jeudi 16 avril 2015

Le Péché





Genèse 3



Introduction

Dans ma série sur le salut, je voudrais me tourner vers ce qui rend le salut nécessaire. Je veux parler du péché. Sans le péché, le salut n'existerait pas. Il est donc un sujet essentiel de la sotériologie (la doctrine du salut). Et pourtant, on ne parle plus tellement du péché aujourd'hui. Même dans les églises évangéliques, le mot est devenu tabou. On parle volontiers de nos problèmes, de nos bagages, de nos déceptions, de nos blessures, mais pas de notre péché. Pourtant, la bible est claire, le seul problème de l'humanité est son péché.

Dans ce message je veux répondre à 3 questions sur le péché : c'est quoi ? comment est-il transmit ? et quels sont ses effets ?



1. C'est quoi le péché ?
Le péché est la transgression de la loi (1 Jean 3:4).
Dieu est parfait. Il est moralement parfait. Il nous a donné sa loi. Sa loi est parfaite. Et Dieu exige de nous que nous gardions sa loi dans sa totalité tout le temps. Il n'accepte pas de baissé ses exigences pour nous accommoder. Il veut de notre part une obéissance parfaite à sa loi parfaite. Bref, il exige que nous soyons parfaits. Comme le dit Jésus : soyez parfait, comme votre Père éternel est parfait (Matt. 5:48). Et si vous voulez voir ce que cela donne, cette obéissance parfaite à la loi de Dieu, alors regardez Jésus. Il a gardé la loi de Dieu à la perfection, même en dormant. 24 heures/24. 7 jours/7. Dieu veut que notre comportement soit parfait, comme le comportement de Jésus était parfait. Mais nous n'avons pas gardé la loi de Dieu. Nous avons péché. Le péché est la transgression de la loi (1 Jean 3:4).
Donc, puisque le péché est la transgression de la loi de Dieu, il s'ensuit que nous pouvons affirmer 2 choses sur la nature du péché.
A. Le péché est une trahison cosmique.
Et le premier péché (le péché d'Adam) est la transgression de la première loi de Dieu. Cette loi parfaite est de ne pas manger le fruit interdit. Dieu l'annonce à Adam. Adam connaît les conséquences en cas de désobéissance. Son Créateur lui dit qu'en péchant, il mourait. Le test est donc une question de confiance en son Créateur et d'amour pour son Créateur. Ce test est, en fait, le 1e commandement.
Mais Adam transgresse la loi de Dieu. Donc, le premier péché est la transgression de la première loi. Cette première transgression est donc une trahison cosmique. C'est quoi le péché ? Le péché est une trahison cosmique.
Pourquoi une trahison cosmique ? Parce qu'Adam a été créé comme le fils de Dieu. Il a été créé le roi de la Terre, créé pour régner sur le monde (le cosmos). Donc, Adam, ce fils de Dieu sur terre, a rejeté tout ce que Dieu lui avait donné pour un fruit. Pour une fausse promesse. Pour un mensonge. Il a écouté le diable. Lui, le roi de Dieu sur Terre, le fils de Dieu, est entré en communication avec l'ennemi de Dieu. Il s'est laissé séduire par le diable. Plutôt que d'aimer seul son Créateur, il a mis son amour sur ce fruit. Plutôt que de faire confiance à son Créateur, il a fait confiance au serpent. Il a mangé le fruit. Il a changé de camp. Il est devenu un traître. Le péché est une trahison cosmique.
Il faut bien saisir cette vérité, mes amis, pour bien comprendre le reste de la bible. En péchant en Adam, nous avons craché au visage de notre tendre Créateur. Il voulait vivre en harmonie avec nous, comme un Père avec son fils. Mais nous avons préféré la guerre. Il nous avait donné toutes ces bonnes choses pour notre plaisir et nous les avons piétinées en lui rigolant au nez. Par contre, chez Satan, l'ennemi de Dieu, nous n'avons trouvé que des qualités. Il nous a parlé et nous l'avons écouté attentivement. Notre cœur était bien disposé envers lui. Sa parole avait de la valeur à nos yeux. Nous l'avons crue. Nous lui avons obéi. Nous l'avons suivi avec empressement. Nous avons accepté son joug avec joie. Nous avons fait de lui notre maître. Nous sommes coupables d'une trahison cosmique.
Par notre choix, nous avons évalué la loi de Dieu comme étant sans aucune importance. Nous avons considéré la Parole de Dieu comme peu fiable. Nous avons jugé la présence de Dieu comme étant sans valeur, comparé à ce beau fruit ! Nous avons préféré un menteur au Dieu trois fois saint. Bref, nous avons échangé la gloire de Dieu pour un mensonge. Nous avons changé de camp. Nous nous sommes alliés avec l'ennemi de Dieu. Nous sommes donc en guerre contre Dieu et Dieu est en guerre contre nous, car nous sommes coupables d'une trahison cosmique. Le péché est une trahison cosmique.

B. Le péché est d'une gravité infinie
Le péché est d'une gravité infinie, parce que le péché est la transgression de la loi de Dieu et ce Dieu est d'une valeur infinie. Le péché est d'une gravité infinie, car Dieu est d'une valeur infinie. Si je mens à un ami, ce péché est grave. Mais il n'est pas d'une gravité infinie, car mon ami n'a pas une valeur infinie. La raison que tout péché est d'une gravité infinie est que tout péché transgresse la loi d'un Dieu qui est d'une valeur infinie.
De plus, Adam a été créé à l'image de Dieu. Il était sensé refléter les attributs de son Créateur parfait. Il était l'ambassadeur de ce Dieu qui est d'une valeur infinie. Adam était son porte-drapeau, son représentant sur terre. Mais Adam a transgressé la loi de Dieu et nous aussi.
Mais vous me direz peut-être : d'accord, je comprends que le péché est la transgression de la loi de Dieu et je comprends que le nom de Dieu est inestimable. Mais, je ne comprends pas comment tu arrives à dire que le péché est d'une gravité infinie.
OK. Prenons un exemple pour illustrer. Pourquoi est-ce que le vol est un péché ? On répondra, parce que c'est un commandement de ne pas voler. Mais, justement, pourquoi est-ce un commandement de ne pas voler ? On répondra, parce que cela fait un tort à notre prochain.
C'est vrai, mais ce n'est pas la raison que le vol est un péché. Dieu ne fixe pas ses commandements en pensant à nous. Les commandements de Dieu reflètent sa nature. Donc, le vol est un péché parce que Dieu n'est pas un voleur. Quand l'homme vole, il ment sur Dieu. Il proclame par son péché que le Dieu qu'il représente, le Dieu qu'il est sensé refléter est aussi un voleur. Et c'est pour cette raison aussi que l'adultère est un péché, non pas parce que cela cause un tort à notre épouse ou époux, mais parce que Dieu n'est pas infidèle. Quand l'image de Dieu commet l'adultère, il ment sur Dieu. Il proclame par son péché que le Dieu qu'il représente, le Dieu de qui il est l'image est aussi infidèle. Quand nous péchons donc, nous mentons sur Dieu. Nous proclamons, par notre comportement, que Dieu est un menteur et un voleur et un Dieu infidèle. Il n'y a pas de péché plus grave que celui-là. Faire passer Dieu pour un pécheur, c'est profaner son nom. C'est une violation du 3è commandement. Et puisque le nom de Dieu a une valeur infinie, dénigrer ce nom est d'une gravité infinie. Voilà pourquoi le péché est d'une gravité infinie.
Donc, j'affirme que puisque Dieu nous a créés à son image pour refléter ses attributs, quand nous péchons nous proclamons haut et fort à toute la création que le Dieu que nous représentons est exactement comme nous. Nous trainons le nom de Dieu dans la boue, ainsi, toute la journée et tous les jours par notre péché. Dieu est d'une valeur infinie, mais toute l'humanité, toute la journée, tous les jours dénigrent la valeur de Dieu ainsi. Toute l'humanité, toute la journée, tous les jours méprise la gloire de Dieu ainsi Mais le problème pour nous est que Dieu est jaloux de sa gloire. Il est jaloux de son nom. Il ne supporte pas que l'on profane son nom ainsi. C'est un énorme problème. Un énorme problème. C'est un problème insondable !
Ce qui est extraordinaire c'est que nous, les hommes, ne trouvons rien de grave à tout cela. Mais vraiment rien ! La suggestion même qu'il y a un problème nous surprend. C'est le plus grand problème de l'univers et nous n'y voyons aucun problème. Pourtant, nous trouvons beaucoup de problèmes dans ce monde. Nous sommes préoccupés par la justice sociale, par l'environnement, par la politique, par notre propre confort. Mais combien de nous passons des nuits blanches parce que nous profanons sans cesse le nom de Dieu ? Combien de nous n'arrivons pas à trouver le sommeil, parce que Dieu nous traite trop bien ? Combien de nous faisons des cauchemars à l’idée que Dieu donne l'impression que notre désobéissance à sa loi ne soit pas très grave à ses yeux ? Combien de nous faisons de crises d'angoisse parce que Dieu semble nous préférer à sa réputation ? Combien de nous passons nos journées sidérés que ce Dieu sur qui nous mentons sans cesse nous laisse en vie ?
Nous sommes coupables de trahison cosmique, mais nous dormons très bien, merci. Notre péché est d'une gravité infinie, et cela ne nous pose aucun problème, mais vraiment aucun. L'homme n'a pas la moindre idée à quel point son péché est grave. Mais la réalité est que chaque fois que nous péchons nous crions sur les toits à toute la création : « regardez à quel point le Dieu que je représente est un menteur et un voleur et un infidèle comme moi ! »
Comme le dit très justement Paul Washer : ton péché est si dégoûtant que la dernière chose que tu entendras quand tu descendras en enfer, sera la création toute entière applaudissant Dieu d'avoir débarrassé la terre d'une personne aussi vile que toi. Oui, nous sommes viles. Nous sommes des traîtres contre notre Créateur infiniment bon.
C'est quoi le péché ? Le péché est la transgression de la loi (1 Jean 3:4). Et la loi est celle d'un Dieu parfait et les transgresseurs sont ses créatures, créés à son image. Donc, le péché est une trahison cosmique et le péché est d'une gravité infinie. Mon ami, peut-être personne ne t'a jamais dit cela, mais je te le dis et c'est la vérité. Tu es un traître cosmique. Si tu comprenais ton état, tu supplierais Dieu avec des larmes d'angoisse d'avoir pitié de ton âme !

