mardi 3 février 2015

L’Homme


Genèse 1:26-28.




Introduction

Si jamais il y avait des phrases pleines de signification pour l'humanité, c'est bien les versets 26, 27 et 28 de Genèse 1. Ces 3 versets disent plus sur l'humanité que tous les livres philosophiques réunis. Ces versets sont tellement importants que la bible inclut un commentaire inspiré de Dieu sur ce passage. Le Psaume 8 est un commentaire sur ce passage.

Dans ce message je ne vais que gratter la surface de tout ce que ce passage contient comme enseignement pour nous les hommes, mais même en ne grattant que la surface, je vais dire plus de vérités sur l'homme que vous trouverez dans la Bibliothèque Nationale de France. Pourquoi ? Parce qu'ici nous avons ce que le Dieu-Créateur dit sur l'homme qu'il a créé. Cette information est unique, inégalée, inestimable. C'est de l'or pur.

Je vais examiner ce que Dieu dit sur la création de l'homme, sur son image, sur sa constitution et sur son destin. (Je précise que quand j'utilise le mot 'homme', je comprends tous les êtres humains, sans exception).



Sa Création

Dieu a créé Adam et Ève, les premiers êtres humains. Adam et Ève étaient de vraies personnes. Ils ont vraiment existé. Les généalogies dans la bible le prouve. Selon l'historien Luc, Adam est l'ancêtre de Jésus (Luc 3:24). Cette histoire n'est pas une parabole. C'est un récit historique. Jésus l'a compris comme un récit historique. Nous ne sommes pas plus intelligents que le Fils de Dieu.

En créant Adam et Ève, Dieu achève son œuvre de création. Avant la création de l'homme, Dieu construisait le décor de sa pièce de théâtre. L'univers est le théâtre. La terre est la scène. Et ici les acteurs apparaissent. L'homme est l'acteur. L'humanité est le spectacle. Les hommes agissent pour mettre en valeur le Dieu-Créateur, le metteur-en-scène suprême.

Les scientifiques passent leur temps à étudier la scène, mais l'homme est plus grand que la scène. La preuve en est qu'avant la création de l'homme, Dieu crée par décret. Il dit et cela se fait. Mais pour créer l'homme nous voyons quelque chose d'unique ; Dieu fait comme une pause dans son œuvre pour se consulter en tant que trinité. Nous avons ici une délibération dans la sainte trinité pour créer l'homme : faisons l'homme à notre image (V27). De plus, Dieu crée l'homme individuellement. Ceci aussi est unique. Dieu ne crée pas les animaux individuellement. Il parle et ils existent tous ensemble. Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce ... Et cela fut ainsi (Gen. 1:24). Mais Dieu forme lui-même l'homme de la poussière de la terre et il souffle dans ses narines le souffle de vie (2:7). C'est une création personnelle. Et ce tas de poussière prend vit. Il ouvre les yeux et commence à penser. C'est le miracle du souffle du Dieu-Créateur. Donc, l'homme est le summum de la création. L'homme est le chef-d’œuvre de Dieu. Avant la création de l'homme, Dieu dit que sa création est 'bonne'. Mais, avec la création de l'homme, Dieu dit que sa création est 'très bonne'. L'univers est bon, mais l'homme est le bijou dans la création de Dieu. Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l'as couronné de gloire et de magnificence (Psaume 8:5).

Et Adam a été créé pour connaître son Créateur. En créant Adam, Dieu n'a pas créé un esclave, mais un fils. Ce fait est incroyable. Dieu veut qu'Adam et Ève le connaissent comme leur Père. Et comment Dieu fait-il pour qu'Adam et Ève le connaisse ? Tout simplement, il leur parle. Ils entendirent la voix de l'Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir (Gen. 3:8). Contrairement à ce que certains chrétiens disent, il n'y a pas de rencontres mystiques entre Adam et Dieu dans le Jardin d’Éden. Car, il n'y a rien de plus profond que la pensée. Et Dieu et l'homme communiquent leurs pensées avec des mots. Ils se parlent. Et ceci est rendu possible parce qu'Adam et Ève ont reçu de Dieu l'intelligence et le langage pour pouvoir communiquer avec lui. Ceci explique comment Adam peut comprendre le sens du mot 'mourir' (car le jour où tu en mangeras, tu mourras). Adam n'avait jamais vu la mort, mais il comprend la menace de Dieu, car Dieu lui a donné l'intelligence de comprendre. La catégorie 'la mort' existe déjà comme idée en lui dès sa création. Car cette intelligence vient du souffle de Dieu. Mais en réalité, dans l'homme, c'est l'esprit, Le souffle du Tout Puissant, qui donne l'intelligence (Job 32:8). Dieu a délibérément créé l'homme pour qu'il soit capable de comprendre une révélation de sa part.

A sa création donc, l'homme est intelligent. Il est aussi innocent. Adam et Ève à leur création sont un cas humain unique. Ils n'ont pas une nature pécheresse, (comme nous l'avons). Ils ne sont pas, non plus, glorifiés et donc incapables de pécher, (comme nous le serons). Ils sont innocents, c'est-à-dire qu'ils n'ont jamais péché, et ils ont le pouvoir moral de ne pas pécher (contrairement à nous), mais aussi ils sont capables de pécher. Ce sont les seuls êtres humains qui ont un libre-arbitre. Ensuite, Dieu leur communique sa loi. Tant qu'ils gardent la loi de Dieu, Adam et Ève vivent dans une innocence heureuse.



Son Imago Dei

Dieu créa l'homme à son image (V 27). Adam et Ève ne sont pas comme les animaux. Ils sont à l'image de Dieu. Et cette image n'a pas été perdue avec la chute de l'homme, car Dieu réaffirme cette vérité après le Déluge (voir Gen. 9:6).

Qu'est-ce que cela signifie de dire qu'Adam et Ève sont l'image de Dieu ? Tout d’abord, on peut dire que cela ne signifie pas qu'ils sont comme Dieu dans leur être. Nous ne sommes pas des "petits dieux" comme disent ceux qui enseignent l'évangile de prospérité (je donne le nom des plus connus d'entre eux, car ces loups ont de plus en plus d'influence, même parmi les évangéliques : je parle de la chaine TBN en générale, et en particulier de Benny Hinn, Joyce Meyer, Creflo Dollar, Paula White, Kenneth Copeland, Kenneth Hagin ...). Soyons clairs, seul l'homme Jésus était comme Dieu dans son être, dans sa nature. Nous ne le serons jamais.
Alors, qu'est-ce que c'est précisément l'image de Dieu en l'homme ? Dans l'histoire, les chrétiens ont donné des réponses diverses et parfois bizarres à cette question.

Une des plus bizarre est que l'image de Dieu est le corps de l'homme. Cette idée dit que nous sommes l'image de Dieu, parce que nous marchons debout. Mais les pingouins aussi marchent debout. Non, Dieu est esprit. Notre corps ne peut donc pas être l'image de Dieu.

D'autres ont dit que le libre-arbitre de l'homme est l'image de Dieu. Je crois que depuis Adam, personne n'a de libre-arbitre. Mais je consacrerais un message entier à ce sujet un peu plus tard.

D'autres encore disent que l'image de Dieu chez l'homme c'est sa domination sur la création. C'est le fait que Dieu a donné à Adam autorité sur les animaux qui fait qu'il est l'image de Dieu. Ainsi, Adam règne sur la terre comme Dieu règne sur tout. Mais cet enseignement donne à l'image de Dieu un sens fonctionnel et nous verrons que cette idée est dangereuse. De plus, cet enseignement inverse l'ordre des choses. Quand Dieu donne la domination à Adam (V 28), Adam a déjà été créé à l'image de Dieu (V 27). La domination ne peut donc pas être l'image de Dieu. Au contraire, l'homme reçoit la domination sur la création précisément parce qu'il est déjà l'image de Dieu.

Je pense que l'image de Dieu peut être définie comme suit : l'image de Dieu est ce qui fait que l'homme est une personne rationnelle et morale. Les 3 mots sont importants.

A. L'homme est un être personnel. Ainsi, il reflète son Dieu-Créateur qui est, lui aussi, un être personnel. Nous pouvons communiquer avec d'autres personnes uniquement parce que nous sommes créées à l'image de ce Dieu qui est trinité. Dieu existe depuis toute éternité en trois personnes vivant dans une communication parfaite. Si ceci n'était pas le cas, la communication en tant que telle serait impossible. L'homme, donc, est une personne capable d'une relation personnel avec Dieu tout d'abord et ensuite avec ses semblables.

B. L'homme est un être rationnel. Dieu est logique. Jésus est le logos. Il a donc créé un homme comme lui. Quand Dieu dit à Adam de ne pas manger le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, Adam devait pouvoir comprendre ce message. Pour comprendre ce message il doit avoir un raisonnement logique. Si Adam avait été créé irrationnel, quand Dieu dit 'ne mange pas' Adam aurait pu comprendre 'mange'. Cette intelligence chez l'homme fait partie de l'image de Dieu. C'est pour cette raison que quand la bible nous différencie des animaux, elle dit qu'ils sont sans intelligence. Ne soyez pas comme un cheval ou un mulet sans intelligence (Ps. 32:9).


