais complémentaires. Voici donc ma question. Dieu voulait nous sauver parce qu’il est amour, mais qu'est-ce qui posait le plus grand obstacle à notre salut ? Quelle difficulté risquait le plus d'empêcher notre réconciliation avec Dieu ? Qu'est-ce qui se dressait comme l'Everest devant nous et notre salut ? La réponse qui vient à notre esprit en premier est : notre péché d’un côté et la justice de Dieu de l’autre. Voilà l’obstacle ! Comment Dieu pouvait-il nous pardonner tout en restant juste ? C'est ça l'Everest. Comment un Dieu trois fois saint pouvait-il pardonner à des misérables pécheurs comme nous et toujours être loué comme une Dieu de justice ?
Certes, le problème du pardon de nos péchés par un Dieu saint était un obstacle énorme, mais je crois que ce n’était pas le plus grand obstacle à notre salut. Le plus grand obstacle n’est pas que Dieu est saint, mais que Dieu est amour. Paul nous explique le problème Que dirons-nous donc à l'égard de ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? (Rom 8:31s). Le plus grand obstacle à notre salut était que le Père accepte de ne pas épargner son Fils pour nous sauver. Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? Paul utilise ici une argumentation a fortiori. Il raisonne du plus grand au plus petit. Si Dieu a donné le plus grand, alors il donnera le plus petit. S'il a accepté la plus grande difficulté, alors il acceptera la plus petite. Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? Une fois que le Père avait accepté de livrer son propre Fils à la mort, alors tout le reste était facile pour lui. Une fois que le Père avait accepté cela, le problème de notre péché et de sa justice était insignifiant par comparaison.
Il a fallu une éternité (si on peut parler ainsi de Dieu) pour que le Père accepte de ne pas épargner son Fils. Le désir normal d'un père est justement d'épargner son enfant. A combien à plus forte raison un Père dont la nature est amour ! Mais le Père accepte de ne pas l'épargner de la méchanceté des hommes. Le Père accepte de ne pas l'épargner de Satan. Le Père accepte de ne pas l'épargner de sa propre colère, mais de le livrer. Il lui a fallu une éternité pour accepter cette décision terrible.
Il nous est impossible de comprendre l’amour infini et parfait que le Père donnait au Fils et que le Fils donnait au Père depuis l’éternité. On ne peut pas comprendre l’unité parfaite et la communion parfaite qu’ils avaient depuis toujours. Mais c’est une réalité. Glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût..... Comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi …. Ma gloire, [c’est] la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde (Jean 17). Et c’est cette communion parfaite que le Père a accepté de rompre. La rupture de cette communion et de cet amour parfaits était la décision la plus colossale pour le Dieu de l’univers de toute éternité. Sans aucune exception. Le Père a accepté de casser cet état parfait d’amour entre lui et son Fils. Et non seulement cela, mais aussi de livrer son Fils à la mort. Cette décision était la décision la plus pénible que le Père aura à prendre de toute l’histoire divine. Et il l’a prise. Il l’a prise et tout le reste était comparativement facile après cela.
Et cette décision était terrible pour le Père (je parle encore en langage humain) non seulement parce qu'il allait casser la communion parfaite entre lui et son Fils qui existait depuis toujours, mais aussi parce qu'il savait que cette décision allait conduire le Fils dans de terribles souffrances. Oui, le Fils était un serviteur volontaire du Père. Je donne ma vie. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même (Jean 10:17). Il n’a pas été contraint de se livrer, mais sa souffrance était si terrible que dans le jardin Jésus a prié Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Lui qui avait était éternellement habitué à avoir une communion avec le Père, était pour la première fois face à une situation où il allait être séparé du Père. Lui qui avait été habitué à ce que le Père lui sourit, allait maintenant connaître non pas son sourire, mais sa fureur. Voilà le plus grand obstacle à notre salut : l’amour du Père pour son Fils.
Mais, on me dira : oui mais le fait que le Père n’a pas épargné son Fils prouve à quel point le Père nous aime. Et le fait que le Fils a donné sa vie prouve à quel point le Fils nous aime. Tout cela prouve à quel point Dieu nous aime. Nous voulons désespérément nous mettre au centre de cette histoire. Mais l’homme n’est pas au centre de cette histoire. Dieu l’est. Nous sommes pris dans une histoire d'amour éternel entre le Père et le Fils. Non, cela ne prouve pas qu’ils nous aiment, mais qu’ils s’aiment. Ils n’ont pas fait cela pour nous, mais pour eux. Qu’est-ce qui me permet de dire cela ? Parce que le Père voulait donner à son Fils un peuple qui exprimera pour l’éternité son amour pour son Fils. C'est pour cette raison que vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pourquoi ? afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière (1 Pierre 2:9). Le Père aime le Fils tellement qu’il est en train de lui procurer un peuple qui exprimera pour toujours l’amour que le Père a pour son Fils. Et le Fils veut montrer jusqu’où il est prêt à aller pour faire plaisir au Père. Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. (Luc 22:42). Car Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son œuvre (Jean 4:34).
Voici un dialogue que l’on peut imaginer entre la trinité à l’aube de l’éternité.
Père : Mon Fils, je t’aime tellement que je veux créer un monde pour toi et je veux créer des êtres dans ce monde. Je veux les créer à mon image pour que des millions et des millions de petits moi puissent t’adorer pour l’éternité. Ce sera mon cadeau pour toi pour toujours. Des millions d’êtres à mon image qui t’adorent pour toujours.
Fils : Mon Père, je t’aime tellement que si tu crées ce monde et ce peuple pour moi, je te demande de créer ce monde d’une telle manière que je puisse te montrer dans ce monde, par mon obéissance infaillible à toi, à quel point moi, je t’aime aussi. Donne-moi l’occasion dans ce monde de montrer jusqu’où je suis prêt à aller par amour pour toi.
Saint-Esprit : Alors, créons ce monde ! Que ce monde soit le théâtre privilégié de l’amour éternel entre le Père et le Fils !
Voilà ce qui se passe. Dieu a créé ce monde. Il a créé les hommes à sa propre image pour constituer un peuple adorateur pour son Fils. Et le Fils s’est donné, allant jusqu’à la mort, pour sauver ce peuple que le Père veut lui donner, ainsi démontrant par son obéissance infaillible à quel point il aime le Père.
Et pour montrer l’excellence de son obéissance, il fallait un monde où l’obéissance n’était pas facile. Il fallait un monde où l’obéissance lui coûterait cher. Bref, pour montrer l’excellence de son obéissance, il fallait un monde où l’obéissance lui ferait souffrir et mourir. C'est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort …. a appris, bien qu'il fût Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes (Héb. 5:7). J’affirme donc, (contrairement à ce que tout le monde pense aujourd’hui), que c’est justement parce que Dieu est amour, qu’il y a de la souffrance dans ce monde. Le Fils aime le Père. Il voulait lui prouver son amour. La souffrance a permis au Fils de démontrer son obéissance parfaite au Père. Il a appris, bien que Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes. Il en résulte que le Père a élevé à la perfection par les souffrances le Prince de [notre] salut. (Héb. 2:11). C’est justement parce que Dieu est amour qu’il y a de la souffrance dans ce monde. Un monde où la souffrance n’existait pas, indiquerait que Dieu n’est pas amour.
Et à la fin des temps, le Père donnera ce peuple racheté à son Fils, comme on présente une épouse à son époux. Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux (Apoc. 21:2). Et que se passera-t-il ensuite ? La seule chose possible, si on considère l’amour éternel qui existe entre le Père et le Fils. Lorsque le Père aura donné ce peuple adorateur au Fils pour que ce peuple loue le Fils pour toujours, pour que ce peuple exprime l’amour du Père envers son Fils à jamais, alors le Fils le prendra et le posera comme un cadeau aux pieds du Père. Et Dieu sera tout en tous. Ensuite viendra la fin, quand [Christ] remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. … Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. ... Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous (1 Cor. 15:24s).
Cette histoire ne nous concerne pas premièrement. Elle les concerne. Nous sommes les conséquences de leur amour. C’est une histoire d’amour éternel et infini et parfait entre Dieu le Père et Dieu le Fils et notre rôle est d’exprimer l’amour du Père envers le Fils. Nous sommes là pour cela. Nous sommes privilégiés de pouvoir participer dans cette histoire d’amour infini. Tout est fait par le Père pour rendre Jésus grand et glorieux et pour le montrer comme excellent parmi nous les nations pour amener en son nom à l'obéissance de la foi tous les païens (Rom. 1:5). Tout a été créé par lui et pour lui (Col. 1:16). C'est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses (Rom. 11:36).
 