2. Comment est-il transmis ?
Le péché d'Adam n'a pas affecté qu'Adam, mais son péché a eu des conséquences pour toute la création et pour tous les hommes. Mais comment est-ce que ça marche ? Comment est-ce que le péché d'Adam a-t-il pu contaminer le reste de la création ? Certains chrétiens pensent que le péché a un pouvoir mystique et qu'il a infusé seul dans la création et l'a ainsi contaminée. Mais, le péché n'a pas ce pouvoir. C'est Dieu qui a maudit la création à cause de la désobéissance d'Adam. [Dieu] dit à l'homme: Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l'arbre au sujet duquel je t'avais donné cet ordre: Tu n'en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi (Gen. 3:17). A cause du péché d'Adam, Dieu a soumis la création à la vanité, car la création a été soumise à la vanité, - non de son gré, mais à cause de celui qui l'y a soumise (Rom. 8:20). Voilà pourquoi il y a des tremblements de terre, des catastrophes naturelles, parce que la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement (Rom. 8:22). Dieu, en voyant la trahison d'Adam, l'a rejeté et toute sa création avec lui, en la maudissant. Adam était le maître de la création. Maintenant la création œuvre contre l'homme. Elle lui donne des ronces et des mauvaises herbes. A la fin elle l'engloutira, car il retournera à la poussière. C'est donc la malédiction de Dieu qui explique la corruption de la création.
Mais qu'en est-il du péché des hommes ? Comment est-ce que le péché d'Adam a-t-il pu contaminer le reste des hommes ? Comment est-ce que le péché d'un homme a-t-il pu infecter tous les autres ?
Adam est notre père. Adam signifie 'homme'. Adam est aussi notre chef, notre représentant. En testant Adam, Dieu teste la race humaine. Il nous représente auprès de Dieu, car il est le premier des hommes, notre père à tous. Il parle en notre nom et agit en notre nom. Ce principe peut nous surprendre, mais il existe encore aujourd'hui. Quand le Président de la République parle et agit, ce qu'il dit engage la France, et donc les français, et donc nous. Par exemple, s'il déclare la guerre, nous sommes tous en guerre, l'ennemi ne distingue pas entre lui et nous. C'est pareil avec Adam. Quand Adam pèche, nous devenons tous coupables.
Pourquoi avoir un représentant pour ce test ? Parce que Dieu agit avec les hommes par alliance. Il en désigne un pour représenter le groupe. Noé, Abraham, Moïse et Jésus sont les représentants de leurs alliances. Un très bon exemple de ce principe vient de la conquête de la Terre Promise. Il s'agit du vol d'Acan (Josué 7) : Acan, fils de Carmi, fils de Zabdi, fils de Zérach, de la tribu de Juda, prit des choses dévouées. Et que lit-on ensuite ? Et la colère de l'Éternel s'enflamma contre les enfants d'Israël. A cause du péché d'un seul homme, l'Eternel se met en colère contre toute Israël. Et, non seulement cela, mais quand le vol d'Acan est découvert, nous lisons que non seulement Acan est lapidé, mais aussi .. les fils et les filles d'Acan, ses bœufs, ses ânes, ses brebis, sa tente, et tout ce qui lui appartenait, … Et tout Israël les lapida (Josué 7:24). A cause du péché d'Acan on tue aussi ses enfants et ses animaux. Pourquoi ? Parce qu'en tant que chef de famille, Acan les représente tous. Attention, Acan ne représente pas sa famille dans leur salut, (des ânes ne peuvent pas hériter la vie éternelle). Acan les représente dans l'alliance que Dieu a faite avec eux pour conquérir la terre promise (Deut 4:1). Et justement, le vol d'Acan a lieu pendant la conquête de la terre promise. Il a transgressé cette alliance. Voilà pourquoi lui, sa famille et ses animaux sont empêchées d'entrer dans la Terre Promise. Ceci peut nous choquer avec notre philosophie individualiste aujourd'hui, mais c'est comme cela que Dieu agit avec son peuple. Il agit par alliance et donc par le principe de représentation dans l'alliance.
C'est le même principe avec nous et Adam, non pas dans une alliance pour posséder un pays, mais dans une alliance pour posséder la vie éternelle. Adam est là pour nous représenter tous. S'il réussit le test, nous réussissons tous. On peut penser qu'il aurait eu le droit de manger le fruit de l'arbre de la vie s'il avait réussi le test, et sa progéniture avec lui. Mais, il a péché. Et en péchant il fait entrer le péché dans ce monde. Par un seul homme le péché est entré dans le monde (Rom. 5:12). Le résultat du péché d'Adam c'est que nous sommes tous des pécheurs. Par la désobéissance d'un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs (Rom. 5:19). Et à cause de sa désobéissance, nous mourons tous, Car, puisque la mort est venue par un homme, c'est aussi par un homme qu'est venue la résurrection des morts (1 Cor. 15:22). Plutôt que de donner la vie, Adam ne peut donner à sa progéniture que le péché, la malédiction et la mort. Pour parler clairement, le virus du péché t'est véhiculé par le spermatozoïde de ton papa. Tout ce que tu dois faire pour aller en enfer c'est naître.
J'affirme donc que les acteurs de Genèse 3 sont des représentants. Il y a plusieurs preuves pour ce que je dis. La preuve qu'Adam nous représente est que malgré le fait que le diable était déjà un pécheur et malgré le fait que chronologiquement c'est Eve qui pèche en premier, Paul dit que le péché est entré dans le monde par Adam, Par la désobéissance d'un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs (Rom. 5:19). La preuve, plus généralement, que les acteurs de Genèse 3 sont des représentants d'autres est que ce n'est pas uniquement Adam qui doit travailler dure, mais tous les hommes. Ce n'est pas uniquement Eve qui doit souffrir en accouchant, mais toutes les femmes. Et ce n'est pas uniquement ce serpent-là qui doit ramper par terre, mais tous les serpents.
Donc, Adam nous représente ici. Mais, il y a autre chose. Dans Romans 5:12 Paul dit, la mort s'est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché. Je pense qu'il est légitime d'ajouter que puisque Paul dit que 'tous ont péché', et non pas que 'tous pèchent', que cela signifie que nous étions en Adam comme sa semence, péchant avec lui (voir Heb. 7:9-10). C'était la conviction d'Augustin, et de de Luther. Nous étions là en Adam, affirmant son péché avec lui. Et chaque fois que nous péchons, nous montrons que nous affirmons et approuvons le péché d'Adam.
Donc, la chute d'Adam était grande. Elle a eu des répercussions radicales et historiques pour toute l'humanité. C'est le péché originel. Un péché originel qui a contaminé et qui condamne toute l'humanité. Bref, en tant que chef de la création, quand Adam a péché, toute la création a été poussée dans l'abîme. Des hommes souffrent, des femmes souffrent, des enfants souffrent, des éléphants souffrent, des chats souffrent et des oiseaux souffrent aujourd'hui à cause du péché d'Adam, leur chef. Certainement, la chute d'Adam était grande.
Mais, est-ce juste que nous payons tous à cause de la faute d'un seul homme ? D'ailleurs, n'y a-t-il pas des passages dans la bible qui contredit l'idée de la représentation et donc du péché originel ? Par exemple, en Ezéchiel Dieu dit : L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra. Le fils ne portera pas l'iniquité de son père, et le père ne portera pas l'iniquité de son fils. La justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui (Ezéchiel 18:20). En effet, dans ce passage Dieu enseigne aux Israéliens ce principe important et juste, à savoir que c'est le pécheur qui paiera pour ses propres péchés et que l'on ne paiera pas pour les péchés d'un autre. Mais, il est évident que nous ne pouvons pas faire de ce principe une règle absolue. Pourquoi pas ? Car, si on veut utiliser ce texte pour prouver qu'Adam n'a pas pu nous représenter, alors on prouverait trop de chose. C'est-à-dire que l'on 'prouverait' aussi que l'autre principe biblique qui est la substitution pénale est aussi impossible. Car, s'il n'est jamais possible pour une personne de souffrir pour les péchés d'une autre, alors Jésus n'a pas pu souffrir pour les nôtres. Donc, nous n'avons pas de Sauveur. Insister trop sur ce principe détruit l'évangile.
Comment expliquer ce passage d'Ezéchiel, alors ? Comment expliquer cette contradiction apparente entre le rôle d'Adam et le principe d'Ezéchiel ? Il faut voir le contexte de ce passage. Dans le deuxième verset Dieu demande : Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d'Israël: Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées ? Les Israéliens disent que puisque le père a péché (mangé des raisins verts), son fils est puni pour le péché de son père (les dents du fils sont agacées). Autrement dit, si les enfants souffrent en exile en Babylone, c'est à cause des péchés de leurs pères. Mais, Dieu ne veut plus qu'ils disent ce proverbe. Pourquoi ? Parce que, comme l'argumentation de Dieu le montre dans le reste du chapitre, les Israéliens utilisent ce proverbe pour ne pas se repentir. Ce proverbe est pour eux un prétexte pour continuer dans leur péché. Après tout, selon ce raisonnement fataliste, si un Israélien souffre à cause des péchés de son père, pourquoi se repentirait-il, car le mal est déjà fait. Même s'il se repentait, ses souffrances ne s'arrêteraient pas, car il souffre à cause de péchés déjà commis. De plus, ce raisonnement est une insulte à la miséricorde de Dieu. Car Dieu a toujours montré dans l'histoire d'Israël que si son peuple se repent, en dépit des péchés terribles de leurs ancêtres, Dieu leur pardonne. Dieu pardonne toujours à celui qui se repent. Si le fils se repent, il ne sera pas jugé pour les péchés de son père. Voilà pourquoi Dieu ne veut plus qu'ils disent ce proverbe.
Alors, comment se fait-il que nous souffrons à cause des péchés d'Adam, à la lumière de ce passage ? Et d'ailleurs, comment se fait-il que Jésus a pu souffrir pour nos péchés, à la lumière de ce passage ? Car Adam et Jésus ont un point en commun que le père israélien n'a pas. Ils sont chacun à la tête d'un peuple. Ils représentent tous les deux deux peuples différents. L'humanité pour Adam et une nouvelle humanité pour Jésus. Ce sont des présidents, des chefs dans l'alliance du salut. Le père pécheur israélien n'est pas le représentant de son fils en ce qui concerne son salut. Chacun sera jugé pour ses propres péchés. Mais Adam était bien le représentant de la race humaine lors de son test pour la vie éternelle. Il a échoué et nous échouons avec lui. Et Jésus est bien le chef de son peuple en ce qui concerne la vie éternelle. Sa résurrection est notre résurrection.
Mais, comment est-ce que ce principe de représentation peut-il être juste ? Comment est-ce que c'est juste pour un bébé de mourir aujourd'hui à cause d'un péché commis par un homme il y a des milliers d'années ? En effet, j'avais un pasteur qui disait qu'il a hâte de voir Adam au paradis pour lui dire ce qu'il pense de lui, car s'il avait été à la place d'Adam, il n'aurait jamais péché ! Evidemment, il trouvait injuste que ce raté d'Adam le représente lui, un homme si bien ! Mais, ce que mon pasteur n'avait pas compris est que quand Dieu a choisi Adam pour nous représenter, il l'a fait parfaitement. Son choix est infaillible. Adam me représente de façon parfaite et infaillible. Non pas parce qu'Adam est parfait, mais parce que Dieu l'est. Il est donc impossible que je puisse être mieux représenté que par Adam. Donc, si mon pasteur avait été à la place d'Adam, il aurait fait comme lui. Donc, ce principe est on ne peut plus juste, car Dieu est juste.
Soyons clair, le péché d'Adam n'était pas un accident. Il n'a pas glissé, il a sauté volontairement dans l'abîme, malgré tous les avertissements de Dieu. Et quand il a sauté, nous avons sauté avec lui. Dieu ne nous a pas poussés. Il ne nous a pas trompés. La faute est avec nous et nous seuls. Ce n'est pas le cas qu'Adam a mangé des raisins verts, et que nos dents en ont été agacées. Ce sont nous qui avons tous mangé les raisins verts en Adam. C'est pour cela que nos dents en sont agacées.