C. L'homme est un être moral. Quand Dieu dit à Adam de ne pas manger le fruit, Adam sait que d'obéir à Dieu est bien et de lui désobéir est mal. Il possède en lui l'idée d'un bien objectif et d'un mal objectif. Car Dieu a écrit l'oeuvre de la loi dans leurs cœurs, l'oeuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs (Rom. 2:15). Ceci est confirmé par le fait qu'après avoir désobéi, Adam en a honte et se cache de Dieu. Il se cache car il se sait coupable. Cette idée de justice vient de Dieu. Ainsi, il reflète son Créateur. L'homme est un être moral, car son Dieu n'est pas amoral. L'image de Dieu est donc ce qui fait que l'homme est une personne rationnelle et morale.
Dieu a donc placé l'homme sur la Terre pour le refléter lui. Dieu est esprit, mais il voulait que ses attributs soient visibles sur la Terre. L'homme est là pour être le miroir de Dieu.
Puisque l'homme est créé à l'image de Dieu, cela implique au moins 3 choses pour nous, hommes et femmes, aujourd'hui.




(i) Puisque Dieu a créé l'homme à son image, et puisque l'image n'est pas la domination, cela implique que l'image de Dieu est structurale et non pas fonctionnelle. Autrement dit, nous sommes l'image à cause de qui nous sommes et non pas à cause de ce que nous faisons. Il y a des philosophes aujourd'hui qui disent qu'un être humain ne qualifie pour l'étiquette de 'personne' que lorsqu'il peut remplir certaines fonctions. C'est l'utilitarisme. La valeur d'une personne est déterminée par son utilité à la société. On voit les conséquences dangereuses qu'une telle philosophie pourrait avoir pour les bébés, les handicapés et les personnes âgées. Récemment, l'athée militant, Richard Dawkins a dit sur Twitter que 80% des tous les bébés trisomiques en Europe sont avortés. Il a conclu que : 'si une femme a le choix d'avorter un bébé trisomique et ne le fait pas, elle agit de façon immorale'. Une mère qui refuse de tuer son bébé est jugé immorale par l'utilitariste. Pourquoi ? Parce pour l'utilitariste un trisomique est 'inutile'. Quand ils rejettent la vérité biblique, il ne leur reste que la barbarie.

La position de la bible est que celui qui est biologiquement humain, est un être humain, et celui qui est un être humain, est l'image de Dieu, peu importe son utilité. Selon la bible, ceux que nous déshumanisons aujourd'hui en appelant des 'fœtus' sont en réalité des 'enfants'. Car en parlant des bébés dans le ventre de Rébecca, la bible dit : Les enfants se heurtaient dans son sein (Gen. 25:22). Et tuer un enfant, c'est tuer un humain. Tuer un humain, c'est tuer l'image de Dieu. Cela signifie donc que l'avortement et l’euthanasie sont justes d'autres mots pour parler de meurtres avec préméditation.

(ii) Puisque Dieu a créé Adam à son image et Ève à son image, cela implique que les hommes et les femmes sont donc égaux. L'homme n'est pas supérieur à la femme. La femme n'est d'aucune manière inférieure à l'homme. Ils sont tous les deux dans la même mesure l'image de Dieu. Cependant, ils ont différentes fonctions sur terre, notamment dans la famille (un homme ne peut pas avoir d'enfant) et dans l'église. Ils sont égaux dans leur êtres et complémentaires dans leur rôles.

Puisque Dieu a créé Adam à son image et Ève à son image, cela signifie aussi que le sexe est une partie intégrale de l'humanité. Dieu n'a pas créé une personne androgyne pour ensuite lui donner un sexe. Dès le commencement, il les a créé homme et femme. Le sexe de la personne est déterminé par l’anatomie physique que Dieu lui a donnée. Donc, c'est Dieu qui décide qui naît homme et qui naît femme. Ce n'est vraiment pas très compliqué : si on a une anatomie d'homme, on est un homme. Ceux qui veulent changer de sexe ou ceux qui veulent séparer le sexe et le 'genre' sont en rébellion contre l'ordre créé et donc contre le Dieu-Créateur.

(iii) Puisque Dieu a créé l'homme à son image, cela implique-t-il que l'homme a des droits inhérents et inaliénables ? C'est la position de la Constitution française et européenne. Elles considèrent que l'être humain, parce qu'il appartient à l'espèce humaine, dispose de droits inhérents et inaliénables. La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme des Nations Unies reprend cette idée : Tout individu a droit à la vie [et] à la liberté (Article 3). Et c'est aussi la position de beaucoup de chrétiens.

Mais ces droits inhérents et inaliénables ne peuvent pas être la conséquence d'être l'image de Dieu, car la bible ne parle pas des droits de l'homme. Par contre, elle parle de la loi de Dieu. Et les deux sont liés. Je m'explique ; quand Dieu dit dans sa loi : 'tu ne tueras point', cela implique nécessairement que chaque homme a le droit à la vie. Mais ce droit n'est ni inhérent, ni inaliénable, il est imputé (ou octroyé) par Dieu. Nous avons ce droit parce qu'il nous l'a donné dans sa loi. Et quand Dieu dit : 'tu ne voleras point', cela implique nécessairement que chaque homme a le droit octroyé par Dieu à la propriété privée. Donc, la loi de Dieu donne des droits aux hommes ; droit à la vie et à la propriété privée, entre autres. Mais, ces droits ne sont pas inhérents, mais octroyés. Ils ne sont pas inaliénables, mais conditionnels.

Par exemple, Dieu interdit le vol. C'est donc mon droit (octroyé par la loi) d'avoir une propriété privée. Si on vole ma propriété privée, alors le voleur enfreint la loi qui me protège et qui le protège et donc il perd son droit (octroyé par la loi) à sa propriété privée. Il doit donc me dédommager à partir de sa propriété privée, car la loi ne protège pas son vol. De même, Dieu interdit le meurtre. J'ai donc droit (octroyé par la loi) à la vie. Si on me tue, le meurtrier a enfreint la loi de Dieu qui protège sa vie et il perd donc son droit (octroyé par la loi) à la vie et doit mourir. Il enlève à un homme son droit (octroyé par la loi) à la vie, alors il perd son droit (octroyé par la loi) à la vie, car la loi ne protège pas son meurtre. S'il annule par ses actions la loi qui le protège, alors il n'a plus de protection. Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé; car Dieu a fait l'homme à son image. (Gen. 9:6). Donc, non, (contrairement à ce que disent beaucoup de chrétiens), le fait que l'homme soit créé à l'image de Dieu ne lui donne pas des droits inhérents et inaliénables.

Car, réfléchissez avec moi une seconde. Si nous avions des droits inhérents et inaliénables, alors Dieu aussi serait obligé de respecter ces droits. Mais Dieu est souverain. Il peut nous tuer quand il veut et demeure juste quand il le fait. Ce droit à la vie n'est pas inhérent à moi et encore moins inaliénable de moi. Donc, mon droit à la vie dépend de Dieu. De plus, si nous avions des droits inaliénables, alors cela rendrait la justice injuste. Car, si on emprisonne un criminel qui a des droits inaliénables, c'est une violation de ses droits (à la liberté). Car un droit inaliénable ne peut pas être annulé. S'il a ce droit parce qu'il est un homme, il ne cesse pas d'être un homme parce qu'il vol quelqu'un. Donc, il retient ses pleins droits. Donc, l'emprisonner est toujours injuste. Et ce principe est aussi vrai pour tous les crimes. Si on l'exécute pour meurtre, c'est une violation de ses droits à la vie. Si on lui impose une amande, c'est une violation de ses droits à la propriété privé etc. Dans ce cas, la justice pratique de l'injuste. Il ne faut plus punir personne, car la punition devient un crime. D'ailleurs, c'est cette philosophie humaniste qui nous conduit aujourd'hui à parler des 'droits des prisonniers' et qui fait que certains meurtriers ne font que quelques années de prison, car eux aussi ont droit à la liberté !

Quand on rejette l'idée que l'homme est l'image de Dieu, on peut justifier à la fois le meurtre des 'inutiles' et aussi l'impunité aux meurtriers. Quel monde !



Sa Constitution

Dans le récit de Genèse, Dieu crée Adam à partir de la poussière de la terre et du souffle de Dieu. L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant (Gen. 2:7). Une partie de nous est donc matériel et une autre partie est immatérielle. La matière (le corps) nous connecte au reste de la création physique et l'immatériel nous connecte à Dieu.