Conclusion
Ce que je dis est non seulement biblique et historique (je l’ai reçu de John Piper, qui l’a reçu de Jonathan Edwards, qui l’a reçu de Jean Calvin, qui l’a reçu d’Augustin, qui l’a reçu de l’apôtre Paul) mais, ce que je dis est aussi bien plus rassurant pour toi que le fait de t’annoncer un Dieu qui a de bons sentiments envers tous les hommes. Le fait que le Père aime le Fils est notre garantie d’être sauvé. Si tu es en Christ, alors Jésus est en train d’intercéder pour toi au ciel en ce moment. Quand Satan t’accuse devant le Père, Jésus montre ses blessures et demande au Père de te garder pour lui. Et le Père qui l’aime d’un amour infini et qui, en plus, voit dans sa chair les preuves de son obéissance envers le Père, ne lui dit jamais "non". C’est aussi simple que ça. Il ne lui dit jamais "non". C’est parce que ce que j’ai dit dans ce message est vrai, que ton salut, ami chrétien, est assuré. Le Père ne dit jamais "non" à son Fils, car Dieu est amour.
 
 
 



mercredi 5 février 2014

Le Problème du Canon de la Bible



J’avais prévu de terminer ma série sur la bible avec mon dernier message. L’idée de terminer en parlant de Jésus me plaisait beaucoup. Cependant, c’était sans compter sur les différentes questions que cette série allait soulever chez certains. J’ajoute donc cette étude par nécessité, comme un appendice à ma série. C’est une étude plus technique que les autres. Mais c’est une étude nécessaire, car la bible est attaquée aujourd’hui comme jamais avant. Des étudiants chrétiens au lycée et à la fac perdent leur confiance en la bible et donc dans la foi chrétienne à cause des argumentations que je vais réfuter dans cette étude.

Voici le problème. Dans mon message Sola-Scriptura j’ai défini la bible comme étant les 66 livres de Genèse à l’Apocalypse. Certains m’ont demandé de justifier cette définition de la bible. Ce qui me frappe c’est que les sceptiques, les modernistes, les athées et même les Catholiques ont ici le même but, à savoir, insinuer que l’autorité de la bible n’est pas intrinsèque; que son autorité vient d’ailleurs et ceci afin de nuire à l’autorité de la bible. Je voudrais donc prendre le temps dans cette étude d’établir la vérité concernant ce que l’on appelle le Canon des Ecritures et par le même de rassurer certains chrétiens évangéliques qui ont pu être perturbés par ces fausses objections.

Dans un premier temps, je voudrais définir ce que c’est le canon. Ensuite, je voudrais présenter les argumentations que ces perturbateurs utilisent contre la bible, pour montrer point par point les incohérences et inexactitudes dans leurs argumentations, afin de démontrer que leurs attaques contre la bible sont infondées.*

 

1. Ma position

Premièrement, définissons ce que c’est le canon. Le mot canon vient du grec κανών signifiant "règle ou modèle", lui-même emprunté à l'hébreu qaneh "roseau, mesure, canne". Et le Canon des Ecritures signifie "la norme des écritures". La question du canon de la bible est donc; c’est quoi la bible ? Quels livres font partie de cette norme ? Quels livres sont dedans et quels sont dehors ?

Le premier commentaire que je veux faire ici c’est que pour le chrétien, la bible est la Parole de Dieu. Il s’agit de déterminer quels livres sont la Parole de Dieu et donc par implication lesquels ne le sont pas. Donc, la première chose à reconnaître est que la question du canon de la bible n’est pas une question historique. C’est une question de doctrine. Contrairement à ce qu’affirment les Catholiques et les internautes anti-chrétiens en tout genre, on ne définit pas le canon on faisant une leçon d’histoire, mais une leçon de doctrine biblique. Ceci est fondamental. Considérer le canon premièrement ou uniquement d’un point de vue historique c’est mettre la charrue avant les bœufs. C’est comme si on considérait les miracles de Jésus uniquement d’un point de vue historique. Notre théologie doit être correctement en place pour comprendre les miracles. Par exemple, il y a des gens qui essaient de comprendre les miracles de Jésus, sans croire en Dieu. Pour eux les miracles sont logiquement impossibles. Ils y trouvent des explications purement naturelles. Il leur est donc impossible de comprendre les miracles, car leur doctrine est erronée. C’est pareil avec la question du canon. Si nous n’avons pas une doctrine biblique de la bible, alors nous faisons fausse route. La question du canon de la bible est avant tout une question de doctrine.

Malheureusement, la plupart des livres évangéliques abordent ce sujet essentiel d’un point de vue purement historique, sans étudier la doctrine biblique de la Parole de Dieu. Il est vrai qu’une bonne connaissance de l’histoire de l’église est importante pour démasquer les erreurs des opposants à la bible, ce que je vais faire dans cette étude. Mais il ne faut pas commencer là. On doit commencer avec la doctrine. On doit commencer avec l’enseignement de la bible sur la bible. C’est le principe de Sola-Scriptura.

Par conséquent, on peut répondre à la question sur la définition de la bible comme ceci : le Canon des Ecritures est la collection de livres inspirés, que Dieu a donnés à son église universelle. Donc, contrairement à ce qui est souvent dit, le canon n’est pas quelque chose que les hommes ont établie ou décidée. C’est Dieu qui décide ce que c’est le canon des Ecritures. Ce point est fondamental. C’est Dieu qui décide ce qu’il a dit et n’a pas dit, pas nous. Les hommes peuvent recevoir sa Parole, l’affirmer, lui obéir (ou pas), mais les hommes ne sont pas les agents qui constituent sa Parole. C’est Dieu, en parlant, qui constitue son propre canon. Donc, en principe, le Canon des Ecritures pourrait exister, sans qu’aucun homme ne le sache. Un canon pourrait exister sans l’avis ou l’approbation d’aucun homme, car c’est Dieu qui crée le canon.