3. Quels sont ses effets ?
Les effets du premier péché sur le reste des hommes est un sujet qui a été âprement débattu dans l'histoire de l'église. Ce débat a donné naissance à 3 doctrines différentes : le pélagianisme, l'arminianisme, et le calvinisme.
A. Le pélagianisme est une doctrine développée au 4ème siècle par le moine britannique Pélage. Le pélagien rejette plus au moins tout ce que j'ai dit plus haut. Pour lui, il n'y a ni représentation de nous par Adam, ni péché originel. Selon le pélagien, les effets du péché d'Adam sur nous sont minimes. Par exemple, pour eux, tout bébé naît innocent, libre de la corruption et donc de la culpabilité du péché d'Adam. Ceci est possible, car, selon eux, Dieu créé chaque âme individuellement et donc sans le péché de son père. Chaque homme est un nouvel Adam. Et si nous mourons tous, c'est n'est pas à cause du péché d'Adam, mais parce que nous péchons nous-même. (La mort des bébés est un problème pour le pélagien).
Il en résulte donc que l'homme est essentiellement bon et peut donc même être l'auteur de son propre salut. En effet, il est, en théorie, possible pour un homme de vivre une vie sans péché et donc de ne pas avoir besoin d'un Sauveur. Cette doctrine a été condamnée comme une hérésie dès son apparition. Cela n'empêche pas certains chrétiens de lire des livres écrits par ces hérétiques, Charles Finney, par exemple, était pélagien. Mais ses livres sont vendus par des librairies chrétiennes et lus par des chrétiens.
B. L'arminianisme est une doctrine fondée au 16ème siècle par le théologien hollandais Jacobus Arminius. A la différence du pélagianisme, L'arminianisme dit que l'homme a bien été contaminé par le péché d'Adam, mais pas suffisamment pour lui enlever sa capacité à faire le bien. Par exemple, le péché d'Adam n'a pas corrompu l'homme à un tel point qu'il lui soit impossible de choisir de se repentir. La volonté de l'homme est intacte. On parle d'un libre-arbitre chez l'homme. N'importe quel homme peut décider de suivre Jésus, s'il en a le désir. Puisque mon prochain message sera consacré dans sa totalité à la question du libre-arbitre, je ne vais pas m'étaler trop sur le sujet ici.
C. Le calvinisme est une doctrine systématisée par Jean Calvin, le théologien picard au 16ème siècle. Des 3 doctrines, c'est le calvinisme qui considère que les effets sur nous du premier péché sont les plus graves. Pour décrire les effets du péché d'Adam sur les hommes, le calvinisme a inventé une expression : la dépravation totale de l'homme. C'est ma position.
Qu'est-ce que signifie la doctrine de la dépravation totale de l'homme ? Elle ne signifie pas que l'homme est aussi corrompu que possible. L'homme n'est pas un démon, car Dieu restreint activement et constamment son péché. Elle dit que l'homme dans sa totalité a été infecté par le péché. Sa dépravation est totale dans la mesure où il n'y a aucune partie de lui qui n'est pas corrompue par le péché. Le théologien calviniste Wayne Grudem dit ceci : ce n'est pas juste que certaines parties de nous sont touchées par le péché. Mais plutôt que chaque partie de notre être est affecté par le péché ; notre intelligence, nos émotions et désirs, notre cœur (le centre de notre capacité à prendre des décisions) nos buts et nos motivations, et même notre corps. (Grudem, Systematic Theology p. 497). Mais est-ce biblique ? Oui, L'Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal (Gen. 6:5).
Pour le calviniste, l'homme est esclave du péché : En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché (Jean 8:34). Car, lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l'égard de la justice (Rom. 6:20).
Pour le calviniste, l'homme est mort dans ses péchés. Vous qui étiez morts par vos offenses .. (Col. 2:13).
Et pour le calviniste, de tout ceci aucun homme n'est exempt : Il n'en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul. (Rom. 3:10).
Selon le calvinisme donc, nous sommes pécheurs de 3 façon différentes : (i) le péché d'Adam nous est imputé. Dans les pensées de Dieu (donc dans la réalité ultime) c'est comme si nous avions mangé le fruit. Nous sommes donc coupables. Nous étions par nature des enfants de colère (Eph. 2:3). (ii) Nous héritons le péché d'Adam par notre propre père. Le péché est un virus anti-Dieu dans nos gènes. Quand nous dormons, nous péchons. Nous sommes tous comme des impurs (Esaïe 64:6). (iii) Nous péchons nous-mêmes. Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Rom. 3:23).
En somme, les effets du péché d'Adam sur l'homme le rendent totalement dépravé. L'homme déteste Dieu. Cela signifie que si Dieu ouvrait les portes de l'enfer et proposait à tous ceux qui y souffrent de sortir tout de suite et pour toujours à condition de s'agenouiller devant Jésus et de le confesser comme Seigneur, ces gens blasphémeraient Dieu, claqueraient la porte et resteraient en enfer.

Conclusion
Ce sont de très mauvaises nouvelles ! Oui, et c'est la vérité. Mais il y a une très bonne nouvelle. Car si le péché est le seul problème de l’humanité, la seule solution c'est l'évangile de Jésus Christ. Jésus a pris sur la croix les péchés de son peuple. Le sacrifice de Jésus est plus fort que le péché. Dieu a jugé le péché en Jésus. Puis il l'a ressuscité des morts. Donc, mon ami, si tu crois en Jésus, tous tes péchés seront effacés. Dieu te pardonnera de tout. De plus, grâce à la perfection de Christ (le deuxième Adam) Dieu te comptera comme étant parfait. Ça c'est l'évangile de Jésus-Christ.




mardi 3 février 2015

L’Homme


Genèse 1:26-28.




Introduction

Si jamais il y avait des phrases pleines de signification pour l'humanité, c'est bien les versets 26, 27 et 28 de Genèse 1. Ces 3 versets disent plus sur l'humanité que tous les livres philosophiques réunis. Ces versets sont tellement importants que la bible inclut un commentaire inspiré de Dieu sur ce passage. Le Psaume 8 est un commentaire sur ce passage.

Dans ce message je ne vais que gratter la surface de tout ce que ce passage contient comme enseignement pour nous les hommes, mais même en ne grattant que la surface, je vais dire plus de vérités sur l'homme que vous trouverez dans la Bibliothèque Nationale de France. Pourquoi ? Parce qu'ici nous avons ce que le Dieu-Créateur dit sur l'homme qu'il a créé. Cette information est unique, inégalée, inestimable. C'est de l'or pur.