Ceci soulève une question : quelle est la constitution exacte de l'homme ? De combien de parties est-il constitué ? 2 ? 3 ? ou plus ? Il y a des chrétiens qui enseignent que l'homme est une sorte de trinité : il est constitué d'un corps, d'une âme et d'un esprit. Certains établissent des doctrines très élaborées sur cette conviction. Pour eux (en général) le corps et l'âme sont charnels et l'esprit est spirituel. C'est avec son esprit que l'homme prie et adore Dieu. Ils basent cet enseignement sur 2 versets bibliques qui parlent de ces trois parties chez l'homme : Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ (1 Thess. 5:23). Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur (Héb. 4:12). Ces passages semblent indiquer que l'homme est esprit, âme et corps. Mais, ce sont les deux seuls passages dans la bible où l'on trouve l'âme et l'esprit cités ensemble. De plus, aucun de ces passages n'est un enseignement direct sur la constitution de l'homme. De plus, cela ne signifierait-il pas que seul un homme né de nouveau ait un esprit ? Et donc que les autres (donc la plupart) sont constitués de seulement 2 parties ?

Par ailleurs, si l'on affirme que ces deux passages montrent que l'homme est fait de 3 parties, que faire des autres qui semblent démontrer que l'homme est fait de plus de trois parties ? L'homme n'est-il pas constitué de 4 parties ? Car Jésus dit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée (Matt. 22:37). Selon ce raisonnement, l'homme serait fait de corps, de cœur, d'âme, et de pensée. Ou est-ce plutôt 5 ? Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée (Luc 10:27). Ou est-ce que c'est possible que tous ces termes (esprit, âme, cœur, pensée etc.) soient utilisés comme synonymes dans la bible pour désigner la partie immatérielle de l'homme ?

C'est ma position. Pourquoi ? Parce qu'il me semble que nous devons prendre pour référence le récit de la création de l'homme. Après tout, ce passage parle expressément de la création, oui, de la fabrication de l'homme, et là, il est clair que l'homme est constitué de 2 parties : la terre et le souffle de Dieu. De plus, il y a plusieurs versets qui semblent confirmer ma position. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne (Matt. 10:28). Ce verset parle de l'homme tout entier qui périra et l'homme tout entier c'est le matériel (le corps) et l'immatériel (l'âme). Ensuite, tous les versets suivants semblent indiquer que l'homme est constitué de 2 parties : Esaïe 10:18 (âme et corps), Dan 7:15 (esprit et tête), Ecc. 12:7 (poussière et esprit), 2 Cor 5 :1-10, Phil 1:21s, 2 Cor 12:2 (matériel et immatériel)

Donc, pour résumer, je pense que la bible enseigne tout simplement que l'homme est matériel et immatériel. Il est une unité psycho-physique. Donc, plutôt que de dire que l'homme possède une âme, je dirais que l'homme est une âme vivante. Car Jésus dit au brigand sur la croix : aujourd'hui tu seras avec moi (Luc 23:43). Mais le corps du brigand était dans la tombe. Le corps n'est pas le brigand.

Une dernière question demeure sur la constitution humaine. Nous savons que la partie matérielle de l'homme est créée à la conception par ses parents, mais qu'en est-il de son âme ? Certes, Dieu a créé l'âme d'Adam en lui soufflant dessus, mais qui a créé notre âme ? Deux théories s'opposent.

La première dit que l'âme est créée à la conception, tout comme le corps. Luther voyait en cette idée l'explication de la transmission du péché. Dieu a donné à l'homme et à la femme la capacité de créer non seulement un corps, mais aussi une âme. Hébreux 7:10 dit : [Lévi] était encore dans les reins de son père. Il semblerait que toute la personne de Lévi (son corps et son âme) était en son père, Abraham. Donc, comme son corps, l'âme de Lévi aussi vient d'Abraham.

L'autre théorie est l'idée que le spermatozoïde ne peut pas créer une âme immortelle, mais qu'à chaque conception, Dieu recrée une âme. Calvin enseignait cette idée. Deux versets semblent accréditer cette position : Ainsi parle l'Éternel, …. qui a formé l'esprit de l'homme au dedans de lui (Soph. 12:1). Avant que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné. (Ecc. 12:7). Mais, je suppose que certains demanderaient dans ce cas, d'où vient le péché ? Dieu crée-t-il des âmes pécheresses ? Personnellement, ce n'est pas cet aspect de cette doctrine qui me dérange. Dieu peux créer des âmes pécheresse s'il le veut. 

Je n'ai pas la prétention de départager Luther et Calvin sur une doctrine aussi incertaine, mais je crois pouvoir affirmer que l'homme est constitué de 2 parties : son corps et son âme/esprit.



Son Destin

Adam est le vice-roi de Dieu pour accomplir la volonté de son Roi sur la terre. Et la volonté de Dieu est que l'homme remplissent la terre et dominent sur elle. C'est le mandat de la création. C'est la charte pour l'humanité. Et elle est toujours en vigueur. C'est notre destin ici-bas. Notre Dieu-Créateur est honoré quand nous employons les animaux, quand nous exploitons la terre, quand nous bâtissons ; bref, quand nous utilisons notre intelligence à être inventifs, créatifs et artistiques par obéissance à son ordre. En tant que vice-roi de Dieu, nous n'usons pas de cruauté envers sa création, car Dieu n'est pas cruel. Mais, de la même manière qu'un bon roi doit se soucier du bien-être de ses sujets, nous aussi devons exploiter la Terre comme un bon gérant de l'œuvre de notre Créateur.

Et c'est aussi notre destin éternel. Adam a été créé pour travailler pour Dieu. De même, notre destin éternel ne consiste pas à jouer de la harpe sur un nuage, mais à être créatif et ingénieux, à prendre plaisir à travailler pour ce Dieu que nous aimons, sur la nouvelle terre, dans son royaume éternel.



Conclusion

Dans l'idée chrétienne de l'homme, le plus époustouflant de tout, c'est que la deuxième personne de la trinité est devenue un homme, comme nous. Jésus-Christ, c'est l'homme-Dieu. Non seulement Dieu a-t-il créé l'homme à son image, mais Dieu est devenu un homme. De plus, le Fils de Dieu restera un homme éternellement. Rendez-vous compte ? Ni l'humanisme, ni l'Islam, ni le Bouddhisme, ni même le Judaïsme n'élève l'homme à ce point. Seul le christianisme donne une dignité et une noblesse quasi-infinie à l'humanité, en enseignant que son Dieu est, et sera pour toujours, aussi un homme.








dimanche 31 août 2014

Ordo Salutis (l’ordre du salut)



Introduction

Aujourd’hui je vais commencer une nouvelle série. Après ma première série sur la théologie propre (c’est-à-dire sur la doctrine de Dieu) et ma deuxième sur les Écritures, je veux maintenant étudier une autre doctrine essentielle du christianisme. C’est aussi la doctrine de la Réforme protestante, par excellence. Je veux parler bien sûr de la sotériologie, ou la doctrine de notre salut; comment un homme passe de la mort à la vie éternelle. Je vais faire une série sur tout ce qui concerne notre salut - si Dieu le veut - en commençant par la nature de l’homme, en passant par sa justification, et en finissant par sa glorification. Ce message sert d’introduction à cette série.



Il faut de l’ordre !

Dans ce message je voudrais baliser le chemin à parcourir dans la série. Je voudrais étudier le sujet de l’ordre de notre salut, parce que dans cette série l’ordre des choses est important. Cette doctrine s’appelle l’ordo salutis, c’est du latin pour "l’ordre du salut". Cette mise en ordre des doctrines concernant le salut permet d’examiner quelles sont les différentes étapes dans l’œuvre que Dieu fait pour nous sauver. Cet ordre est un ordre logique, et parfois chronologique.



Mais, pourquoi vouloir établir les différentes étapes dans le processus qui est notre rédemption ? Parce que la bible nous enseigne qu'il y a différentes étapes dans notre salut. Par exemple, la foi n'est pas la même chose que la repentance, et la nouvelle naissance n'est pas la même chose que la justification. Ce sont des étapes différentes que nous pouvons étudier séparément. Le fait d'étudier les différentes étapes séparément nous montre toute la splendeur et toute la plénitude dans l’œuvre de Dieu pour nous sauver. Mais pourquoi vouloir les mettre dans un ordre ? Parce qu'il y a un ordre.
Dans Romains 8:30 nous lisons : Et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés. Il est clair que nous sommes justifiés avant d’être glorifiés, nous sommes convertis avant d’être rendus parfaits. Je vais donc proposer un ordre.

Ceci dit, je veux être honnête avec vous. Les chrétiens évangéliques ne sont pas tous d'accord sur l'ordre des différentes étapes. Il y a 2 schémas différents. L'ordre que je défends est (je crois) celui qui correspond le mieux à l'enseignement de la bible et c'est aussi l'ordre que défendaient les Réformateurs, comme Luther et Calvin. Ma position est donc la position historique du protestantisme. Voici donc l'ordre des étapes dans notre salut que je propose et l'autre ordre, l’ordre des Arminiens :

Etapes   Ordre Calviniste           Ordre Arminien

1è         la prédestination              l’évangélisation

2è         l’évangélisation                la repentance

3è         la régénération                la foi

4è         la foi                               la régénération

5è         la justification                  la prédestination

6è         la repentance                   la justification

7è         la sanctification                la sanctification

8è         la glorification                  la glorification



Mes amis, faites votre choix !