Deuxièmement, il faut reconnaître que la bible prétend ne pas être comme tous les autres livres. Ce livre prétend être la pensée de Dieu. Donc, encore une fois, si nous le traitons comme les autres livres, nous faisons fausse route, car on rencontre Dieu dans ce livre. Et on ne peut pas rencontrer Dieu sans l'Esprit de Dieu. Donc, il faut aborder ce livre avec une théologie bien définie avant de le lire. C’est-à-dire, soit on l’accepte comme la Parole de Dieu, soit on le rejette. Et si on le rejette, comme le sceptique, et l’athée, on ne le comprendra jamais, car on ne comprend pas la Parole de Dieu sans l'Esprit de Dieu. Ils détestent ce discours, mais c'est la vérité. Tout comme Dieu s'authentifie lui-même, la Parole de Dieu s'authentifie. Elle a autant d'autorité que lui, car elle est sa Parole. Seuls les Protestants évangéliques ont cette haute idée de la bible. Les Catholiques reconnaissent que la bible est inspirée, mais prétendent qu’elle n’est pas suffisamment inspirée pour pouvoir s'authentifier seule. Pour eux la Parole du Dieu vivant a besoin de l’approbation de l’homme pour être autoritaire. Quelle idée insensée !

Avec ces présuppositions affirmées, assumées et bien en place, examinons les argumentations des opposants à la bible.

 

2. Leurs Argumentations.

i) Le Nouveau Testament n’existait pas avant le IVe siècle. Donc la doctrine de Sola-Scriptura ne pouvait pas exister avant cette date. Donc c’est une doctrine auto-réfutante.

Cette argumentation est fallacieuse à plusieurs niveaux. Premièrement, c’est un argument du silence. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas connaissance d’une liste des 27 livres du NT que l’église a pu dresser, datant d’avant le IVe siècle, qu’une telle liste n’a jamais existé. Mais plus encore, c’est une erreur de catégorisation. Ce n’est pas parce qu’il n’y avait pas de liste des livres du NT que ces livres n’existaient pas !

Voici une illustration. Je suis auteur. J’écris des livres. Il y a donc un canon de mes livres. Or, je n’étais pas obligé d’écrire la liste de mes livres pour que ce canon existe. Dès que j’avais terminé mon premier livre, mon canon existait. C’est pareil pour le canon de la bible. Dire que le Nouveau Testament n’existait pas avant le IVe siècle est donc absurde. Les livres existaient. Dieu connaissait ses livres, car le Canon des Ecritures est son œuvre.

Mais selon Rome, les Ecritures ne peuvent pas être considérées comme les Ecritures dans l’église, sans être validées par l’autorité de l’église. La Parole de Dieu a besoin de l’aval de l’homme pour être la Parole de Dieu. Voici leur problème. Premièrement, si on ne peut pas avoir un canon fonctionnant dans l'église sans une définition infaillible de ce qu’est le canon, alors comment un Juif vivant 50 ans avant la naissance de Jésus savait-il que 2 Chroniques ou le Cantique des Cantiques étaient inspirés de Dieu ? Il est à noter qu’aucune des disputes entre les pharisiens et Jésus n’était sur le canon. Quand Jésus citait l’Ancien Testament, personne ne lui répondait que ce qu’il avait dit n’était pas dans les Ecritures. Quel concile infaillible avait donc choisi ces livres pour que tous les acceptent ? Si aucun concile ne les avait validés, comment savait-ils tous que ces livres étaient les Ecritures ? Si le Juif le savait sans concile, pourquoi le chrétien en a-t-il besoin ? Deuxièmement, si le NT ne peut pas être autoritaire dans l'église sans une définition infaillible de ce qu’est le canon, alors cela pose un gros problème pour les Catholiques, car la première fois que Rome s’est prononcée de façon dogmatique sur le canon était en 1546. Si la doctrine de Sola-Scriptura est auto-réfutante parce qu’il n’y avait pas de NT reconnu avant le IVe siècle, que dire de l’autorité de la bible catholique ?

 

ii) Il y avait aussi beaucoup d’autres livres qui circulaient dans les églises. Certains étaient inclus dans la bible au début et ensuite retirés.

Les gens qui formulent cette objection ont trop regardé le Da Vinci Code et ont trop peu étudié l'histoire ! Le problème avec cette argumentation est qu’elle est anachronique. L’évangile de Thomas et l’évangile de Pierre (souvent cités pour illustrer cette argumentation) n’étaient même pas écrits à l’époque où les 4 évangiles circulaient. Ils ont été écrits seulement une centaines d’années après les évangiles. Il est donc faux de donner l’impression que tous ces livres circulaient en même temps dans les églises et que les églises les considéraient tous comme égaux. Il y avait déjà un grand consensus sur les 4 évangiles avant même que ces pseudo-évangiles n’aient été écrits.

Comment en être si sûr qu’il y avait consensus ? Parce que les manuscrits le prouvent. Les premiers chrétiens n'écrivaient pas sur des volumen (ou des papyrus), mais sur des codex. Un codex est comme un livre. Et on pouvait y rassembler plusieurs livres dans un seul codex. Un codex pouvait jouer le rôle d'une petite bibliothèque portable. Par exemple, il existe des codex qui sont des collections des 4 évangiles, datant de la fin du IIe siècle (P4, P64 et P67). Il y a aussi un codex qui est une collection des lettres de Paul (P46) etc. Donc, cela nous montre qu'au IIe siècle les chrétiens commençaient à voir ces différents livres (évangiles et lettres) comme une unité. Pourquoi Est-ce que ceci est important ? Parce que cela montre qu'il y avait déjà une conscience canonique dans l’église environ un siècle après la mort de Jésus et aussi une idée précise sur la façon dont ces livres devaient être assemblés (évangiles ensemble, lettre ensemble etc.). Et tout ceci sans aucune déclaration officielle de l'église !

Et que voit-on dans ces codex ? On voit systématiquement que la collection des évangiles est la même que celle que nous avons aujourd'hui. Par exemple, on ne voit jamais une collection de Mathieu, Marc, Thomas et Jean ou encore de Mathieu, Marc, Luc et Pierre. Ceci contredit ce que les opposants à la bible affirment. Les autres évangiles qui circulaient plus tard n'étaient pas considérés comme inspirés comme les 4 évangiles originaux. C’est la preuve documentaire que le consensus autour des évangiles était constant et généralisé très, très tôt dans l'histoire de l'église.

Mais, protestent certains, le codex P72 est le plus vieux manuscrit existant aujourd'hui et bien qu’il contienne 1 & 2 Pierre et Jude, il contient aussi des livres apocryphes. Ceci prouve que les faux livres circulaient avec des vrais dans l’église, n'est-ce pas ? Pas vraiment, quand on regarde P72 de près, on voit que c'est un codex étrange. Il contient des pages dont les numéros ne se suivent pas et dont l'écriture est différente d'une page à une autre. P72 donne l'impression d'être une collection personnalisée de livres dans laquelle les pages arrachées de 1 & 2 Pierre et Jude ont été collectées et ajoutées à des livres apocryphes dans le codex. Ceci expliquerait le décalage dans les numéros des pages et la différence d'écriture. Ce codex atypique est probablement un manuscrit personnalisé que quelqu'un a fabriqué pour sa lecture personnelle. C'était un Kindle ancien ! Il est l’exception qui confirme la règle.