Je vais examiner ce que Dieu dit sur la création de l'homme, sur son image, sur sa constitution et sur son destin. (Je précise que quand j'utilise le mot 'homme', je comprends tous les êtres humains, sans exception).



Sa Création

Dieu a créé Adam et Ève, les premiers êtres humains. Adam et Ève étaient de vraies personnes. Ils ont vraiment existé. Les généalogies dans la bible le prouve. Selon l'historien Luc, Adam est l'ancêtre de Jésus (Luc 3:24). Cette histoire n'est pas une parabole. C'est un récit historique. Jésus l'a compris comme un récit historique. Nous ne sommes pas plus intelligents que le Fils de Dieu.

En créant Adam et Ève, Dieu achève son œuvre de création. Avant la création de l'homme, Dieu construisait le décor de sa pièce de théâtre. L'univers est le théâtre. La terre est la scène. Et ici les acteurs apparaissent. L'homme est l'acteur. L'humanité est le spectacle. Les hommes agissent pour mettre en valeur le Dieu-Créateur, le metteur-en-scène suprême.

Les scientifiques passent leur temps à étudier la scène, mais l'homme est plus grand que la scène. La preuve en est qu'avant la création de l'homme, Dieu crée par décret. Il dit et cela se fait. Mais pour créer l'homme nous voyons quelque chose d'unique ; Dieu fait comme une pause dans son œuvre pour se consulter en tant que trinité. Nous avons ici une délibération dans la sainte trinité pour créer l'homme : faisons l'homme à notre image (V27). De plus, Dieu crée l'homme individuellement. Ceci aussi est unique. Dieu ne crée pas les animaux individuellement. Il parle et ils existent tous ensemble. Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce ... Et cela fut ainsi (Gen. 1:24). Mais Dieu forme lui-même l'homme de la poussière de la terre et il souffle dans ses narines le souffle de vie (2:7). C'est une création personnelle. Et ce tas de poussière prend vit. Il ouvre les yeux et commence à penser. C'est le miracle du souffle du Dieu-Créateur. Donc, l'homme est le summum de la création. L'homme est le chef-d’œuvre de Dieu. Avant la création de l'homme, Dieu dit que sa création est 'bonne'. Mais, avec la création de l'homme, Dieu dit que sa création est 'très bonne'. L'univers est bon, mais l'homme est le bijou dans la création de Dieu. Tu l'as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l'as couronné de gloire et de magnificence (Psaume 8:5).

Et Adam a été créé pour connaître son Créateur. En créant Adam, Dieu n'a pas créé un esclave, mais un fils. Ce fait est incroyable. Dieu veut qu'Adam et Ève le connaissent comme leur Père. Et comment Dieu fait-il pour qu'Adam et Ève le connaisse ? Tout simplement, il leur parle. Ils entendirent la voix de l'Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir (Gen. 3:8). Contrairement à ce que certains chrétiens disent, il n'y a pas de rencontres mystiques entre Adam et Dieu dans le Jardin d’Éden. Car, il n'y a rien de plus profond que la pensée. Et Dieu et l'homme communiquent leurs pensées avec des mots. Ils se parlent. Et ceci est rendu possible parce qu'Adam et Ève ont reçu de Dieu l'intelligence et le langage pour pouvoir communiquer avec lui. Ceci explique comment Adam peut comprendre le sens du mot 'mourir' (car le jour où tu en mangeras, tu mourras). Adam n'avait jamais vu la mort, mais il comprend la menace de Dieu, car Dieu lui a donné l'intelligence de comprendre. La catégorie 'la mort' existe déjà comme idée en lui dès sa création. Car cette intelligence vient du souffle de Dieu. Mais en réalité, dans l'homme, c'est l'esprit, Le souffle du Tout Puissant, qui donne l'intelligence (Job 32:8). Dieu a délibérément créé l'homme pour qu'il soit capable de comprendre une révélation de sa part.

A sa création donc, l'homme est intelligent. Il est aussi innocent. Adam et Ève à leur création sont un cas humain unique. Ils n'ont pas une nature pécheresse, (comme nous l'avons). Ils ne sont pas, non plus, glorifiés et donc incapables de pécher, (comme nous le serons). Ils sont innocents, c'est-à-dire qu'ils n'ont jamais péché, et ils ont le pouvoir moral de ne pas pécher (contrairement à nous), mais aussi ils sont capables de pécher. Ce sont les seuls êtres humains qui ont un libre-arbitre. Ensuite, Dieu leur communique sa loi. Tant qu'ils gardent la loi de Dieu, Adam et Ève vivent dans une innocence heureuse.



Son Imago Dei

Dieu créa l'homme à son image (V 27). Adam et Ève ne sont pas comme les animaux. Ils sont à l'image de Dieu. Et cette image n'a pas été perdue avec la chute de l'homme, car Dieu réaffirme cette vérité après le Déluge (voir Gen. 9:6).

Qu'est-ce que cela signifie de dire qu'Adam et Ève sont l'image de Dieu ? Tout d’abord, on peut dire que cela ne signifie pas qu'ils sont comme Dieu dans leur être. Nous ne sommes pas des "petits dieux" comme disent ceux qui enseignent l'évangile de prospérité (je donne le nom des plus connus d'entre eux, car ces loups ont de plus en plus d'influence, même parmi les évangéliques : je parle de la chaine TBN en générale, et en particulier de Benny Hinn, Joyce Meyer, Creflo Dollar, Paula White, Kenneth Copeland, Kenneth Hagin ...). Soyons clairs, seul l'homme Jésus était comme Dieu dans son être, dans sa nature. Nous ne le serons jamais.
Alors, qu'est-ce que c'est précisément l'image de Dieu en l'homme ? Dans l'histoire, les chrétiens ont donné des réponses diverses et parfois bizarres à cette question.

Une des plus bizarre est que l'image de Dieu est le corps de l'homme. Cette idée dit que nous sommes l'image de Dieu, parce que nous marchons debout. Mais les pingouins aussi marchent debout. Non, Dieu est esprit. Notre corps ne peut donc pas être l'image de Dieu.

D'autres ont dit que le libre-arbitre de l'homme est l'image de Dieu. Je crois que depuis Adam, personne n'a de libre-arbitre. Mais je consacrerais un message entier à ce sujet un peu plus tard.

D'autres encore disent que l'image de Dieu chez l'homme c'est sa domination sur la création. C'est le fait que Dieu a donné à Adam autorité sur les animaux qui fait qu'il est l'image de Dieu. Ainsi, Adam règne sur la terre comme Dieu règne sur tout. Mais cet enseignement donne à l'image de Dieu un sens fonctionnel et nous verrons que cette idée est dangereuse. De plus, cet enseignement inverse l'ordre des choses. Quand Dieu donne la domination à Adam (V 28), Adam a déjà été créé à l'image de Dieu (V 27). La domination ne peut donc pas être l'image de Dieu. Au contraire, l'homme reçoit la domination sur la création précisément parce qu'il est déjà l'image de Dieu.

Je pense que l'image de Dieu peut être définie comme suit : l'image de Dieu est ce qui fait que l'homme est une personne rationnelle et morale. Les 3 mots sont importants.

A. L'homme est un être personnel. Ainsi, il reflète son Dieu-Créateur qui est, lui aussi, un être personnel. Nous pouvons communiquer avec d'autres personnes uniquement parce que nous sommes créées à l'image de ce Dieu qui est trinité. Dieu existe depuis toute éternité en trois personnes vivant dans une communication parfaite. Si ceci n'était pas le cas, la communication en tant que telle serait impossible. L'homme, donc, est une personne capable d'une relation personnel avec Dieu tout d'abord et ensuite avec ses semblables.

B. L'homme est un être rationnel. Dieu est logique. Jésus est le logos. Il a donc créé un homme comme lui. Quand Dieu dit à Adam de ne pas manger le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, Adam devait pouvoir comprendre ce message. Pour comprendre ce message il doit avoir un raisonnement logique. Si Adam avait été créé irrationnel, quand Dieu dit 'ne mange pas' Adam aurait pu comprendre 'mange'. Cette intelligence chez l'homme fait partie de l'image de Dieu. C'est pour cette raison que quand la bible nous différencie des animaux, elle dit qu'ils sont sans intelligence. Ne soyez pas comme un cheval ou un mulet sans intelligence (Ps. 32:9).


C. L'homme est un être moral. Quand Dieu dit à Adam de ne pas manger le fruit, Adam sait que d'obéir à Dieu est bien et de lui désobéir est mal. Il possède en lui l'idée d'un bien objectif et d'un mal objectif. Car Dieu a écrit l'oeuvre de la loi dans leurs cœurs, l'oeuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs (Rom. 2:15). Ceci est confirmé par le fait qu'après avoir désobéi, Adam en a honte et se cache de Dieu. Il se cache car il se sait coupable. Cette idée de justice vient de Dieu. Ainsi, il reflète son Créateur. L'homme est un être moral, car son Dieu n'est pas amoral. L'image de Dieu est donc ce qui fait que l'homme est une personne rationnelle et morale.
Dieu a donc placé l'homme sur la Terre pour le refléter lui. Dieu est esprit, mais il voulait que ses attributs soient visibles sur la Terre. L'homme est là pour être le miroir de Dieu.
Puisque l'homme est créé à l'image de Dieu, cela implique au moins 3 choses pour nous, hommes et femmes, aujourd'hui.