Mais attention ! Ces différences sont plus que des étiquettes. Il s'agit de déterminer qui est la cause du salut de l'homme. Les Calvinistes, comme moi, disent que Dieu seul est la cause du salut et leur ordre reflète cette croyance. Les Arminiens disent que Dieu est la cause de leur salut, mais l'homme doit aussi y participer. D’où leur schéma. Donc, nous voyons que ce que nous croyons sur l’ordre de notre salut conditionnera tout ce que nous croyons sur notre salut et sur le rôle de Dieu dans notre salut.

Par exemple, Billy Graham, le célèbre évangéliste américain, a écrit un livre qui s’appelle Comment Naître de Nouveau. Dans ce livre, il explique que pour naître de nouveau (c’est la régénération dans la liste), il faut se repentir de ses péchés et il faut croire à l’évangile. Il dit ceci : Comment naître de nouveau ? En se repentant de ses péchés .... Ensuite, par la foi, nous recevons Jésus-Christ comme notre Seigneur. Donc, pour Billy Graham, l’ordre de notre salut est le suivant : la repentance, suivie de la foi, suivie de la nouvelle naissance. Selon lui, on ne peut pas naître de nouveau avant de se repentir. Un homme entend l’évangile, se repent de ses péchés, ensuite il croit à l’évangile et ensuite il est né de nouveau. Repentance, foi, régénération. C'est l'ordre des Arminiens. Mais, je ne crois pas que cela soit le bon ordre, selon la bible. Dans ma liste, j’ai mis la nouvelle naissance avant la foi et la repentance. Mon ordre est donc : régénération, foi, repentance, c’est l’inverse de l’ordre de Billy Graham.

Et là vous avez sûrement envie de me dire : tu ne te crois quand même pas plus biblique que Billy Graham ! Oui, sur ce sujet, je le crois. Billy Graham était un grand prédicateur et le Seigneur l’a utilisé pour amener beaucoup d’âmes à lui, mais, malheureusement, Billy Graham a enseigné des doctrines qui ne sont pas bibliques. J’en dirai plus sur ce sujet dans une minute. Donc, oui, je crois que sur le sujet du salut, je suis plus biblique que Billy Graham.

Donc, dans cette introduction à ma série sur le salut, je veux faire 2 choses. Avant tout, je veux dire haut et fort que le salut est en Jésus-Christ seul. Ensuite, je veux montrer que le salut est l’œuvre de Dieu seul et je ferai cela en défendant l'ordre du salut enseigné par les Réformateurs.



1. Le salut est en Jésus-Christ seul

Il n'y a de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés (Actes 4:12). Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi (Jean 14:6).

Le christianisme est une religion exclusive. Son message est clair : il n’y a pas plusieurs chemins qui mènent à Dieu, il n’y en a qu’un. Un seul chemin mène à Dieu et c’est Dieu qui l’a établi et ce chemin est Jésus et lui seul. Ce n’est pas un message qui plaît aujourd’hui. Nous vivons dans une culture post-moderne où le pluralisme règne. Le pluralisme dit qu’il y a plusieurs chemins qui mènent à Dieu. Mahomet mène à Dieu, Bouddha mène à Dieu, la vierge Marie mène à Dieu. En fait, il y a autant de chemins qui mènent à Dieu qu’il y a de croyances en Dieu ! Mais ceci est faux. Nous savons que Jésus est le seul chemin qui mène à Dieu, car lui seul est le Fils de Dieu, lui seul est sans péché, lui seul s’est offert comme un sacrifice pour nos péchés, lui seul est ressuscité des morts et lui seul reviendra juger toute la terre.

Mais, vous dîtes peut-être que je prêche à la chorale. Nous, les évangéliques, croyons tous cette doctrine de l’exclusivité du christianisme. Il ne viendrait jamais à l’esprit d’un évangélique l’idée de dire qu’il y a plusieurs chemins qui mènent à Dieu. Malheureusement, si ! Un pluralisme déguisé est entré dans l’église. En 1997, dans un entretien filmé avec un autre pasteur, Billy Graham n’est pas allé jusqu’à affirmer que quelqu’un peut venir à Dieu sans passer par Jésus, mais il a affirmé que quelqu’un peut venir à Dieu sans savoir qu’il vient en passant par Jésus. Autrement dit, selon Billy Graham, un homme peut croire en Jésus, sauf qu’il ne sait pas qu’il croit en Jésus, l’homme est sûr qu’il croit en quelqu’un d’autre. Par exemple, un bouddhiste peut croire en bouddha, mais en réalité il croit en Jésus. Ou un musulman peut croire que le plus grand des prophètes est Mahomet, mais en réalité, il croit que c’est Jésus, sans le savoir. Ou quelqu’un peut croire en Jésus, sans jamais avoir entendu parler de Jésus*.

Cette position est une position anti-biblique. On aurait envie de demander à Billy Graham : si c’est vrai qu’un homme peut croire l’évangile, sans jamais en avoir entendu parler, pourquoi annoncer l’évangile à tous ? Tous ces missionnaires, morts pour rien ! Non, c’est une position anti-biblique et totalement absurde. Comment peut-on croire que le Fils de Dieu est mort pour ses péchés, si on ne connaît pas cette information ? Billy Graham n’a-t-il pas lu Paul : Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? (Rom. 10:14). Non, le salut est en Jésus-Christ seul et pour croire cette bonne nouvelle, il est évident qu’il faut nécessairement avoir déjà entendu cette nouvelle !

Mais là, les gens protestent et disent : mais dans ce cas-là, si un homme doit entendre et croire l’évangile, chacun n’a pas la même chance de se convertir, car certaines personnes entendent l’évangile et d’autres ne l’entendent jamais. Ce serait injuste de la part de Dieu de condamner ceux qui n’ont jamais eu la possibilité de se convertir, disent-ils. On aurait envie de leur demander s’ils estiment que pour être juste, Dieu doit donner la même chance à chaque pécheur de se convertir. Si c’est le cas, alors Dieu pratique déjà de l’injustice, car il ne donne aucune possibilité aux anges pécheurs de se convertir. Ils sont perdus pour toujours, parce qu’il n’y a pas d’évangile pour eux. Est-ce que Dieu est injuste ? Non, parce que pour être injuste, Dieu devrait donner à quelqu’un ce qu’il ne mérite pas. Or, tous les pécheurs (les humains comme les anges) n’ont que ce qu’ils méritent. Et si certaines personnes n’ont pas ce qu’elles méritent, c’est parce que Dieu, plutôt que d’être juste a choisi d’être miséricordieux. Non, le salut est en Jésus seul, et ceux qui ne croient pas en Jésus ne sont pas sauvés. Ce n’est vraiment pas difficile à comprendre. Nul ne vient au Père que par [Jésus].

Mais, mon beau-frère, pasteur, m’a opposé 2 faits qui, pour lui, prouvent que l’on peut être sauvé sans croire en Jésus. (Et oui, il y a des pasteurs qui veulent prouver qu’il y a du salut en dehors de Jésus !)

(i) Dans l’Ancien Testament, les croyants étaient sauvés, mais ils ne pouvaient pas croire en Jésus, puisque Jésus n’était pas encore né. Donc, ils étaient sauvés, sans croire en Jésus.

Mais, est-ce que c’est vrai qu’Abraham, par exemple, ne croyait pas en Christ ? Que dit la bible ? Dieu appelle Abraham et lui fait la promesse que toutes les familles de la terre seront bénies en toi ! (Gen. 12:3). Plus tard, Dieu renouvelle sa promesse et Abram eut confiance en l'Éternel, qui le lui imputa à justice (Gen. 15:6). Donc, Abraham est sauvé en croyant Dieu. Il croit la promesse que Dieu lui a faite.

Oui, mais, dirait mon beau-frère, justement Abraham croit en Dieu, il ne croit pas en Jésus. Mais ce n’est pas fini. Quelle est la promesse qu’il croit ? Toutes les familles de la terre seront bénies en toi ! (Gen. 12:3), et toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité (Gen. 22:18). Or, Paul argumente ici que le singulier "postérité" indique que la promesse parle de Christ : Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n'est pas dit: et aux postérités, comme s'il s'agissait de plusieurs, mais en tant qu'il s'agit d'une seule : et à ta postérité, c'est-à-dire, à Christ (Gal. 3:16). Donc, Abraham a cru la promesse de Dieu qu’un homme de sa postérité bénirait toutes les nations de la terre. Cet homme est Christ. Abraham croyait donc en Christ. Oui, mais c’était un Christ générique et non pas Jésus de Nazareth. Ah si ! Jésus lui-même dit qu’Abraham croyait en lui : Votre ancêtre Abraham a été rempli de joie à la pensée de voir mon jour (Jean 8:56, Segond 21).