Un autre exemple souvent cité est le Codex Sinaiticus. C'est un manuscrit quasi-complet du Nouveau Testament datant du IVe siècle. Il est vrai qu'il contient les livres apocryphes comme l'Epître de Barnabé et le Pasteur d'Hermas. Mais ce qu'il faut noter (et ceux que les opposants à la bible ne disent jamais) est que ces livres apocryphes ne sont justement pas inclus dans le canon. Ils sont placés après le livre de l'Apocalypse. Et ceci est le cas dans tous les autres codex qui contiennent livres bibliques et apocryphes. C'est assez surprenant, car les livres apocryphes sont souvent des lettres, alors pourquoi ne pas les mettre avec les lettres de Paul ? Après tout, il y a de multiples auteurs dans le NT, cela n'aurait posé aucun problème de mettre 1 & 2 Clément, par exemple, entre Jacques, Pierre et Jean, si les chrétiens considéraient ces lettres comme étant inspirées. Si ces livres faisait vraiment partie du canon, pourquoi les mettre après le canon ? On pense que ces livres étaient inclus dans certains codex comme des livres utiles à lire. Quoi qu’il en soit, ils sont toujours bien distincts des autres livres du NT. Il faut savoir que cette pratique était une règle généralisée. Il n'y a aucune liste de livres de cette époque dans laquelle les livres apocryphes sont mélangés avec les livres canoniques. Aucune. Donc, parmi tous les codex de la bible qui existent, les codex et les listes qui contiennent des livres apocryphes mettent toujours les livres apocryphes en dehors de notre NT. Donc, même ces codex, que les Catholiques et les athées utilisent pour nuire à l’autorité intrinsèque du NT, ne font que la renforcer. Ceci prouve, donc, que ces autres livres n'étaient pas considérés comme les égaux des livres du NT.

 

iii) La bible que nous avons aujourd’hui n’est pas tombée du ciel comme ça, si nous l’avons c’est bien parce que quelqu’un a décidé quels livres devaient être inclus dans le canon de la bible.

Les opposants à la bible disent que c’est au Concile de Nicée (en 325) que le canon a été formé. Ils affirment que dans ce concile, on a choisi l'évangile de Jean, et on a rejeté l’évangile de Thomas. Notons tout d’abord, que c’est tout de même assez surprenant que l’argumentation avancée par Rome est exactement la même que celle avancée par les athées et le modernistes pour prouver que la bible n’est pas autoritaire ! Je crois que ce fait est déjà très révélateur. Mais, sur le fond, où sont les preuves historiques de ces décisions ? Si on affirme que c’est au Concile de Nicée que le canon a été formé, il faut pourvoir fournir des documents historiques qui le prouvent. Où sont les documents qui précisent que ce concile a été réuni pour décider du canon ? Où sont les documents qui montrent que les gens présents étaient conscients de choisir les livres qui devaient constituer la bible ? Il n'y en a pas. Cette idée est sans aucun fondement.

En réalité, les conciles qui ont prononcé sur le canon dans les IVe et Ve siècles ne sont pas des conciles œcuméniques, mais régionaux. Et ces conciles n'ont pas choisi certains livres plutôt que d'autres, il n’ont fait qu’affirmer ce que l’église croyait déjà. La différence est énorme. Affirmer en quels livres on croit, n’est pas la même chose que créer une bible. A toutes les époques l’église a affirmé ce qu’elle croit. Nous le faisons encore aujourd’hui. Nous écrivons des confessions de foi pour affirmer ce que nous croyons.

D’autres disent que c’est Athanase d'Alexandrie qui était le premier a fondé le canon dans sa Lettre Festale (vers 360) dans laquelle il donne la liste des 27 livres du NT. Mais même Athanase ne raisonne pas ainsi : "maintenant je vais décider pour toute l’église quels sont les livres de la bible parmi tous ceux qui circulent". Non, il affirme tout simplement ce qu’il croit.
Voici l'erreur logique élémentaire que font ces perturbateurs. Ils concluent que puisque quelqu'un affirme une doctrine et que son affirmation est la première trace que nous avons de cette doctrine, alors cette doctrine a forcément commencé à ce moment-là. En logique on appelle cela affirmer le conséquent : si A, alors B. B, donc A. Si le canon avait été décidé par Athanase, ses écrits seraient la première trace que nous aurons du canon. Ils sont la première trace que nous avons du canon, donc le canon a été décidé par Athanase. Voici un autre exemple pour montrer l’absurdité de ce raisonnement. Si mon épouse n'avait jamais existé, elle ne serait pas dans cette pièce avec moi. Elle n’est pas dans cette pièce avec moi, donc elle n'a jamais existé. (Je promets qu’elle existe bien !).

La réalité est que si on demandait à Athanase d'Alexandrie; "pourquoi avez-vous choisi Mathieu, Marc, Luc et Jean ?" Il répondrait; "comment ça, ‘choisi’ ? Ces livres nous ont été transmis. Ils viennent de Dieu. Nous ne les avons pas choisis, nous les avons reçus de Dieu". Ceci est corroboré par les Pères de l’église. Ils ne parlent jamais de livres qu’ils ont "choisis", mais de livres qu'ils ont "reçus", non pas de livres "sélectionnés", mais de livres "transmis".

D’ailleurs, une des argumentations souvent avancée par les opposants à l’autorité intrinsèque de la bible est l’exemple de Marcion. Marcion a formé sa propre bible. Il a mutilé les 4 évangiles pour faire un grand évangile édité de Luc. Ensuite, il a enlevé tout ce qu'il trouvait offensant dans les écrits de Paul. Selon nos amis Catholiques, ceci est la preuve que c'était le chaos dans l'église primitive concernant le canon. N'importe qui faisait circuler n'importe quoi et le présentait comme les Ecritures. Mais, je crois que l'exemple de Marcion prouve justement le contraire. Le fait que quasiment tous les Pères de l'église ont écrit contre Marcion prouve justement qu'il y avait un grand consensus dans l'église sur ce qu'était le canon. Après tout, si ce que disent les opposants à la bible est vrai, pourquoi y-avait-il une si grande réaction contre Marcion ? Si c'était vraiment le chaos dans l'église et n'importe qui faisait circuler n'importe quoi comme les Ecritures, alors Marcion ne faisait rien d'inhabituel. Les premiers chrétiens auraient tout simplement dit : "voilà encore quelqu'un avec encore une autre opinion sur la bible. Et alors ?"

Par contre, s'il y avait un consensus généralisé très tôt sur la bible, c'est exactement la réaction qu'on s'attendrait à voir contre quelqu'un qui attaquait ce canon. Le cas de Marcion donc, loin de prouver l'état chaotique de l'église primitive concernant le canon, prouve que puisque tant de chrétiens se sont mobilisés contre lui, c'est bien parce qu'il enfreignait la norme acceptée de tous, c'est-à-dire le canon de la bible. En effet, la seule explication pour la condamnation généralisée que Marcion a suscitée est qu’il s'opposait à une norme déjà existante et acceptée. Pour pouvoir le condamner ainsi, l'église montre qu'elle s'attendait à ce qu’il sache quels livres étaient inspirés. Après tout, comment condamner quelqu'un s'il lui était impossible de savoir quels livres étaient les Ecritures ? Comment condamner quelqu'un pour avoir enfreint la règle, s'il n'y avait pas de règle établie à enfreindre ?

Les gens qui avancent cette argumentation commettent le sophisme d’une généralisation précipitée. Ils concluent que puisque certaines personnes n'étaient pas d'accord sur le canon, cela prouve que personne n'était d'accord sur le canon !