(i) Puisque Dieu a créé l'homme à son image, et puisque l'image n'est pas la domination, cela implique que l'image de Dieu est structurale et non pas fonctionnelle. Autrement dit, nous sommes l'image à cause de qui nous sommes et non pas à cause de ce que nous faisons. Il y a des philosophes aujourd'hui qui disent qu'un être humain ne qualifie pour l'étiquette de 'personne' que lorsqu'il peut remplir certaines fonctions. C'est l'utilitarisme. La valeur d'une personne est déterminée par son utilité à la société. On voit les conséquences dangereuses qu'une telle philosophie pourrait avoir pour les bébés, les handicapés et les personnes âgées. Récemment, l'athée militant, Richard Dawkins a dit sur Twitter que 80% des tous les bébés trisomiques en Europe sont avortés. Il a conclu que : 'si une femme a le choix d'avorter un bébé trisomique et ne le fait pas, elle agit de façon immorale'. Une mère qui refuse de tuer son bébé est jugé immorale par l'utilitariste. Pourquoi ? Parce pour l'utilitariste un trisomique est 'inutile'. Quand ils rejettent la vérité biblique, il ne leur reste que la barbarie.

La position de la bible est que celui qui est biologiquement humain, est un être humain, et celui qui est un être humain, est l'image de Dieu, peu importe son utilité. Selon la bible, ceux que nous déshumanisons aujourd'hui en appelant des 'fœtus' sont en réalité des 'enfants'. Car en parlant des bébés dans le ventre de Rébecca, la bible dit : Les enfants se heurtaient dans son sein (Gen. 25:22). Et tuer un enfant, c'est tuer un humain. Tuer un humain, c'est tuer l'image de Dieu. Cela signifie donc que l'avortement et l’euthanasie sont justes d'autres mots pour parler de meurtres avec préméditation.

(ii) Puisque Dieu a créé Adam à son image et Ève à son image, cela implique que les hommes et les femmes sont donc égaux. L'homme n'est pas supérieur à la femme. La femme n'est d'aucune manière inférieure à l'homme. Ils sont tous les deux dans la même mesure l'image de Dieu. Cependant, ils ont différentes fonctions sur terre, notamment dans la famille (un homme ne peut pas avoir d'enfant) et dans l'église. Ils sont égaux dans leur êtres et complémentaires dans leur rôles.

Puisque Dieu a créé Adam à son image et Ève à son image, cela signifie aussi que le sexe est une partie intégrale de l'humanité. Dieu n'a pas créé une personne androgyne pour ensuite lui donner un sexe. Dès le commencement, il les a créé homme et femme. Le sexe de la personne est déterminé par l’anatomie physique que Dieu lui a donnée. Donc, c'est Dieu qui décide qui naît homme et qui naît femme. Ce n'est vraiment pas très compliqué : si on a une anatomie d'homme, on est un homme. Ceux qui veulent changer de sexe ou ceux qui veulent séparer le sexe et le 'genre' sont en rébellion contre l'ordre créé et donc contre le Dieu-Créateur.

(iii) Puisque Dieu a créé l'homme à son image, cela implique-t-il que l'homme a des droits inhérents et inaliénables ? C'est la position de la Constitution française et européenne. Elles considèrent que l'être humain, parce qu'il appartient à l'espèce humaine, dispose de droits inhérents et inaliénables. La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme des Nations Unies reprend cette idée : Tout individu a droit à la vie [et] à la liberté (Article 3). Et c'est aussi la position de beaucoup de chrétiens.

Mais ces droits inhérents et inaliénables ne peuvent pas être la conséquence d'être l'image de Dieu, car la bible ne parle pas des droits de l'homme. Par contre, elle parle de la loi de Dieu. Et les deux sont liés. Je m'explique ; quand Dieu dit dans sa loi : 'tu ne tueras point', cela implique nécessairement que chaque homme a le droit à la vie. Mais ce droit n'est ni inhérent, ni inaliénable, il est imputé (ou octroyé) par Dieu. Nous avons ce droit parce qu'il nous l'a donné dans sa loi. Et quand Dieu dit : 'tu ne voleras point', cela implique nécessairement que chaque homme a le droit octroyé par Dieu à la propriété privée. Donc, la loi de Dieu donne des droits aux hommes ; droit à la vie et à la propriété privée, entre autres. Mais, ces droits ne sont pas inhérents, mais octroyés. Ils ne sont pas inaliénables, mais conditionnels.

Par exemple, Dieu interdit le vol. C'est donc mon droit (octroyé par la loi) d'avoir une propriété privée. Si on vole ma propriété privée, alors le voleur enfreint la loi qui me protège et qui le protège et donc il perd son droit (octroyé par la loi) à sa propriété privée. Il doit donc me dédommager à partir de sa propriété privée, car la loi ne protège pas son vol. De même, Dieu interdit le meurtre. J'ai donc droit (octroyé par la loi) à la vie. Si on me tue, le meurtrier a enfreint la loi de Dieu qui protège sa vie et il perd donc son droit (octroyé par la loi) à la vie et doit mourir. Il enlève à un homme son droit (octroyé par la loi) à la vie, alors il perd son droit (octroyé par la loi) à la vie, car la loi ne protège pas son meurtre. S'il annule par ses actions la loi qui le protège, alors il n'a plus de protection. Si quelqu'un verse le sang de l'homme, par l'homme son sang sera versé; car Dieu a fait l'homme à son image. (Gen. 9:6). Donc, non, (contrairement à ce que disent beaucoup de chrétiens), le fait que l'homme soit créé à l'image de Dieu ne lui donne pas des droits inhérents et inaliénables.

Car, réfléchissez avec moi une seconde. Si nous avions des droits inhérents et inaliénables, alors Dieu aussi serait obligé de respecter ces droits. Mais Dieu est souverain. Il peut nous tuer quand il veut et demeure juste quand il le fait. Ce droit à la vie n'est pas inhérent à moi et encore moins inaliénable de moi. Donc, mon droit à la vie dépend de Dieu. De plus, si nous avions des droits inaliénables, alors cela rendrait la justice injuste. Car, si on emprisonne un criminel qui a des droits inaliénables, c'est une violation de ses droits (à la liberté). Car un droit inaliénable ne peut pas être annulé. S'il a ce droit parce qu'il est un homme, il ne cesse pas d'être un homme parce qu'il vol quelqu'un. Donc, il retient ses pleins droits. Donc, l'emprisonner est toujours injuste. Et ce principe est aussi vrai pour tous les crimes. Si on l'exécute pour meurtre, c'est une violation de ses droits à la vie. Si on lui impose une amande, c'est une violation de ses droits à la propriété privé etc. Dans ce cas, la justice pratique de l'injuste. Il ne faut plus punir personne, car la punition devient un crime. D'ailleurs, c'est cette philosophie humaniste qui nous conduit aujourd'hui à parler des 'droits des prisonniers' et qui fait que certains meurtriers ne font que quelques années de prison, car eux aussi ont droit à la liberté !

Quand on rejette l'idée que l'homme est l'image de Dieu, on peut justifier à la fois le meurtre des 'inutiles' et aussi l'impunité aux meurtriers. Quel monde !



Sa Constitution

Dans le récit de Genèse, Dieu crée Adam à partir de la poussière de la terre et du souffle de Dieu. L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant (Gen. 2:7). Une partie de nous est donc matériel et une autre partie est immatérielle. La matière (le corps) nous connecte au reste de la création physique et l'immatériel nous connecte à Dieu.

Ceci soulève une question : quelle est la constitution exacte de l'homme ? De combien de parties est-il constitué ? 2 ? 3 ? ou plus ? Il y a des chrétiens qui enseignent que l'homme est une sorte de trinité : il est constitué d'un corps, d'une âme et d'un esprit. Certains établissent des doctrines très élaborées sur cette conviction. Pour eux (en général) le corps et l'âme sont charnels et l'esprit est spirituel. C'est avec son esprit que l'homme prie et adore Dieu. Ils basent cet enseignement sur 2 versets bibliques qui parlent de ces trois parties chez l'homme : Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l'esprit, l'âme et le corps, soit conservé irrépréhensible, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus Christ (1 Thess. 5:23). Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles; elle juge les sentiments et les pensées du cœur (Héb. 4:12). Ces passages semblent indiquer que l'homme est esprit, âme et corps. Mais, ce sont les deux seuls passages dans la bible où l'on trouve l'âme et l'esprit cités ensemble. De plus, aucun de ces passages n'est un enseignement direct sur la constitution de l'homme. De plus, cela ne signifierait-il pas que seul un homme né de nouveau ait un esprit ? Et donc que les autres (donc la plupart) sont constitués de seulement 2 parties ?

Par ailleurs, si l'on affirme que ces deux passages montrent que l'homme est fait de 3 parties, que faire des autres qui semblent démontrer que l'homme est fait de plus de trois parties ? L'homme n'est-il pas constitué de 4 parties ? Car Jésus dit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée (Matt. 22:37). Selon ce raisonnement, l'homme serait fait de corps, de cœur, d'âme, et de pensée. Ou est-ce plutôt 5 ? Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée (Luc 10:27). Ou est-ce que c'est possible que tous ces termes (esprit, âme, cœur, pensée etc.) soient utilisés comme synonymes dans la bible pour désigner la partie immatérielle de l'homme ?