Oui, mais Abraham était un cas unique. Faux ! Moïse a suivi Christ : par la foi Moïse, devenu grand, refusa d'être appelé fils de la fille de Pharaon, regardant l'opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Égypte (Héb. 11:26). Moïse croyait donc en Christ. Il était donc possible de croire en Christ (en le Messie) avant la naissance de Jésus, car le Christ (l’Oint de Dieu) existait avant la naissance de Jésus.

Certes, les croyants de l’Ancien Testament n’avaient pas tous les détails, (comme quand Jésus allait naître etc.), mais, on n’a pas besoin de croire ces choses pour être sauvé. Comme le brigand sur la croix, ils croyaient l'évangile. Paul dit : Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures. (1 Cor. 15:3). Selon Paul, les Écritures, (ici l’Ancien Testament) enseignent que Christ devait mourir, qu’il devait mourir pour les péchés des hommes, et qu’il devait ressusciter le troisième jour. Tout ceci est dans l’Ancien Testament.

Mais, dirait mon beau-frère, Abraham n’avait pas l’Ancien Testament, il n’avait aucune Écriture, il ne pouvait donc pas comprendre le sacrifice de Jésus dont parle Paul. Mais, je réponds qu’Abraham a vu une allégorie de l’évangile. Abraham a vu que Dieu a épargné Isaac, en pourvoyant lui-même le sacrifice. Abraham a cru cette promesse : comme Dieu a pourvu le sacrifice pour sauver Isaac, Dieu pourvoirait le Sacrifice pour sauver toutes les nations : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste ... Abraham appela ce lieu-là: Jehova Jiré (le Seigneur pourvoira). (Gen. 22:8 & 14).

Non, que ce soit dans l’Ancien Testament ou le Nouveau Testament, le salut est en Jésus-Christ seul. Abraham, Moïse et les autres croyaient en la promesse à venir, nous croyons en la promesse tenue. Mais il n’y a pas 2 promesses différentes, mais une seule, et il n’y a pas deux sortes de foi, mais une seule. Que ce soit pour les Juifs d’autrefois, ou pour nous les païens, nous participons à la même promesse et sommes unis dans la même foi en Jésus-Christ : les païens sont cohéritiers, forment un même corps, et participent à la même promesse en Jésus Christ par l'Évangile (Eph. 3:6).

(ii) Les bébés n’ont pas les capacités intellectuelles pour comprendre l’évangile. Si un bébé doit croire l’évangile pour être sauvé, alors, tous les bébés qui meurent vont en enfer.

Non, car c’est faux de dire qu’un bébé ne peut pas croire en Jésus. Un bébé peut croire en Jésus. Un bébé, même dans le ventre de sa maman, peut croire en Jésus. Jean-Baptiste a sauté de joie dans le ventre de sa maman, lorsqu’il a entendu la mère de son Sauveur. Dès qu'Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein (Luc 1:41). Jean-Baptiste est né de nouveau dans le ventre de sa maman. Et il est né de nouveau en croyant en Jésus ! Une foi simple, certes, mais une foi en Jésus-Christ quand même.

Pour tous, pour les petits et les grands, pour les patriarches et pour nos contemporains, le salut est par la foi en Jésus et en Jésus seul.



2. Le salut est l’œuvre de Dieu seul

Tout chrétien croit que le salut est l’œuvre de Dieu. Mais croyez-vous que le salut est l’œuvre de Dieu seul ? Votre réponse à cette question importante déterminera quel ordre de salut vous choisirez.

Comme Billy Graham l’a très bien montré dans son livre, la question de l’ordre du salut tourne surtout autour de l’ordre de 2 étapes : la conversion (qui comprend la repentance et la foi) et la régénération (qu’on appelle aussi la nouvelle naissance). C’est sur l’ordre de la conversion et la régénération que porte la discorde entre Calvinistes et Arminiens. Les Calvinistes disent que puisque Dieu seul est la cause de notre salut, la régénération est avant la conversion. On appelle cette position le monergisme. Par contre, les Arminiens disent que puisque l’homme coopère avec Dieu dans son salut, la régénération est après la conversion. On appelle cette position le synergisme. Ils disent qu’un homme entend l’évangile, la croit et se repent de ses péchés. Il se convertit et ce n’est qu’à ce moment-là qu’il est né de nouveau.

Cet ordre me semble problématique à plusieurs niveaux. Je vais aborder ces problèmes plus longuement dans les messages suivants, mais je voudrais pointer ici 7 raisons pourquoi la doctrine qui place la conversion avant la régénération n’est pas biblique :

(i) Elle enseigne qu’un homme dans son état de péché peut se repentir.

(ii) Elle enseigne qu’un homme est sauvé à cause de sa décision de croire.

(iii) Elle enseigne que Dieu prédestine un homme à être sauvé parce que Dieu sait qu'à l'avenir cet homme choisira de croire en Christ.

(iv) Elle enseigne qu’il y a des conditions que l’homme doit remplir pour obtenir le salut.

(v) Elle enseigne que la nouvelle naissance est une conséquence de la conversion.

(vi) Elle enseigne que Dieu, voyant la foi de l'homme, le sauve.

(vii) Elle enseigne donc, qu’un homme est sauvé en coopérant avec Dieu, dans une synergie ou un partenariat.

Je pense avoir représenté fidèlement la position des Arminiens. J’étais moi-même Arminien. Alors, qu'est-ce qui ne va pas avec ces 7 points ? Examinons-les un par un et je pense que leurs erreurs sauteront aux yeux.

i) Cette doctrine enseigne qu’un homme dans son état de péché peut se repentir. Mais se repentir est une action qui plaît à Dieu. Jésus nous dit : il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent (Luc 15:10). Donc, cette doctrine prétend qu’un homme peut plaire à Dieu dans son état de péché. Mais l'homme dans son état de péché ne peut pas plaire à Dieu : ceux qui sont animés par leur nature propre ne peuvent pas plaire à Dieu (Rom. 8:8, Segond 21). Il est donc impossible pour un homme dans son état de péché de plaire à Dieu. Cette doctrine est donc fausse.

(ii) Cette doctrine explique qu’un homme est sauvé à cause de sa décision de croire. Lui est sauvé parce qu’il a cru à l’évangile, alors que d’autres sont perdus parce qu’ils ont rejeté l’évangile. Nous savons que le fait de rejeter l’évangile est mal. A contrario, le fait de croire l’évangile est bien. Donc, un homme est sauvé parce qu'il a décidé de faire le bien. Puisque cette décision de faire le bien vient de lui seul, cet homme a donc une raison de se vanter : ils ont choisi le mal, mais j’ai choisi le bien. Une doctrine qui laisse la possibilité à l’homme de se vanter n’est pas biblique.

(iii) Cette doctrine enseigne que Dieu prédestine un homme à être sauvé, parce que Dieu sait qu'à l'avenir cet homme choisira de croire en Christ. Premièrement, cette doctrine implique l'idée que Dieu apprend des choses, car c'est en 'voyant' dans l'avenir la décision de l'homme, que Dieu le prédestine à être sauvé. Mais Dieu ne peut pas apprendre.

Deuxièmement, ceci rend le choix de l'homme prééminent par rapport au choix de Dieu. Dans ce schéma, l'élection n'est pas l’œuvre de Dieu, mais c’est l’œuvre de l'homme. L'ordre logique ici est que l'homme élit Dieu, ensuite, Dieu valide le choix de l'homme rétrospectivement. Mais Jésus dit que nous ne l’avons pas choisi : Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais moi, je vous ai choisis (Jean 15:16).

(iv) Cette doctrine enseigne qu’il y a des conditions que l’homme doit remplir pour obtenir le salut. Mais la doctrine qui impose des conditions à l’homme pour obtenir le salut porte un nom. C'est le légalisme. Le légalisme dit : si tu remplis ces conditions, Dieu te bénira. Si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez entre tous les peuples (Ex. 19:5). Ceci n'est pas l'évangile, c'est la loi.

(v) Cette doctrine enseigne que la nouvelle naissance est une conséquence de la conversion. Dieu nous régénère parce que nous nous sommes convertis. Ainsi, la nouvelle naissance est une due, une récompense pour notre conversion. Or, si c’est une chose due, ce n’est plus par grâce, car : à celui qui fait une œuvre, le salaire est imputé, non comme une grâce, mais comme une chose due (Rom. 4:4). Cette doctrine minimise la grâce de Dieu dans notre salut.

(vi) Cette doctrine enseigne que Dieu, voyant la foi de l'homme, le sauve. Il le justifie et le fait naître de nouveau. Ainsi, elle met Dieu dans le rôle de celui qui réagit en fonction des actions de l'homme. Dieu est un Dieu passif, voire attentiste ici. L’homme décide et Dieu réagit en conséquence. Mais, la bible dit : Il y a dans le cœur de l'homme beaucoup de projets, mais c'est le plan de l’Éternel qui s'accomplit (Prov. 19:21) Un Dieu qui est suspendu aux actions des hommes n’est pas le Dieu de la bible.