 

iv) C'était les successeurs des apôtres en concile qui ont décidé quels livres étaient inspirés et quels ne l’étaient pas. Comment accepter l’autorité des livres, sans accepter l’autorité de ceux qui ont choisi ces livres, c’est-à-dire de l'Eglise ?

Encore une fois, il ne suffit pas d’affirmer, il faut documenter. Où sont les documents qui attestent que ces chrétiens se considéraient comme "les successeurs des apôtres" ? Où sont les documents qui attestent que ces chrétiens ont pris une décision qu'ils considéraient comme dogme pour l'église universelle pour toujours concernant la Parole de Dieu ? Je veux voir ces manuscrits ! Où sont-ils ? Donnez-moi leur nom.

Au contraire, personne à cette époque ne se considérait comme le successeur de Pierre ou de Paul. Ceux à qui certains prêtent une telle idée (Le Pères de l’église) sont justement très prudents dans leurs écrits de se distancier par rapport à l’autorité des apôtres. Ils enseignent que, contrairement à eux, les apôtres avaient une autorité unique.

Le Catholique répondra que ces décisions ont été prises à Hippone, à Carthage et à Rome (en 382). Mais, encore une fois, il ne suffit pas de l'affirmer, il faut le documenter. Donc, je repose la question; où est la preuve que les conciles d’Hippone, de Carthage et de Rome se considéraient comme des conciles apostoliques ? Où est la preuve que ces gens se voyaient comme des successeurs des apôtres, ayant autant d’autorité sur l’église universelle que Pierre et Paul ? Ces affirmations n’ont aucun fondement historique. Ce sont de conciles régionaux, tout simplement. Affirmer que ces chrétiens se considéraient comme "les successeurs des apôtres" créant des dogmes contraignants pour toute l’église et pour toujours est une lecture tellement anachronique de l’histoire de l’église qu’elle frôle le révisionnisme ecclésiastique.

Pour nous Protestants, le consensus de l‘église sur les 27 livres du NT n’est pas sans importance. Il joue un rôle dans notre acceptation de ces mêmes livres. Mais, cela ne veut pas dire que nous croyons que l’église ait constitué le canon. Cela ne veut pas dire qu’il nous serait impossible de savoir que ces livres sont le canon sans l’église. Le Protestant voit le rôle de l’église comme un thermomètre. Le thermomètre rend compte de la température ambiante. La température est ce qu’elle est et le thermomètre réagit en conséquence. De même, nous reconnaissons le canon pour ce qu’elle est – la Parole de Dieu. Par contre, le Catholique voit le rôle de l’église non pas comme un thermomètre, mais comme un thermostat. Le thermostat détermine la température. Pour le Catholique l’église détermine le canon. Pour le Protestant, elle en rend compte. Pour le Protestant, donc, l’église joue un rôle important, mais n’a pas autorité sur la bible. La Parole de Dieu a une autorité intrinsèque. Elle s’authentifie seule. Dieu n’a pas besoin d’hommes pour valider sa Parole, pour l’approuver avec son cachet : "La Parole de Dieu – approuvée pour votre usage par les hommes". L’idée est absurde. Sa Parole est écrite dans les cieux pour l’éternité. L’homme est une vapeur éphémère.



Conclusion

Ceux qui utilisent les argumentations ci-dessus ont un seul objectif : faire croire qu’au début de l’ère chrétienne c’était le chaos dans l’église; qu’il n’y avait aucun consensus sur le canon du NT; que personne n’était d’accord sur l’identité des livres canoniques et apocryphes; et que c’est seulement lorsqu’un concile de l’église est venu mettre de l’ordre là-dedans qu’il y a eu unité. Leur but est de nuire à l’autorité de la bible.

J'ai montré les très nombreuses argumentations fallacieuses dans leurs argumentations. A travers les exemples des premiers codex, de Marcion et des documents datant des premiers conciles, j'ai aussi montré que la réalité était toute autre. Il y avait un grand consensus sur le canon très tôt dans l’église, bien avant les conciles du IVe siècle. En démontrant qu’il y avait un consensus dans l’église sur les 4 évangiles des siècles avant les conciles, j'ai prouvé en même temps que les chrétiens pouvaient savoir quels livres étaient de Dieu sans recours à un concile officiel. Donc, s’il y avait ce niveau d’unité sur le canon avant l’existence d’une papauté, cela prouve que nous n’en avons pas besoin.



*Je suis endetté envers B B Warfield et Dr Kruger pour cette étude.

 

dimanche 15 décembre 2013

La Bible est Chrétienne


Genèse 15



Je termine aujourd’hui ma série sur la bible. J’ai expliqué pourquoi je crois la bible. J’ai dit que la bible est la Parole de Dieu. J’ai dit que la bible seule est la vérité. J’ai dit que la bible est suffisante (Sola Scriptura). J’ai dit que la bible est d’une nécessité absolue et la dernière fois, j’ai dit que la bible est claire et compréhensible pour nous. Dans ce dernier message, j’ai donné des conseils pour interpréter la bible et mon dernier conseil était de chercher Jésus. Donc, ce conseil devient le sujet de mon message aujourd’hui. Mon message s’appelle : La bible est chrétienne.

Vous me direz que ce n’est pas un titre très original. Tout le monde sait que la bible est chrétienne. C’est sûr que tout le monde sait que le Nouveau Testament est chrétien, le Christ est partout dans le Nouveau Testament. Mais l’Ancien Testament est-il chrétien ou judaïque ? Voit-on Jésus partout dans l’Ancien Testament ? L’Ancien Testament parle de Jésus ou de Jéhovah ? De Moïse ou du Messie ?

Je précise donc ma question : L’Ancien Testament est-il chrétien ? Parce que si l’Ancien Testament n’est pas chrétien, la bible n’est pas chrétienne. L’Ancien Testament est-il chrétien ? Voit-on Jésus partout dans l’Ancien Testament ? Jésus dit que l’Ancien Testament parle de lui. L’Ancien Testament est donc chrétien. Sur le chemin d’Emmaüs commençant par Moïse et par tous les prophètes, [Jésus] leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait (Luc 24:27). Donc, les livres de Moïse et les prophètes parlent de Jésus. Mais les livres de Moïse, c’est la création du monde, le déluge, la tour de Babel, Sodome et Gomorrhe, Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, la sortie d’Égypte, la conquête de la Terre Promise. Ce sont des livres d’histoire du peuple Juif, mais Jésus dit que ces histoires parlent de lui. Comment est-ce possible ? Je vais essayer de le montrer dans ce message.

Premièrement, je vais montrer que l'Ancien Testament n’est pas un livre moral.
Deuxièmement, je vais montrer que Jésus est au centre de l’Ancien Testament.
Troisièmement, je vais montrer que Jésus est dans le détail de l’Ancien Testament.