C'est ma position. Pourquoi ? Parce qu'il me semble que nous devons prendre pour référence le récit de la création de l'homme. Après tout, ce passage parle expressément de la création, oui, de la fabrication de l'homme, et là, il est clair que l'homme est constitué de 2 parties : la terre et le souffle de Dieu. De plus, il y a plusieurs versets qui semblent confirmer ma position. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme; craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne (Matt. 10:28). Ce verset parle de l'homme tout entier qui périra et l'homme tout entier c'est le matériel (le corps) et l'immatériel (l'âme). Ensuite, tous les versets suivants semblent indiquer que l'homme est constitué de 2 parties : Esaïe 10:18 (âme et corps), Dan 7:15 (esprit et tête), Ecc. 12:7 (poussière et esprit), 2 Cor 5 :1-10, Phil 1:21s, 2 Cor 12:2 (matériel et immatériel)

Donc, pour résumer, je pense que la bible enseigne tout simplement que l'homme est matériel et immatériel. Il est une unité psycho-physique. Donc, plutôt que de dire que l'homme possède une âme, je dirais que l'homme est une âme vivante. Car Jésus dit au brigand sur la croix : aujourd'hui tu seras avec moi (Luc 23:43). Mais le corps du brigand était dans la tombe. Le corps n'est pas le brigand.

Une dernière question demeure sur la constitution humaine. Nous savons que la partie matérielle de l'homme est créée à la conception par ses parents, mais qu'en est-il de son âme ? Certes, Dieu a créé l'âme d'Adam en lui soufflant dessus, mais qui a créé notre âme ? Deux théories s'opposent.

La première dit que l'âme est créée à la conception, tout comme le corps. Luther voyait en cette idée l'explication de la transmission du péché. Dieu a donné à l'homme et à la femme la capacité de créer non seulement un corps, mais aussi une âme. Hébreux 7:10 dit : [Lévi] était encore dans les reins de son père. Il semblerait que toute la personne de Lévi (son corps et son âme) était en son père, Abraham. Donc, comme son corps, l'âme de Lévi aussi vient d'Abraham.

L'autre théorie est l'idée que le spermatozoïde ne peut pas créer une âme immortelle, mais qu'à chaque conception, Dieu recrée une âme. Calvin enseignait cette idée. Deux versets semblent accréditer cette position : Ainsi parle l'Éternel, …. qui a formé l'esprit de l'homme au dedans de lui (Soph. 12:1). Avant que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné. (Ecc. 12:7). Mais, je suppose que certains demanderaient dans ce cas, d'où vient le péché ? Dieu crée-t-il des âmes pécheresses ? Personnellement, ce n'est pas cet aspect de cette doctrine qui me dérange. Dieu peux créer des âmes pécheresse s'il le veut. 

Je n'ai pas la prétention de départager Luther et Calvin sur une doctrine aussi incertaine, mais je crois pouvoir affirmer que l'homme est constitué de 2 parties : son corps et son âme/esprit.



Son Destin

Adam est le vice-roi de Dieu pour accomplir la volonté de son Roi sur la terre. Et la volonté de Dieu est que l'homme remplissent la terre et dominent sur elle. C'est le mandat de la création. C'est la charte pour l'humanité. Et elle est toujours en vigueur. C'est notre destin ici-bas. Notre Dieu-Créateur est honoré quand nous employons les animaux, quand nous exploitons la terre, quand nous bâtissons ; bref, quand nous utilisons notre intelligence à être inventifs, créatifs et artistiques par obéissance à son ordre. En tant que vice-roi de Dieu, nous n'usons pas de cruauté envers sa création, car Dieu n'est pas cruel. Mais, de la même manière qu'un bon roi doit se soucier du bien-être de ses sujets, nous aussi devons exploiter la Terre comme un bon gérant de l'œuvre de notre Créateur.

Et c'est aussi notre destin éternel. Adam a été créé pour travailler pour Dieu. De même, notre destin éternel ne consiste pas à jouer de la harpe sur un nuage, mais à être créatif et ingénieux, à prendre plaisir à travailler pour ce Dieu que nous aimons, sur la nouvelle terre, dans son royaume éternel.



Conclusion

Dans l'idée chrétienne de l'homme, le plus époustouflant de tout, c'est que la deuxième personne de la trinité est devenue un homme, comme nous. Jésus-Christ, c'est l'homme-Dieu. Non seulement Dieu a-t-il créé l'homme à son image, mais Dieu est devenu un homme. De plus, le Fils de Dieu restera un homme éternellement. Rendez-vous compte ? Ni l'humanisme, ni l'Islam, ni le Bouddhisme, ni même le Judaïsme n'élève l'homme à ce point. Seul le christianisme donne une dignité et une noblesse quasi-infinie à l'humanité, en enseignant que son Dieu est, et sera pour toujours, aussi un homme.








dimanche 31 août 2014

Ordo Salutis (l’ordre du salut)



Introduction

Aujourd’hui je vais commencer une nouvelle série. Après ma première série sur la théologie propre (c’est-à-dire sur la doctrine de Dieu) et ma deuxième sur les Écritures, je veux maintenant étudier une autre doctrine essentielle du christianisme. C’est aussi la doctrine de la Réforme protestante, par excellence. Je veux parler bien sûr de la sotériologie, ou la doctrine de notre salut; comment un homme passe de la mort à la vie éternelle. Je vais faire une série sur tout ce qui concerne notre salut - si Dieu le veut - en commençant par la nature de l’homme, en passant par sa justification, et en finissant par sa glorification. Ce message sert d’introduction à cette série.



Il faut de l’ordre !

Dans ce message je voudrais baliser le chemin à parcourir dans la série. Je voudrais étudier le sujet de l’ordre de notre salut, parce que dans cette série l’ordre des choses est important. Cette doctrine s’appelle l’ordo salutis, c’est du latin pour "l’ordre du salut". Cette mise en ordre des doctrines concernant le salut permet d’examiner quelles sont les différentes étapes dans l’œuvre que Dieu fait pour nous sauver. Cet ordre est un ordre logique, et parfois chronologique.



Mais, pourquoi vouloir établir les différentes étapes dans le processus qui est notre rédemption ? Parce que la bible nous enseigne qu'il y a différentes étapes dans notre salut. Par exemple, la foi n'est pas la même chose que la repentance, et la nouvelle naissance n'est pas la même chose que la justification. Ce sont des étapes différentes que nous pouvons étudier séparément. Le fait d'étudier les différentes étapes séparément nous montre toute la splendeur et toute la plénitude dans l’œuvre de Dieu pour nous sauver. Mais pourquoi vouloir les mettre dans un ordre ? Parce qu'il y a un ordre.
Dans Romains 8:30 nous lisons : Et ceux qu'il a prédestinés, il les a aussi appelés; et ceux qu'il a appelés, il les a aussi justifiés; et ceux qu'il a justifiés, il les a aussi glorifiés. Il est clair que nous sommes justifiés avant d’être glorifiés, nous sommes convertis avant d’être rendus parfaits. Je vais donc proposer un ordre.

Ceci dit, je veux être honnête avec vous. Les chrétiens évangéliques ne sont pas tous d'accord sur l'ordre des différentes étapes. Il y a 2 schémas différents. L'ordre que je défends est (je crois) celui qui correspond le mieux à l'enseignement de la bible et c'est aussi l'ordre que défendaient les Réformateurs, comme Luther et Calvin. Ma position est donc la position historique du protestantisme. Voici donc l'ordre des étapes dans notre salut que je propose et l'autre ordre, l’ordre des Arminiens :

Etapes   Ordre Calviniste           Ordre Arminien

1è         la prédestination              l’évangélisation

2è         l’évangélisation                la repentance

3è         la régénération                la foi

4è         la foi                               la régénération

5è         la justification                  la prédestination

6è         la repentance                   la justification

7è         la sanctification                la sanctification

8è         la glorification                  la glorification



Mes amis, faites votre choix !

Mais attention ! Ces différences sont plus que des étiquettes. Il s'agit de déterminer qui est la cause du salut de l'homme. Les Calvinistes, comme moi, disent que Dieu seul est la cause du salut et leur ordre reflète cette croyance. Les Arminiens disent que Dieu est la cause de leur salut, mais l'homme doit aussi y participer. D’où leur schéma. Donc, nous voyons que ce que nous croyons sur l’ordre de notre salut conditionnera tout ce que nous croyons sur notre salut et sur le rôle de Dieu dans notre salut.

Par exemple, Billy Graham, le célèbre évangéliste américain, a écrit un livre qui s’appelle Comment Naître de Nouveau. Dans ce livre, il explique que pour naître de nouveau (c’est la régénération dans la liste), il faut se repentir de ses péchés et il faut croire à l’évangile. Il dit ceci : Comment naître de nouveau ? En se repentant de ses péchés .... Ensuite, par la foi, nous recevons Jésus-Christ comme notre Seigneur. Donc, pour Billy Graham, l’ordre de notre salut est le suivant : la repentance, suivie de la foi, suivie de la nouvelle naissance. Selon lui, on ne peut pas naître de nouveau avant de se repentir. Un homme entend l’évangile, se repent de ses péchés, ensuite il croit à l’évangile et ensuite il est né de nouveau. Repentance, foi, régénération. C'est l'ordre des Arminiens. Mais, je ne crois pas que cela soit le bon ordre, selon la bible. Dans ma liste, j’ai mis la nouvelle naissance avant la foi et la repentance. Mon ordre est donc : régénération, foi, repentance, c’est l’inverse de l’ordre de Billy Graham.

Et là vous avez sûrement envie de me dire : tu ne te crois quand même pas plus biblique que Billy Graham ! Oui, sur ce sujet, je le crois. Billy Graham était un grand prédicateur et le Seigneur l’a utilisé pour amener beaucoup d’âmes à lui, mais, malheureusement, Billy Graham a enseigné des doctrines qui ne sont pas bibliques. J’en dirai plus sur ce sujet dans une minute. Donc, oui, je crois que sur le sujet du salut, je suis plus biblique que Billy Graham.

Donc, dans cette introduction à ma série sur le salut, je veux faire 2 choses. Avant tout, je veux dire haut et fort que le salut est en Jésus-Christ seul. Ensuite, je veux montrer que le salut est l’œuvre de Dieu seul et je ferai cela en défendant l'ordre du salut enseigné par les Réformateurs.