(vii) Cette doctrine enseigne donc, qu’un homme est sauvé en coopérant avec Dieu, dans une synergie ou un partenariat. Dieu a fait sa part, je dois faire le mien. Et sans ma part, son salut me serait d’aucune utilité. Si c’est le cas, il est faux de dire que Dieu sauve un homme. Il est plus correct de dire que Dieu et l'homme ensemble sauvent l'homme. Et donc, il est aussi faux de dire que Jésus est le Sauveur des hommes, il est plus correct de dire que Jésus est le Sauveur potentiel des hommes. Mais le Nouveau Testament dit que Dieu seul sauve des hommes : Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses (2 Cor. 5:19). Et le Nouveau Testament présente Jésus comme un Sauveur certain, non pas comme un Sauveur potentiel : tu lui donneras le nom de Jésus; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés (Matt. 1:21). Non, Jésus est un vrai Sauveur, pas un Sauveur potentiel et Dieu seul sauve les hommes. Il n’a pas besoin de notre aide. Je conclus donc que l’ordre du salut qui met la conversion avant la régénération, n'est pas biblique pour toutes ces raisons.




Voici donc l’ordre biblique du salut que je vais étudier dans le détail dans cette série. Cet ordre est celui de Romains 8:30 (prédestinés, appelés, justifiés, glorifiés). Tout d’abord, Dieu m’a prédestiné avant la fondation du monde à être sauvé en Christ. Ce choix ne dépend en aucun cas de quelque chose en moi, mais de Dieu seul. Ensuite, quand je vis sur la terre, Dieu fait en sorte que j’entende l’évangile. C’est l’appel de l’évangile. Et à travers les paroles de l’évangile et par son Esprit, Dieu me régénère, (je suis né de nouveau). Puisque je suis né de nouveau et que, par conséquent, je ne suis plus esclave du péché, je veux croire à l’évangile et je peux croire à l’évangile. C’est parce que Dieu a fait de moi une nouvelle création que je crois et non pas le contraire. C’est à ce moment-là que Dieu me justifie. Ainsi, je suis sauvé (dans le sens strict du terme) par la foi seule. Je me repens de mes péchés (c’est la conversion). Ensuite, s’ensuit un processus de sanctification qui dure toute ma vie. Quand je mourrai, je serai glorifié pour l’éternité.


En plaçant la nouvelle naissance avant la conversion, cet ordre nécessite que le salut soit l’œuvre de Dieu seul.



Conclusion

En terminant je veux insister sur le fait que cette grande oeuvre de rédemption n’est pas une fin en soi. Aussi merveilleuse et extraordinaire qu’elle soit, (cette oeuvre parfaite de Dieu), notre glorification et la vie éternelle sont les moyens d’arriver à un autre but. Dieu ne nous a pas prédestinés pour le simple désir de nous glorifiés, car si c’était le cas, cela indiquerait que nous sommes au centre de son oeuvre de salut. Mais nous ne sommes pas au centre de cette oeuvre, Dieu est au centre. Cette oeuvre ne tourne pas autour de nous, mais autour de lui. La fin n’est pas l’homme, mais Dieu. Le but de tout cela n’est pas notre bonheur, mais que la gloire de Dieu resplendisse à jamais. Dieu nous a sauvé pour que nous passions l’éternité à nous nous réjouir de lui, à le connaître dans son infinitude et donc que nous le glorifions le plus possible. Toutes les nations que tu as faites viendront Se prosterner devant ta face, Seigneur, Et rendre gloire à ton nom. Car tu es grand, et tu opères des prodiges; Toi seul, tu es Dieu. Heureux le peuple dont l'Éternel est le Dieu ! (Psaume 86:9 & 144:15).



* J’inclus le lien vers la vidéo de l’entretien de Billy Graham ici : https://www.youtube.com/watch?v=hrf60-zHl9A

vendredi 11 juillet 2014

La Sainteté de Dieu N°2




Ezéchiel 1



Introduction

Les gens font des choses bizarres quand on y réfléchit. Certains paient pour sauter dans le vide, les pieds attachés à un élastique. Ce n’est pas une punition qu’on leur inflige, c’est une émotion qu’ils recherchent volontairement, même allant jusqu’à payer pour l’avoir. D’autres paient pour aller au cinéma voir un film d’horreur qui leur fera sauter de peur. D’autres vont aller regarder les vagues lors d’une tempête, au péril de leur vie. Pourquoi font-ils ces choses incompréhensibles ? Pourquoi payer pour avoir peur ? Pourquoi délibérément se mettre en danger ? Je vais essayer de répondre à cette question dans ce message. Mon message aujourd’hui s’appelle : la sainteté de Dieu.



1. Dieu est hors classe

Dieu est saint. La bible est claire. Soyez saints, car je suis saint, moi, l'Éternel, votre Dieu (Lév. 19:2). Des séraphins se tenaient au-dessus de lui ... ils criaient l'un à l'autre, et disaient: Saint, saint, saint est l'Éternel des armées ! (Esaïe 6:2). La bible présente constamment Dieu comme étant un Dieu saint. Mais que signifie ce mot ? Le mot que nous traduisons "saint" en français vient de la racine de l’hébreux Kadash. Selon Strong, ce mot signifie : mettre de côté, consacrer, différencier. Kadash désigne tout ce qui n’appartient pas au monde ordinaire, au banal, au commun, mais qui appartient au monde du sacré. C’est pour cette raison que Dieu dit que les objets qui étaient dans le temple étaient saints – différents des autres objets, mis à part pour le service de Dieu. Un objet à priori banal et commun (comme, par exemple, une table) était sélectionné pour être utilisé dans le tabernacle et de ce fait devenait séparé des autres objets semblables. Il changeait de statut. Il sortait de la catégorie d’objets normaux, et entrait dans une catégorie d’objets spéciaux. Il devenait saint, mis de côté. Ce n’était plus une table ordinaire. Elle était une table approuvée par Dieu et ça, ça change tout.

Mais quel sens à cette idée quand on l’applique à Dieu ? Peut-on dire que Dieu a été mis a part par Dieu ? Non, mais on peut dire que Dieu est différent de nous. Dire que Dieu est saint, c’est donc affirmer que Dieu n’est pas comme nous, qu’il n’appartient pas à ce monde. Il est différent, il est séparé, il est dans une catégorie à part. Il n’est comme rien d’autre dans toute la création. Il est hors classe.

Et je voudrais ici faire la différence entre sa sainteté morale et sa sainteté ontologique. Quand on dit que Dieu est saint, on affirme 2 choses : (i) on dit que son être est saint, (ii) on dit que sa nature est sainte. Or, ceci est mon 2ème message sur la sainteté de Dieu. Dans mon premier message, j’ai surtout parlé de sa nature, sa sainteté morale. Aujourd’hui, je veux parler de la sainteté de son être. On appelle cela sa sainteté ontologique.

L’idée de la sainteté de Dieu est très présente dans la bible, que ce soit dans l’Ancien Testament ou le Nouveau. Un endroit significatif est le 6ème chapitre d’Esaïe, où nous voyons des séraphins à six ailes qui crient dans le temple, et le temple qui est rempli de fumée. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui; ils avaient chacun six ailes; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds, et deux dont ils se servaient pour voler. Ils criaient l'un à l'autre, et disaient : Saint, saint, saint est l'Éternel des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire ! Les portes furent ébranlées dans leurs fondements par la voix qui retentissait, et la maison se remplit de fumée.

Ce que l'on voit ici est que la sainteté de Dieu décrit comment Dieu est et sa gloire c'est quand cette sainteté est rendue publique, manifestée devant tous. Ensuite, nous voyons la réaction d'Esaïe devant ce spectacle à la fois grandiose et terrible. Il a peur de mourir. Soyons clairs, que ce soit Esaïe qui voit Dieu ici ou Moïse et Jean, personne ne raisonne ainsi : "j’ai vu Dieu, ça fait donc de moi quelqu’un d’important. J’ai des choses à dire". Ils disent tous : "j’ai vu Dieu et qu’est-ce qu’il est grandiose ! Qu’est-ce qu’il fait peur ! Qu’est-ce que je suis tout petit ! Qu’est-ce que je suis misérable !"

Voici donc un bon test pour ceux (qui sont de plus en plus nombreux) qui disent avoir vu Dieu (que ce soit Jésus sur terre ou Dieu au ciel). Parlent-t-ils surtout de sa grandeur et de son côté épouvantable ? Est-ce qu’ils sont traumatisés par ce qu’ils ont vu ? S’abaissent-ils constamment ? Ont-ils le sentiment d’être insignifiants, minables, honteux et sales ? Mettent-ils en avant la différence fondamentale qu’il y a entre Dieu et nous, car ce passage met en avant la différence fondamentale qu’il y a entre Dieu et nous. S’ils ne font pas tout cela, ce n’est pas le Dieu de la bible qu’ils ont vu.