1. L’Ancien Testament n’est pas un livre moral

Vous connaissez les fables de la Fontaine. Ce sont des fables morales. Chaque histoire transmet une leçon morale pour nous. Il y a des exemples à suivre et d’autres à ne pas suivre. Souvent nous lisons la bible (et surtout les histoires de l’Ancien Testament) comme on lit une fable morale. Nous voyons les histoires (de Noé, d’Abraham, de Jonas) comme autant d’histoires qui nous donnent des exemples à suivre ou à ne pas suivre. Mais, si l’Ancien Testament est un livre sur Jésus, il ne peut pas être un livre moral. Je crois que si nous comprenons les histoires de la bible comme des exemples à suivre et d’autres à ne pas suivre, nous ratons l’essentiel de la bible. C’était mon dernier point dans mon message précédent. Si nous lisons la bible en ratant l’essentiel, nous ne l’avons pas interprétée correctement. L’Ancien Testament n’est pas une série d’histoires morales. L’Ancien Testament n’a pas été écrit pour que nous tournions nos regards sur nous-mêmes, mais pour que nous tournions nos regards sur Jésus. L’histoire de Noé, d’Abraham, de Jonas ne sont pas des histoires morales pour nous. Ce sont des histoires sur Jésus. Donc, je dis (avec John Piper) que si vous entendez un message qui vient de l’Ancien Testament avec lequel un Juif serait d’accord, ce n’est pas un message chrétien.

Mais où est le problème avec le fait de tirer une leçon morale de l’Ancien Testament ? Le problème est que Jésus dit que ces histoires parlent de lui, pas de nous. Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi (Jean 5:39). Si nous n’interprétons pas ces passages comme des histoires sur Jésus, nous interprétons mal la bible. Ensuite, une histoire morale, n’est pas une histoire chrétienne. Le moralisme n’est pas le christianisme. Les fables de la Fontaine ne sont pas l’évangile. Le moralisme (ou le légalisme) dit que si vous avez un comportement moral, Dieu sera content de vous. Mais, ceci est faux.

Pourquoi ? (i) Parce que le moraliste ne voit pas son besoin d’un Sauveur. Les pharisiens (d’excellents moralistes) croyaient faire plaisir à Dieu en respectant les lois de l’Ancien Testament, mais Jésus dit que leur moralisme les a complètement aveuglés sur le message de l’Ancien Testament. Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle: ce sont elles qui rendent témoignage de moi (Jean 5:39). Le moralisme est un poison, parce que le moraliste ne voit pas son besoin d’un Sauveur. Il se croit juste. Mais la bible est là pour nous montrer qu’un seul est juste. Loin de prêcher le moralisme, l’Ancien Testament a été donné pour nous montrer notre incapacité à observer la loi, notre incapacité à être moral et donc notre besoin d’un Sauveur. C’est justement l'opposé du moralisme. L’Ancien Testament n’a pas été donné pour former de petits pharisiens, mais pour nous pousser vers Jésus. C’est le contraire du moralisme, c’est le christianisme.

(ii) Parce que le moraliste croit que Dieu lui est redevable. Il pense avoir respecté ses engagements plus au moins comme il faut, maintenant il attend sa récompense. Il a fait ce qu’il fallait et Dieu doit maintenant le récompenser pour sa bonne conduite. Et si jamais il ne reçoit pas ce qu’il pense mériter, il se sent trompé par Dieu. Vous connaissez le discours : "je ne méritais pas ça, après tout ce que j’ai fait". C’est le discours du moraliste. C’est une attitude légaliste, pas une attitude chrétienne.

Je pense que nous devons faire très attention à ne pas transmettre un message moral à nos enfants dans l’école du dimanche. C’est une vraie tentation. Souvent on enseigne aux enfants que puisque Jésus a obéi à ses parents, les enfants aussi doivent obéir à leurs parents etc. En faisant cela nous créons un légaliste.

Mais n’est-ce pas bien de dire à un enfant d’obéir à ses parents ? Non, si notre message se résume à "il faut obéir à ses parents et Dieu sera content de toi" sans parler du péché et d’un Sauveur, alors nous avons créé un petit légaliste qui essaie de faire le bien et qui n’a pas besoin de Jésus. Ce n’est pas un message chrétien. Ce n’est pas ça l’évangile. Le message chrétien dit : tu ne peux pas faire le bien. Tu ne peux pas respecter les règles. C’est impossible parce que tu es fondamentalement mauvais. Mais Jésus l’a fait pour toi.

Paul Tripp (un pasteur américain) raconte que sa fille de 10 ans avait fait une bêtise et qu’il l’avait disputée. Le soir quand il la mettait au lit et ils priaient ensemble, elle a commencé à pleurer. Elle a dit : "papa, c’est trop dur d’être chrétien. Je n’arrive pas". Il a dit que c’était le plus beau moment de sa vie, car c’est à ce moment-là qu’il a pu lui expliquer l’évangile. "Mon enfant, personne ne peut le faire. C’est trop dur pour nous tous. Voilà pourquoi Jésus l’a fait pour nous". Le message du christianisme (donc l’évangile) n’est pas "Dieu veux que tu t’améliore". Le message du christianisme est : tu ne peux rien faire de bien, mais Jésus l’a fait pour toi, crois en lui.

La bible n’est pas un livre de leçons morales. L’Ancien Testament n’est pas un livre d’aide personnelle. Elle n’est pas là pour nous aider à vivre notre meilleure vie maintenant (à la Joel Osteen). Elle n’est pas là pour nous aider à réussir notre mariage, ou nos affaires. Elle n’est pas là pour nous aider à nous améliorer. Elle est là pour nous amener à Jésus.


2. C'est son histoire.

Je vous ai montré que l’AncienTestament n’est pas un livre moral. Maintenant je vais vous montrer que c’est un livre chrétien. Un livre sur Jésus. Commençant par Moïse et par tous les prophètes, [Jésus] leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait (Luc 24:27). C'est dommage qu'on n'ait pas le podcast de cette prédication-là ! Une prédication parfaite, donnée par Jésus, sur Jésus, à partir de l’Ancien Testament ! Génial ! Mais, vous n’avez que moi ! Voici ce que je pense que Jésus aurait pu leur dire dans son message. Commençons donc avec Moïse. Commençons par le début.

Dans le 1er chapitre de la Genèse, Dieu crée le monde en 6 jours et Dieu dit que tout ce qu'il a créé est bon. Puisque dans Genèse 1 Dieu dit que sa création est très bonne, quelque part après chapitre 1 et avant chapitre 3, le diable a dû se rebeller contre Dieu. Donc, jugé et banni déjà du paradis, il apparaît sous la forme d’un serpent dans le jardin d’Éden pour se venger. Il est là pour détruire l’œuvre de Dieu. Pour faire désobéir Adam et Ève.

Vous connaissez l’histoire. Adam et Ève écoutent le diable. Ils croient le diable. Ils font confiance aux paroles du diable, plutôt qu’aux paroles de Dieu et ils mangent le fruit et donc pêchent pour la première fois. C’est ce que nous appelons la chute de l’homme. Et ils entraînent dans leur chute toute l’humanité, jusqu'à la mort.

Le diable, a-t-il alors réussi à se venger de Dieu ? Dieu, a-t-il perdu le contrôle de la situation ? Non, pas du tout, car ensuite nous voyons les jugements de Dieu qui tombent. Le diable est jugé une deuxième fois. Il a été jugé au ciel et il est jugé et maudit ici sur la terre. La femme reçoit le jugement des douleurs de l’accouchement (V16). L’homme reçoit le jugement d’une vie pénible (V17). Mais, pour ce message, c’est surtout le jugement sur le diable qui m’intéresse. L’Éternel Dieu dit au serpent: Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. Tout d’abord Dieu juge l’animal, le serpent. Mais pourquoi juger l’animal ? Satan est entré dans le serpent, certes, mais l’animal n’y était pour rien, car un animal n’a pas de conscience. Le serpent a été jugé pour montrer à Adam et Ève que Dieu vaincra le diable. Aujourd’hui, quand on voit un serpent ramper sur le ventre, la tête dans la poussière, c’est un rappel pour tous que Dieu a jugé Satan.