1. Le salut est en Jésus-Christ seul

Il n'y a de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés (Actes 4:12). Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi (Jean 14:6).

Le christianisme est une religion exclusive. Son message est clair : il n’y a pas plusieurs chemins qui mènent à Dieu, il n’y en a qu’un. Un seul chemin mène à Dieu et c’est Dieu qui l’a établi et ce chemin est Jésus et lui seul. Ce n’est pas un message qui plaît aujourd’hui. Nous vivons dans une culture post-moderne où le pluralisme règne. Le pluralisme dit qu’il y a plusieurs chemins qui mènent à Dieu. Mahomet mène à Dieu, Bouddha mène à Dieu, la vierge Marie mène à Dieu. En fait, il y a autant de chemins qui mènent à Dieu qu’il y a de croyances en Dieu ! Mais ceci est faux. Nous savons que Jésus est le seul chemin qui mène à Dieu, car lui seul est le Fils de Dieu, lui seul est sans péché, lui seul s’est offert comme un sacrifice pour nos péchés, lui seul est ressuscité des morts et lui seul reviendra juger toute la terre.

Mais, vous dîtes peut-être que je prêche à la chorale. Nous, les évangéliques, croyons tous cette doctrine de l’exclusivité du christianisme. Il ne viendrait jamais à l’esprit d’un évangélique l’idée de dire qu’il y a plusieurs chemins qui mènent à Dieu. Malheureusement, si ! Un pluralisme déguisé est entré dans l’église. En 1997, dans un entretien filmé avec un autre pasteur, Billy Graham n’est pas allé jusqu’à affirmer que quelqu’un peut venir à Dieu sans passer par Jésus, mais il a affirmé que quelqu’un peut venir à Dieu sans savoir qu’il vient en passant par Jésus. Autrement dit, selon Billy Graham, un homme peut croire en Jésus, sauf qu’il ne sait pas qu’il croit en Jésus, l’homme est sûr qu’il croit en quelqu’un d’autre. Par exemple, un bouddhiste peut croire en bouddha, mais en réalité il croit en Jésus. Ou un musulman peut croire que le plus grand des prophètes est Mahomet, mais en réalité, il croit que c’est Jésus, sans le savoir. Ou quelqu’un peut croire en Jésus, sans jamais avoir entendu parler de Jésus*.

Cette position est une position anti-biblique. On aurait envie de demander à Billy Graham : si c’est vrai qu’un homme peut croire l’évangile, sans jamais en avoir entendu parler, pourquoi annoncer l’évangile à tous ? Tous ces missionnaires, morts pour rien ! Non, c’est une position anti-biblique et totalement absurde. Comment peut-on croire que le Fils de Dieu est mort pour ses péchés, si on ne connaît pas cette information ? Billy Graham n’a-t-il pas lu Paul : Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? (Rom. 10:14). Non, le salut est en Jésus-Christ seul et pour croire cette bonne nouvelle, il est évident qu’il faut nécessairement avoir déjà entendu cette nouvelle !

Mais là, les gens protestent et disent : mais dans ce cas-là, si un homme doit entendre et croire l’évangile, chacun n’a pas la même chance de se convertir, car certaines personnes entendent l’évangile et d’autres ne l’entendent jamais. Ce serait injuste de la part de Dieu de condamner ceux qui n’ont jamais eu la possibilité de se convertir, disent-ils. On aurait envie de leur demander s’ils estiment que pour être juste, Dieu doit donner la même chance à chaque pécheur de se convertir. Si c’est le cas, alors Dieu pratique déjà de l’injustice, car il ne donne aucune possibilité aux anges pécheurs de se convertir. Ils sont perdus pour toujours, parce qu’il n’y a pas d’évangile pour eux. Est-ce que Dieu est injuste ? Non, parce que pour être injuste, Dieu devrait donner à quelqu’un ce qu’il ne mérite pas. Or, tous les pécheurs (les humains comme les anges) n’ont que ce qu’ils méritent. Et si certaines personnes n’ont pas ce qu’elles méritent, c’est parce que Dieu, plutôt que d’être juste a choisi d’être miséricordieux. Non, le salut est en Jésus seul, et ceux qui ne croient pas en Jésus ne sont pas sauvés. Ce n’est vraiment pas difficile à comprendre. Nul ne vient au Père que par [Jésus].

Mais, mon beau-frère, pasteur, m’a opposé 2 faits qui, pour lui, prouvent que l’on peut être sauvé sans croire en Jésus. (Et oui, il y a des pasteurs qui veulent prouver qu’il y a du salut en dehors de Jésus !)

(i) Dans l’Ancien Testament, les croyants étaient sauvés, mais ils ne pouvaient pas croire en Jésus, puisque Jésus n’était pas encore né. Donc, ils étaient sauvés, sans croire en Jésus.

Mais, est-ce que c’est vrai qu’Abraham, par exemple, ne croyait pas en Christ ? Que dit la bible ? Dieu appelle Abraham et lui fait la promesse que toutes les familles de la terre seront bénies en toi ! (Gen. 12:3). Plus tard, Dieu renouvelle sa promesse et Abram eut confiance en l'Éternel, qui le lui imputa à justice (Gen. 15:6). Donc, Abraham est sauvé en croyant Dieu. Il croit la promesse que Dieu lui a faite.

Oui, mais, dirait mon beau-frère, justement Abraham croit en Dieu, il ne croit pas en Jésus. Mais ce n’est pas fini. Quelle est la promesse qu’il croit ? Toutes les familles de la terre seront bénies en toi ! (Gen. 12:3), et toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité (Gen. 22:18). Or, Paul argumente ici que le singulier "postérité" indique que la promesse parle de Christ : Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n'est pas dit: et aux postérités, comme s'il s'agissait de plusieurs, mais en tant qu'il s'agit d'une seule : et à ta postérité, c'est-à-dire, à Christ (Gal. 3:16). Donc, Abraham a cru la promesse de Dieu qu’un homme de sa postérité bénirait toutes les nations de la terre. Cet homme est Christ. Abraham croyait donc en Christ. Oui, mais c’était un Christ générique et non pas Jésus de Nazareth. Ah si ! Jésus lui-même dit qu’Abraham croyait en lui : Votre ancêtre Abraham a été rempli de joie à la pensée de voir mon jour (Jean 8:56, Segond 21).

Oui, mais Abraham était un cas unique. Faux ! Moïse a suivi Christ : par la foi Moïse, devenu grand, refusa d'être appelé fils de la fille de Pharaon, regardant l'opprobre de Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Égypte (Héb. 11:26). Moïse croyait donc en Christ. Il était donc possible de croire en Christ (en le Messie) avant la naissance de Jésus, car le Christ (l’Oint de Dieu) existait avant la naissance de Jésus.

Certes, les croyants de l’Ancien Testament n’avaient pas tous les détails, (comme quand Jésus allait naître etc.), mais, on n’a pas besoin de croire ces choses pour être sauvé. Comme le brigand sur la croix, ils croyaient l'évangile. Paul dit : Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'avais aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures; qu'il a été enseveli, et qu'il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures. (1 Cor. 15:3). Selon Paul, les Écritures, (ici l’Ancien Testament) enseignent que Christ devait mourir, qu’il devait mourir pour les péchés des hommes, et qu’il devait ressusciter le troisième jour. Tout ceci est dans l’Ancien Testament.

Mais, dirait mon beau-frère, Abraham n’avait pas l’Ancien Testament, il n’avait aucune Écriture, il ne pouvait donc pas comprendre le sacrifice de Jésus dont parle Paul. Mais, je réponds qu’Abraham a vu une allégorie de l’évangile. Abraham a vu que Dieu a épargné Isaac, en pourvoyant lui-même le sacrifice. Abraham a cru cette promesse : comme Dieu a pourvu le sacrifice pour sauver Isaac, Dieu pourvoirait le Sacrifice pour sauver toutes les nations : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l'agneau pour l'holocauste ... Abraham appela ce lieu-là: Jehova Jiré (le Seigneur pourvoira). (Gen. 22:8 & 14).

Non, que ce soit dans l’Ancien Testament ou le Nouveau Testament, le salut est en Jésus-Christ seul. Abraham, Moïse et les autres croyaient en la promesse à venir, nous croyons en la promesse tenue. Mais il n’y a pas 2 promesses différentes, mais une seule, et il n’y a pas deux sortes de foi, mais une seule. Que ce soit pour les Juifs d’autrefois, ou pour nous les païens, nous participons à la même promesse et sommes unis dans la même foi en Jésus-Christ : les païens sont cohéritiers, forment un même corps, et participent à la même promesse en Jésus Christ par l'Évangile (Eph. 3:6).

(ii) Les bébés n’ont pas les capacités intellectuelles pour comprendre l’évangile. Si un bébé doit croire l’évangile pour être sauvé, alors, tous les bébés qui meurent vont en enfer.

Non, car c’est faux de dire qu’un bébé ne peut pas croire en Jésus. Un bébé peut croire en Jésus. Un bébé, même dans le ventre de sa maman, peut croire en Jésus. Jean-Baptiste a sauté de joie dans le ventre de sa maman, lorsqu’il a entendu la mère de son Sauveur. Dès qu'Élisabeth entendit la salutation de Marie, son enfant tressaillit dans son sein (Luc 1:41). Jean-Baptiste est né de nouveau dans le ventre de sa maman. Et il est né de nouveau en croyant en Jésus ! Une foi simple, certes, mais une foi en Jésus-Christ quand même.

Pour tous, pour les petits et les grands, pour les patriarches et pour nos contemporains, le salut est par la foi en Jésus et en Jésus seul.