Un autre passage significatif qui parle de la sainteté de Dieu est dans le livre de l’apocalypse, chapitre 4 où nous voyons une mer de cristal et 4 être vivants étranges, remplis d’yeux : Il y a devant le trône comme une mer de verre, semblable à du cristal. Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière. Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d'yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit: Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout Puisant, qui était, qui est, et qui vient.

Ces passages proclament que Dieu est Dieu et nous ne le sommes pas. Dieu est élevé. Le spectacle est étrange à nos yeux. Si ce spectacle ne nous avait pas été révélé, nous ne l’aurions jamais deviné. Je crois que ces passages sont là pour montrer la différence fondamentale qu’il y a entre Dieu et nous. Aujourd’hui, j’ai l’impression que nous voulons surtout minimiser cette différence. Certains milieux chrétiens cherchent à faire en sorte que le chrétien se sente bien par rapport à lui-même; qu'il se sente tout chaud à l'intérieur; qu’il ne se sente jamais mal à l’aise. Il semblerait que pour ces chrétiens l’évangile doive servir tout d’abord à augmenter notre estime de soi, exactement le contraire du sentiment d’Esaïe et de Jean. Mais pour eux, il ne faut surtout pas mettre le doigt sur notre état minable par rapport à un Dieu saint. Dans ce passage Dieu est distant, derrière une mer, entouré de créatures étranges, qui font peur et qui semblent elles-mêmes être intimidées par Dieu. Mais qui parle encore aujourd’hui dans les églises évangéliques d’un Dieu intimidant ? Pourtant, ces passages ne nous donnent pas un sentiment douillet. Ces passages mettent plutôt mal à l’aise. Ces êtres vivants mettent mal à l’aise. Ce Dieu fait peur. D’ailleurs, toutes les personnes dans la bible qui ont vu un ange avaient peur. A combien plus forte raison serait-on terrifié devant le Créateur des anges ?

Mais le passage qui nous donne la meilleure idée de la différence essentielle qu'il y a entre Dieu et nous est le premier chapitre d’Ézéchiel - notre passage aujourd’hui. Quel passage étrange ! On ne l’entend pas souvent dans les églises !

Nous voyons ici 4 créatures comme des hommes avec 4 visages et 4 ailes. Il y a aussi 4 roues à côté des créatures, des roues encastrées l'une dans l'autre. Et Ézéchiel nous précise que ceci n’est pas une image d’un film de science-fiction ou une hallucination due à un vin trop fort, mais que ceci est une image de la gloire de l'Éternel (V 28).

Ce passage est étrange. Dans ce passage la gloire de Dieu paraît vraiment étrange. Il n’y a pas d’autres mots. Des créatures ailées aux visages différents. Des roues dans des roues couvertes d’yeux qui roulent dans tous les sens et qui survolent la terre. On hésite souvent à employer des termes comme "étrange" et "bizarre" en parlant de Dieu, parce que nous ne voulons pas lui manquer de respect, mais, je crois que c’est légitime ici. Dans ce passage l’image qui nous est présentée de Dieu est une image dans laquelle notre Dieu paraît bizarre. Cet après-midi, chez vous, faites comme moi. Lisez ce passage et puis fermez les yeux et essayez de vous imaginer devant ce Dieu-là. Le Saint-Esprit présente ici un Dieu qui est incompréhensible, indescriptible, inscrutable. Mais aussi un Dieu grandiose, impressionnant, inquiétant, alarmant, effrayant. Je crois que l’étrangeté de ce Dieu est soulignée ici pour nous rappeler la différence essentielle qu’il y a entre Dieu et nous.

Donc, la première chose à noter sur la sainteté de Dieu est que Dieu est saint parce que Dieu n’est pas comme nous. Ces 3 passages accentuent cette vérité. Il est Dieu, nous ne le sommes pas. Il est Dieu et il n’y a personne d’autre comme lui. Il est Dieu et il est incomparable. Il est unique. Il est inclassable selon nos modèles de réalité. Il vit dans un monde inimaginable, dans un monde étranger pour nous, dans un monde à part, parce qu’il est dans une catégorie à part. Il ne correspond à rien qui nous est familier. Il nous est incompréhensible. Il est hors classe.



Voyons maintenant pourquoi Dieu est hors classe.

2. Dieu est éternel.

Dieu est hors classe parce qu’il n’a pas été créé. Il est éternel et c’est cela qui fait qu’il est essentiellement différent de nous. Il est éternel, donc il est hors classe.

Il y a une différence essentielle entre ce qui n’a pas été créé et ce qui a été créé. Ce qui n’a pas été créé est éternel et donc auto-suffisant. Ce qui a été créé dépend de celui qui l’a créé pour son existence. La créature n’existerait pas sans la volonté de son Créateur. Le Créateur a le choix de créer ou pas. Donc, l’existence même de la créature dépend du choix du Créateur de faire ou de ne pas faire. Ensuite, le Créateur a le choix du moment à créer. Il peut créer quand il veut. Donc, le moment de l’existence de la créature dépend du temps du Créateur. Ensuite, le Créateur a le choix de la forme de la créature. Donc, la forme physique et les capacités de la créature dépendent du désir du Créateur. Ensuite, le Créateur a le choix des conditions de vie de sa créature. Donc, les conditions dans lesquelles la créature vit dépendent du choix du Créateur. La créature est donc complètement dépendant de la volonté de son Créateur pour tout qui fait qu’il existe. C’est le Créateur qui décide de tout cela. Et puisque Dieu n’est sous aucune contrainte et ne doit rendre compte à personne, son choix n’est gouverné par rien d’autre que par son bon plaisir.

Mais ce n’est pas fini. Ensuite, la créature est dépendante de son Créateur pour sa survie à chaque seconde de son existence. Dieu est tout puissant. C’est-à-dire qu’il possède toute la puissance. Donc, en dehors de lui il n’y a pas de puissance. La créature n’a pas de puissance autonome. Il n’est pas auto-suffisant quant à son énergie vitale ou sa capacité d’agir, car c’est en Dieu que la créature vit : car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être (Actes 17:28). Puisque toute vie et énergie et pouvoir vient du Créateur, la créature dépend de son Créateur pour chaque battement de cœur, chaque respiration. Chaque milliseconde de sa vie lui est donnée par le Créateur. En cliquant des doigts, le Créateur pourrait mettre fin à l’existence de la créature s’il le voulait, et un jour il le fait pour nous tous. Si, donc, la créature existe et s’il continue à vivre, c’est par la volonté du Créateur. C’est justement la différence fondamentale entre la créature temporelle et dépendante et le Créateur éternel et auto-suffisant.

Je discutais avec un collègue sympathisant bouddhiste sur la différence entre Dieu et nous. J’ai dit ce que je vous dis ici; que Dieu est Créateur et nous sommes ses créatures et que cette différence sépare Dieu de nous irrémédiablement. Il y a un gouffre infranchissable entre le créé et l’éternel. Il était surpris de découvrir que nous, chrétiens, ne croyons pas que l’âme de l’homme existe quelque part depuis toujours. Il croit que notre âme est éternelle et qu’elle est réunie au corps de l’homme à sa conception. Mais la bible montre que notre âme n’est pas éternelle. Quand Dieu a créé Adam il n’a pas réuni une âme préexistante avec son corps, il lui a soufflé dans ses narines et c’est à ce moment-là qu’Adam a pris vie. Avant ce moment, Adam n’existait pas. Car comme dit Salomon : l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné (Ecc. 12:7). Nous ne sommes pas comme Dieu. Lui est éternel, lui seul. Nous sommes créés. Avant notre conception, nous n’existions pas. Dieu, lui, existe depuis toujours. Il n’a pas eu de commencement. Dieu est l’Eternel, nous ne le sommes pas.

Il en résulte donc de cette différence entre le Créateur et ses créatures que la définition de l’idolâtrie est le fait d’adorer ce qui a été créé. Voilà à quel point cette différence est importante. A partir du moment où nous louons un être qui a été créé (que ce soit un homme ou une femme, ou même un ange) c’est là, la définition même de l’idolâtrie. Louer une créature est un affront à son Créateur. Car, plutôt que de rendre hommage à un être qui dépend du Créateur pour toute son existence et pour chaque milliseconde de sa survie, il faut rendre hommage à celui qui donne l’existence et qui fait vivre. Par contre, louer un être qui n’a pas été créé, qui ne dépend de personne pour quoi que ce soit, louer un être éternel, n’est pas l’idolâtrie, c’est une adoration chrétienne. Car un seul est éternel. Un seul puise son énergie vitale et inépuisable en lui-même depuis toujours - Yahweh. Dieu est hors classe parce qu’il n’a pas été créé.



3. Dieu est trinité.

Dieu est hors classe parce qu’il est un être qui existe en une multiplicité de personnes. Voilà une vérité incompréhensible pour nous. Si le fait d’essayer de comprendre le fait que Dieu n’a jamais eu de commencement est impossible pour nous, que dire alors du fait d’essayer de saisir la vérité que Dieu est trinité ? Voilà pourquoi Ezéchiel présente Dieu comme un être si étrange pour nous les hommes simples. Essayer d’imaginer un Dieu qui est un et trois est un peu comme essayer d’imaginer des roues dans des roues survolant la terre dans tous les sens.