Ensuite, Dieu juge Satan qui a utilisé l’animal. Il dit au diable, Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon (V14). Et c’est cette malédiction que Dieu prononce sur Satan qui m’intéresse. Pourquoi ? Parce que je crois que c’est ici que nous avons notre première aperçue de Jésus dans l’Ancien Testament. La postérité de la femme t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon. La postérité (ou la descendance) de la femme écrasera la tête de Satan. Dieu ne dit pas la postérité de l’homme et de la femme, mais uniquement de la femme. Cette promesse concerne donc uniquement la postérité d’Ève et la postérité écrasera la tête de Satan. Quand on écrase la tête de quelqu’un, on le tue. On imagine une grosse botte de cow-boy sur la tête du serpent. Donc, la postérité de la femme tuera Satan. Et tu lui blesseras le talon. Et Satan blessera le talon de la postérité d’Ève. Blesser le talon de quelqu’un c’est lui faire mal, certes, mais ce n’est pas le tuer. Donc, La postérité de la femme, mais non pas de l’homme, tuera Satan et sera blessé par Satan.

Mais qui cela pourrait-il bien être ? Je crois que ce passage parle de Jésus. Jésus est né d’une femme, mais non pas d’un homme, car son Père c’est Dieu. Jésus a vaincu Satan sur la croix. Il l’a tué, car il a renversé à jamais son pouvoir sur les hommes et l’a condamné à l’enfer. Mais en vainquant Satan, Jésus est mort, puis ressuscité des morts. Sa mort n’était donc pas définitive, mais temporaire, donc comme une blessure dont il a guéri. Ce verset parle de Jésus !

Les premiers chrétiens ont appelé ce verset le proto-evangelion. Un évangile prototype. Le tout premier message de l’évangile. Et voici ce qui est merveilleux ici. Dans la malédiction, Dieu donne l’espoir de la délivrance du péché et de Satan. Dieu n’attend pas des années ou des jours ou même des heures après avoir prononcé ses jugements avant d’annoncer à Adam et Eve la bonne nouvelle. Ici même, au milieu de la malédiction, nous avons la promesse d’un Sauveur. Car Dieu est par nature un Sauveur et un Rédempteur.

Celle-ci t'écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon est la première expression de l’évangile et une première aperçue du Messie dans la bible. Ce n’est pas grande chose. C’est tout ce que les premiers êtres humains avaient comme promesse, mais c’était assez pour comprendre que quelqu’un allait venir pour les libérer de l’emprise de Satan. C’était assez pour chercher cette personne (le Messie) dans la postérité d’Ève et c’était assez pour espérer sa venue au plus vite.

Vous dîtes peut-être que je lis trop de choses dans ce petit verset ? Mais ce n’est pas la seule indication que nous avons de l’évangile ici. Une autre indication est quand Dieu a remplacé les feuilles de figues d'Adam et Eve par des peaux de bêtes. Il voulait leur montrer que pour couvrir leur honte, il fallait une mort. Et c’est aussi pour montrer l’évangile que le sacrifice d’Abel, d’un agneau, été approuvé et celui de Caïn (des fruits) rejeté.

Non, l’évangile, et donc Jésus, sont bien présents dans ce passage et dans ce verset. Voilà la situation suite à cette promesse. On cherche le Messie. Toute l’histoire de l’Ancien Testament est donc l’attente et le désir d’identifier celui qui doit venir. Vous imaginez donc l’anticipation d’Adam et Ève à la naissance de Caïn ? "Ça doit être Caïn qui va nous libérer. Il est ma postérité". Mais, Caïn loin de libérer sa famille, a tué son propre frère. La postérité promise, ce n’est pas Caïn. L’attente continue.

Ensuite, ils voient Noé. Noé sauve les hommes avec son arche. C’est peut-être lui. Mais non, ce n’est pas Noé. Noé s’enivre avec du vin et se livre en spectacle. Alors qui ? Isaac ! Le fils de la promesse. La postérité promise à Abraham. L’enfant miracle. En plus, Abraham doit le tuer, mais Dieu le sauve et le remplace par un bélier. Dieu le sauve parce que c’est lui le Messie, non ? Non, Dieu sauve Isaac pour montrer Jésus ici. Dieu voulait montrer que lui, le Père aimant, n’allait pas épargner son Fils unique, mais qu’il allait bien le sacrifier. Aussi, Dieu voulait encrer dans le cœur d’Israël l’idée de la substitution pénale; qu’il pouvait remplacer un coupable par un innocent. Non, Isaac meurt sans libérer son peuple. Ce n’est pas Isaac.

Ensuite, ils voient Moïse. Moïse est différent. Moïse libère vraiment son peuple de l’esclavage. En plus, il parle à Dieu face à face. Ça doit être Moïse, le Messie. Mais non, Moïse n’aura même pas le droit d’entrer dans la terre promise, car il a désobéi à Dieu.
Ils observent le roi David (un homme d’après le cœur de Dieu) et ils espèrent, puis ils voient son péché avec Bath Schéba. Le roi David est un meurtrier. Ce n’est pas David. Ensuite, ils regardent le roi Salomon, le seul qui a le droit de construire le temple à Jérusalem. C’est un signe. L’homme le plus sage de la terre. On vient de partout pour admirer sa richesse et écouter sa sagesse. C’est un signe ! C’est l’âge d’or de l’histoire d’Israël. Un royaume uni, en paix et prospère. Ce doit être Salomon ! Salomon serait parfait en Messie. Il a tout ce qu’il faut. Mais, non ce n’est pas lui, car il adore de faux dieux sous l’influence de ses concubines. Non, le peuple de Dieu regarde et observe de près, mais il le fait en vain, car aucun de ces descendants d'Eve n’est le Sauveur promis à Adam et Ève. Personne n’est à la hauteur.

Mais tous ont comme rôle à jouer de montrer Jésus. Puisqu’ils échouent tous, ils ont comme fonction de prolonger l’attente et de pousser les regards du peuple de Dieu vers l’avenir. Derrière leur échec est l’ombre de Jésus. Certes, ils ont tous échoué, mais ne vous inquiétez pas un jour viendra celui qui n’échouera pas. En lisant ces histoires de ces hommes, on doit chercher quelqu’un de plus excellent. Donc, plutôt que de lire ces histoires comme des fables morales, si vous les lisez comme un jeu de Qui est-ce ? vous serez plus près de la vérité. Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l'objet de leurs recherches et de leurs investigations, voulant sonder l'époque et les circonstances marquées par l'Esprit de Christ qui était en eux (1 Pierre 1:10).

Comment ne pas parler de Noël ici ? C’est le temps de l’année où nous allons fêter l’arrivée enfin du Messie. Mais je crois que c’est avec les paroles de Philippe que la boucle est bouclée. Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth (Jean 1:45)

Jésus est le fil conducteur de l’Ancien Testament. Tout tourne autour de lui. C’est son histoire.