2. Le salut est l’œuvre de Dieu seul

Tout chrétien croit que le salut est l’œuvre de Dieu. Mais croyez-vous que le salut est l’œuvre de Dieu seul ? Votre réponse à cette question importante déterminera quel ordre de salut vous choisirez.

Comme Billy Graham l’a très bien montré dans son livre, la question de l’ordre du salut tourne surtout autour de l’ordre de 2 étapes : la conversion (qui comprend la repentance et la foi) et la régénération (qu’on appelle aussi la nouvelle naissance). C’est sur l’ordre de la conversion et la régénération que porte la discorde entre Calvinistes et Arminiens. Les Calvinistes disent que puisque Dieu seul est la cause de notre salut, la régénération est avant la conversion. On appelle cette position le monergisme. Par contre, les Arminiens disent que puisque l’homme coopère avec Dieu dans son salut, la régénération est après la conversion. On appelle cette position le synergisme. Ils disent qu’un homme entend l’évangile, la croit et se repent de ses péchés. Il se convertit et ce n’est qu’à ce moment-là qu’il est né de nouveau.

Cet ordre me semble problématique à plusieurs niveaux. Je vais aborder ces problèmes plus longuement dans les messages suivants, mais je voudrais pointer ici 7 raisons pourquoi la doctrine qui place la conversion avant la régénération n’est pas biblique :

(i) Elle enseigne qu’un homme dans son état de péché peut se repentir.

(ii) Elle enseigne qu’un homme est sauvé à cause de sa décision de croire.

(iii) Elle enseigne que Dieu prédestine un homme à être sauvé parce que Dieu sait qu'à l'avenir cet homme choisira de croire en Christ.

(iv) Elle enseigne qu’il y a des conditions que l’homme doit remplir pour obtenir le salut.

(v) Elle enseigne que la nouvelle naissance est une conséquence de la conversion.

(vi) Elle enseigne que Dieu, voyant la foi de l'homme, le sauve.

(vii) Elle enseigne donc, qu’un homme est sauvé en coopérant avec Dieu, dans une synergie ou un partenariat.

Je pense avoir représenté fidèlement la position des Arminiens. J’étais moi-même Arminien. Alors, qu'est-ce qui ne va pas avec ces 7 points ? Examinons-les un par un et je pense que leurs erreurs sauteront aux yeux.

i) Cette doctrine enseigne qu’un homme dans son état de péché peut se repentir. Mais se repentir est une action qui plaît à Dieu. Jésus nous dit : il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent (Luc 15:10). Donc, cette doctrine prétend qu’un homme peut plaire à Dieu dans son état de péché. Mais l'homme dans son état de péché ne peut pas plaire à Dieu : ceux qui sont animés par leur nature propre ne peuvent pas plaire à Dieu (Rom. 8:8, Segond 21). Il est donc impossible pour un homme dans son état de péché de plaire à Dieu. Cette doctrine est donc fausse.

(ii) Cette doctrine explique qu’un homme est sauvé à cause de sa décision de croire. Lui est sauvé parce qu’il a cru à l’évangile, alors que d’autres sont perdus parce qu’ils ont rejeté l’évangile. Nous savons que le fait de rejeter l’évangile est mal. A contrario, le fait de croire l’évangile est bien. Donc, un homme est sauvé parce qu'il a décidé de faire le bien. Puisque cette décision de faire le bien vient de lui seul, cet homme a donc une raison de se vanter : ils ont choisi le mal, mais j’ai choisi le bien. Une doctrine qui laisse la possibilité à l’homme de se vanter n’est pas biblique.

(iii) Cette doctrine enseigne que Dieu prédestine un homme à être sauvé, parce que Dieu sait qu'à l'avenir cet homme choisira de croire en Christ. Premièrement, cette doctrine implique l'idée que Dieu apprend des choses, car c'est en 'voyant' dans l'avenir la décision de l'homme, que Dieu le prédestine à être sauvé. Mais Dieu ne peut pas apprendre.

Deuxièmement, ceci rend le choix de l'homme prééminent par rapport au choix de Dieu. Dans ce schéma, l'élection n'est pas l’œuvre de Dieu, mais c’est l’œuvre de l'homme. L'ordre logique ici est que l'homme élit Dieu, ensuite, Dieu valide le choix de l'homme rétrospectivement. Mais Jésus dit que nous ne l’avons pas choisi : Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais moi, je vous ai choisis (Jean 15:16).

(iv) Cette doctrine enseigne qu’il y a des conditions que l’homme doit remplir pour obtenir le salut. Mais la doctrine qui impose des conditions à l’homme pour obtenir le salut porte un nom. C'est le légalisme. Le légalisme dit : si tu remplis ces conditions, Dieu te bénira. Si vous gardez mon alliance, vous m'appartiendrez entre tous les peuples (Ex. 19:5). Ceci n'est pas l'évangile, c'est la loi.

(v) Cette doctrine enseigne que la nouvelle naissance est une conséquence de la conversion. Dieu nous régénère parce que nous nous sommes convertis. Ainsi, la nouvelle naissance est une due, une récompense pour notre conversion. Or, si c’est une chose due, ce n’est plus par grâce, car : à celui qui fait une œuvre, le salaire est imputé, non comme une grâce, mais comme une chose due (Rom. 4:4). Cette doctrine minimise la grâce de Dieu dans notre salut.

(vi) Cette doctrine enseigne que Dieu, voyant la foi de l'homme, le sauve. Il le justifie et le fait naître de nouveau. Ainsi, elle met Dieu dans le rôle de celui qui réagit en fonction des actions de l'homme. Dieu est un Dieu passif, voire attentiste ici. L’homme décide et Dieu réagit en conséquence. Mais, la bible dit : Il y a dans le cœur de l'homme beaucoup de projets, mais c'est le plan de l’Éternel qui s'accomplit (Prov. 19:21) Un Dieu qui est suspendu aux actions des hommes n’est pas le Dieu de la bible.

(vii) Cette doctrine enseigne donc, qu’un homme est sauvé en coopérant avec Dieu, dans une synergie ou un partenariat. Dieu a fait sa part, je dois faire le mien. Et sans ma part, son salut me serait d’aucune utilité. Si c’est le cas, il est faux de dire que Dieu sauve un homme. Il est plus correct de dire que Dieu et l'homme ensemble sauvent l'homme. Et donc, il est aussi faux de dire que Jésus est le Sauveur des hommes, il est plus correct de dire que Jésus est le Sauveur potentiel des hommes. Mais le Nouveau Testament dit que Dieu seul sauve des hommes : Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n'imputant point aux hommes leurs offenses (2 Cor. 5:19). Et le Nouveau Testament présente Jésus comme un Sauveur certain, non pas comme un Sauveur potentiel : tu lui donneras le nom de Jésus; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés (Matt. 1:21). Non, Jésus est un vrai Sauveur, pas un Sauveur potentiel et Dieu seul sauve les hommes. Il n’a pas besoin de notre aide. Je conclus donc que l’ordre du salut qui met la conversion avant la régénération, n'est pas biblique pour toutes ces raisons.




Voici donc l’ordre biblique du salut que je vais étudier dans le détail dans cette série. Cet ordre est celui de Romains 8:30 (prédestinés, appelés, justifiés, glorifiés). Tout d’abord, Dieu m’a prédestiné avant la fondation du monde à être sauvé en Christ. Ce choix ne dépend en aucun cas de quelque chose en moi, mais de Dieu seul. Ensuite, quand je vis sur la terre, Dieu fait en sorte que j’entende l’évangile. C’est l’appel de l’évangile. Et à travers les paroles de l’évangile et par son Esprit, Dieu me régénère, (je suis né de nouveau). Puisque je suis né de nouveau et que, par conséquent, je ne suis plus esclave du péché, je veux croire à l’évangile et je peux croire à l’évangile. C’est parce que Dieu a fait de moi une nouvelle création que je crois et non pas le contraire. C’est à ce moment-là que Dieu me justifie. Ainsi, je suis sauvé (dans le sens strict du terme) par la foi seule. Je me repens de mes péchés (c’est la conversion). Ensuite, s’ensuit un processus de sanctification qui dure toute ma vie. Quand je mourrai, je serai glorifié pour l’éternité.


En plaçant la nouvelle naissance avant la conversion, cet ordre nécessite que le salut soit l’œuvre de Dieu seul.



Conclusion

En terminant je veux insister sur le fait que cette grande oeuvre de rédemption n’est pas une fin en soi. Aussi merveilleuse et extraordinaire qu’elle soit, (cette oeuvre parfaite de Dieu), notre glorification et la vie éternelle sont les moyens d’arriver à un autre but. Dieu ne nous a pas prédestinés pour le simple désir de nous glorifiés, car si c’était le cas, cela indiquerait que nous sommes au centre de son oeuvre de salut. Mais nous ne sommes pas au centre de cette oeuvre, Dieu est au centre. Cette oeuvre ne tourne pas autour de nous, mais autour de lui. La fin n’est pas l’homme, mais Dieu. Le but de tout cela n’est pas notre bonheur, mais que la gloire de Dieu resplendisse à jamais. Dieu nous a sauvé pour que nous passions l’éternité à nous nous réjouir de lui, à le connaître dans son infinitude et donc que nous le glorifions le plus possible. Toutes les nations que tu as faites viendront Se prosterner devant ta face, Seigneur, Et rendre gloire à ton nom. Car tu es grand, et tu opères des prodiges; Toi seul, tu es Dieu. Heureux le peuple dont l'Éternel est le Dieu ! (Psaume 86:9 & 144:15).



* J’inclus le lien vers la vidéo de l’entretien de Billy Graham ici : https://www.youtube.com/watch?v=hrf60-zHl9A