Nous ne connaissons pas autre chose dans notre expérience que la réalité qu’un être égale une personne. Un individu est forcément une personne. Mais Dieu n’est pas comme nous. Il est hors classe. Il ne rentre pas dans nos catégories humaines, premièrement parce qu’il n’a jamais eu de commencement, deuxièmement parce que Dieu est un être avec 3 centres de conscience. Dieu est un être qui comprend trois personnes. Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. Un être et trois personnes. Trois personnes en un seul être. Le Père est Dieu, le Fils est Dieu et L’Esprit est Dieu. Mais le Père n’est pas le Fils et Dieu n’est pas le Père. Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. Affirmer que Dieu est saint, c’est donc affirmer que Dieu est trinité. D’ailleurs, il est à noter que les 4 êtres dans la bible crient : "saint, saint, saint" 3 fois. Le Père est saint. Le Fils est saint et le Saint-Esprit est saint. Dieu est saint.

Certaines dénominations qui se disent chrétiennes ont abandonné cette vérité, sous prétexte qu’elle est incompréhensible. Les Témoins de Jéhovah et les pentecôtistes du nom de Jésus ont rejeté la vérité de la trinité, car ils la jugent incompréhensible. Mais rejeter une doctrine sur Dieu parce que nous ne la comprenons pas présuppose que l’homme peut comprendre tout de Dieu. Mais, si l’homme peut comprendre Dieu, c’est qu’il est comme nous. Mais justement, Dieu n’est pas comme nous, car il est saint et nous ne le sommes pas. Il est Dieu, nous ne le sommes pas. Il est trinité, nous ne le sommes pas. En plus, on doit conclure que puisque les Témoins de Jéhovah ne rejettent pas la vérité que Dieu n’a jamais eu de commencement, c’est qu’ils comprennent l'éternité de Dieu parfaitement. Non, ce n’est pas parce que nous ne comprenons pas cette vérité que cela signifie qu’elle est fausse. Je dirais qu’il est logique que nous ne la comprenons pas, car Dieu n’est pas comme nous. Il est hors classe. Rien dans notre expérience n’est analogue à la trinité. C’est comme essayer de faire comprendre la couleur bleue à une personne aveugle de naissance. Dieu est justement incomparable. On ne doit pas laisser notre expérience dicter ce que nous croyons sur Dieu. C’est grave de ne pas dire la vérité sur Dieu. Dieu se met en colère quand nous le représentons d‘une façon erronée. Ces soi-disant "chrétiens" sont comme les amis de Job à qui Dieu dit : Prenez maintenant sept taureaux et sept béliers, allez auprès de mon serviteur Job, et offrez pour vous un holocauste. …. car vous n'avez pas parlé de moi avec droiture, comme l'a fait mon serviteur Job (Job 42:8).

Quand nous disons que Dieu est trinité, nous parlons de lui avec droiture. Néanmoins, ce n’est pas assez de dire cette vérité, nous devons aussi aimer cette vérité. C’est quand la dernière fois que avez dit cette phrase : "j’aime la trinité" ? C’est quand la dernière fois que vous avez entendu un prédicateur dire : "j’aime la trinité" ? Pourtant, notre Dieu est trinité. Et il est unique, car il est le seul qui est trinité. Aucun autre dieu n’est trinité. C’est sa gloire d’être trinité, car être trinité c’est être Dieu. C’est une fierté pour nous que notre Dieu soit trinité. Aimez-vous de tout votre cœur l’idée de la trinité ? Nous devons adorer la trinité. Adorer la trinité, c’est adorer Dieu. Dieu est hors classe parce qu’il est trinité.



4. Dieu est parfait

Dieu est hors classe parce qu’il est un être qui est parfait. Je ne parle pas ici de sa perfection morale. Je parle de la perfection de son être. Et je définit la perfection de son être comme étant tout ce qui fait que Dieu est Dieu, c’est-à-dire son éternité, sa trinité, et l’ensemble de ses attributs. Nous avons déjà dit que la sainteté de Dieu fait qu’il est mis à part. Quand on pense à sa sainteté du point de vue de sa perfection on peut dire que Dieu est comme un diamant si précieux qu’il est mis à part derrière une vitre blindé. Un diamant est mis à part et séparé des objets communs à cause de sa grande valeur. Dieu est à part à cause de sa valeur infinie. Sa perfection constitue sa valeur infinie. Il est d’une valeur infinie parce qu’il est parfait.

Je pense donc (sans vouloir nuire à la doctrine de la simplicité de Dieu), que l’on peut légitimement dire que parmi tous les attributs de Dieu, l’attribut de sa sainteté est le plus important. Puisque sa sainteté est sa perfection et donc la raison de sa valeur infinie, c’est l’attribut qui transcende tous les autres. Mais, je sais que d’autres chrétiens diraient que s’il y a un attribut prééminent chez Dieu, ce serait plutôt son amour. Après tout la bible dit : Dieu est amour (1 Jean 4:16). Tout ce qu’il fait est gouverné par son amour, car il est amour. Mais pour que cela soit vrai, il faut que l’on voie l'attribut de son amour dans tous les autres attributs. Or, il n’est pas difficile de voir que quand Dieu fait miséricorde à quelqu’un, il le fait avec amour. Mais comment expliquer que Dieu montre son amour lorsqu’il punit ? Il est plus difficile de voir comment Dieu agit avec amour envers ceux qui périssent éternellement en enfer. Où voit-on son amour pour eux ? Est-ce qu’il écourte la durée de leur souffrance ? Non. Elle est sans fin. Est-ce qu’il les soulage dans leur souffrance ? Non. Il ne leur donne aucun repos. Est-ce qu’il les fait souffrir pour leur faire du bien un jour ? Non. Il est donc difficile de dire que l’attribut transcendent est l’attribut de l’amour de Dieu. On ne voit pas cet attribut dans tous les attributs de Dieu.

Peut-on toutefois dire que l’attribut le plus important chez Dieu est sa sainteté ? Eh bien, c’est le seul attribut par lequel il jure : J'ai juré une fois par ma sainteté: Mentirai-je à David ? (Ps. 89:35). C’est le seul qui est célébré au ciel. Les anges ne chantent pas : "amour, amour, amour" ou "puissance, puissance, puissance". Ils chantent "saint, saint, saint". La 3ème personne de la trinité est le Saint-Esprit. Et on peut, en effet, dire que Dieu aime avec sainteté. Il n’aime pas sans montrer sa sainteté. A la croix se réunit amour infini, mais aussi sainteté infinie. De plus, quand il juge et quand il se met en colère, il le fait avec sainteté. Donc, s’il y a un attribut qui transcende tous les autres, ce serait plutôt sa sainteté que son amour. C’est l’attribut des attributs. Il traverse tous les autres. C’est celui qui caractérise Dieu et fait donc qu’il est Dieu. Cet attribut, l'attribut de sa sainteté, dit que Dieu est d'une perfection ontologique; qu’il est éternel et trinité. Cet attribut dit que Dieu est d'une perfection morale; qu’il est sans péché, vêtu de lumière. C’est donc pour cette raison que l’adjectif "saint" est souvent utilisé comme synonyme pour Dieu. Il y a beaucoup de noms de Dieu dans la bible, mais le nom qui revient le plus, plus que tous les autres réunis est le Dieu saint. Dans le seul livre d’Esaïe, le nom Le Saint d’Israël est utilisé 25 fois pour désigner Dieu. Sainteté égale hors classe, hors catégorie, éternel, trinité, unique, incomparable, parfait, Dieu.



Conclusion

Donc je repose ma question du début. Pourquoi les gens paient-ils pour faire un saut à l’élastique ? Pourquoi paient-ils pour aller voir un film qui fait peur ? Pourquoi paient-ils pour hurler sur le grand huit ? Pourquoi prennent-ils des risques pour aller voir une mer déchaînée ? Parce que chez l'homme il y a un désir, un besoin, de côtoyer l'effrayant. Nous faisons ces choses parce que nous avons été créés avec une soif du grandiose. Nous avons été créés avec un désir de découvrir l’intimidant et de connaître l’époustouflant. Voilà pourquoi il y a tant de gens qui recherchent ce sentiment de grandeur effrayante. Sauf que quand on rejette Dieu, tout ce qui reste est le frisson superficiel et éphémère du saut à l’élastique ou d’un tour sur le grand huit. Mais la véritable grandeur effrayante c’est Dieu. Le christianisme est la découverte et la connaissance de ce Dieu qui est grand et intimidant, car si fondamentalement différent de nous. Si vous vous plongez en lui, je vous promets que vous n'aurez plus besoin du saut à l’élastique, du train fantôme, du film d'horreur. Dieu est assez grandiose, assez étrange, assez intimidant, assez époustouflant, assez choquant et assez terrifiant pour combler tous vos désirs de frissons profonds et de sensations fortes. Car Dieu est saint.