3. Ce sont ses histoires.

Je vous ai montré que Jésus est le sujet qui transcende l’Ancien Testament. Maintenant je vais vous montrer qu’il est dans le détail de l’Ancien Testament. Il est non seulement le fil conducteur de l’Ancien Testament, mais il est aussi les annotations en bas de page. Il est dans la Grande Histoire et il est dans les petites histoires individuelles. En effet, si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, puisqu'il a écrit à mon sujet (Jean 5:46) J’aurais pu prendre une dizaine d’exemples, mais je me limite à l’exemple d’Abraham. Pourquoi ? Parce que c’est une histoire où Jésus n’est pas immédiatement apparente. D’ailleurs, l'avez-vous apperçu quand nous avons lu le passage ?

Dieu fait alliance avec Abraham. C’est un accord solennel et légalement contraignant. Or, dans une alliance militaire à l’époque un puissant faisait alliance avec un moins puissant pour s’assurer de sa fidélité. On appelle ça une suzeraineté. Un grand roi (le souzerain) fait un traité avec un roi moins puissant (le vassal). Le souzerain accorde sa protection au vassal et le vassal donne son allégeance au souzerain. Les deux parties s’engagent dans l’alliance. La rupture de l’alliance entraîne des punitions, souvent la guerre.

Ce qu’il faut savoir c’est que lorsque les peuples de l’époque biblique faisaient une alliance ensemble, ils ne signaient pas un papier, comme nous le faisons. La culture d’Abraham n’était pas une culture d’écriture comme le nôtre. Nous écrivons un contrat et signons pour nous engager à le respecter. Mais dans les temps d’Abraham ils ne faisaient pas comme nous. Ils proclamaient les conditions de l'alliance. Ensuite, ils jouaient, comme dans un rituel, les malédictions promises dans l’alliance à celui qui ne respecerait pas l’alliance. C’est un peu la même chose que font les enfants pour s’engager envers un camarade : croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer. L’idée que l'enfant montre en faisant le signe de la croix est : si je t’ai menti, que la malédiction de l’enfer s’abatte sur moi ! Les deux parties jouaient donc les termes de l’alliance. Et c’est seulement si les deux parties étaient d’accord sur les termes et jouaient les termes que l’alliance était ratifiée.

Voilà ce que nous voyons dans ce passage. Dieu va faire une alliance avec Abraham. Voici donc le rituel de l’alliance. Prends une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et une jeune colombe. Abram prit tous ces animaux, les coupa par le milieu, et mit chaque morceau l'un vis-à-vis de l'autre; mais il ne partagea point les oiseaux. Les oiseaux de proie s'abattirent sur les cadavres; et Abram les chassa. (Genèse 15:9). Abraham sait ce qui se passe. Il a l’habitude de cette coutume, mais nous ne l’avons pas. Abraham prend donc les animaux et les coupe en deux et dispose chaque moitié par terre en ligne et dispose les autres moitiés par terre en ligne en face avec un petit chemin pour marcher entre les 2 lignes d’animaux.

Ceci signifie que la rupture de cette alliance entraînerait donc la malédiction de mourir et en plus d’être découpé, retranché et livré aux bêtes. Autrement dit, celui qui s’engage dans cette alliance dit : si jamais je romps cette alliance que je meure et que je sois retranché du peuple de Dieu ! Voilà ce que la mort et la découpe des animaux signifient. Nous voyons la même chose dans Jérémie 34:18 où Dieu dit : Je livrerai les hommes qui ont violé mon alliance, ... qu'ils avaient fait devant moi, en coupant un veau en deux et en passant entre ses morceaux; je livrerai … tout le peuple du pays, qui ont passé entre les morceaux du veau; je les livrerai entre les mains de leurs ennemis, … et leurs cadavres serviront de pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre.

Voici donc le contexte de cette alliance. Abraham a disposé les morceaux d’animaux et lui et Dieu doivent passer entre les morceaux pour ratifier l’alliance. C’est le moment de signer. Mais dans notre passage il arrive quelque chose d’extraordinaire. Un profond sommeil tombe sur Abraham Au coucher du soleil, un profond sommeil tomba sur Abram; et voici, une frayeur et une grande obscurité vinrent l'assaillir. Or, cette obscurité n’est pas la nuit. C’est une obscurité accompagnée d’une frayeur. C’est une obscurité surnaturelle.

Mais regardez ce qui se passe ensuite : Quand le soleil fut couché, il y eut une obscurité profonde; et voici, ce fut une fournaise fumante, et des flammes passèrent entre les animaux partagés. En ce jour-là, l'Éternel fit alliance avec Abram (V 18). Pendant qu’Abraham dort, une fournaise fumante, et des flammes passent entre les morceaux. Cette fournaise n’est pas Abraham, c’est Dieu. Dieu seul, sous la forme d’une fournaise fumante, passe entre les morceaux d’animaux. Dieu seul joue les malédictions de l’alliance. Abraham ne le fait pas. Comment en être sûr ? Parce qu’Abraham dort ! Dieu seul passe entre les animaux. C’est Dieu le seul signataire de cette alliance. Il signe pour les deux.

Alors cela signifie quoi ? Cela signifie que Dieu s’engage envers Abraham seul. Abraham ne s’engage pas dans cette alliance. Il dort. Dieu assume seul toutes les malédictions de cette alliance. Il dit : Abraham, si je ne fais pas de toi une grande nation, que je sois le seul à mourir et à être retranché et être livré aux bêtes ! Il ne demande rien à Abraham. Il l’a fait dormir. Abraham ne récupère que les bénédictions de cette alliance. Les malédictions sont pour Dieu seul. Dieu court seul dans cette alliance le risque de mourir et d’être retranché et livré en spectacle aux bêtes !

Et c’est arrivé. Dieu est mort et Dieu a été retranché et livré en spectacle. Sur la croix Jésus a été enveloppé d’une obscurité profonde comme Abraham ici. Jésus a été assailli d’une frayeur comme ici. Il a été livré aux rapaces, comme ici. Jésus est mort et il a été retranché de la terre des vivants. Il a été retranché, sectionné, découpé, rejeté de son peuple. Et, comble de l'horreur, il a été retranché et rejeté aussi de son Père. Jésus est devenu la malédiction, pendu et livré en spectacle à tous.

Ce qui se passe ici est donc un type de ce que Jésus fera plus tard. Il s’engagera seul pour nous. Il gardera l’alliance seul, parce qu’il sait que nous ne pouvons pas le faire. Quand il meure, nous dormons. Il signe seul le contrat de notre salut. Il a pris seul la malédiction, pour nous donner la bénédiction d’Abraham. Jésus-Christ l'a fait pour que, grâce à lui, la bénédiction d'Abraham s'étende aux non-Juifs et que nous recevions, par la foi, l'Esprit que Dieu avait promis (Gal. 3:13, Semeur). Ce passage est sur Jésus. Le héros de ce passage n’est pas un Abraham fatigué, mais un beaucoup plus excellent qu’Abraham, c’est Jésus qui assume tout pour nous sauver. Si vous lisez ce passage en cherchant sa morale, vous êtes complètement passé à côté de son message. Comme le dit Paul, En effet, pour toutes les promesses de Dieu, c’est en [Jésus] que se trouve le "oui" et l’amen (2 Cor. 1:20).


Conclusion

Jésus dit à ses disciples il fallait que s'accomplît tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l'esprit, afin qu'ils comprissent les Écritures (Luc 24:44). Comprendre les Écritures n'est donc pas y voir des leçons de morale pour nous. Comprendre les Écritures, c'est comprendre comment tout parle de Jésus. Comprendre les Écritures c'est y voir Jésus partout, car il est partout. La bible est chrétienne.