vendredi 11 juillet 2014

La Sainteté de Dieu N°2




Ezéchiel 1



Introduction

Les gens font des choses bizarres quand on y réfléchit. Certains paient pour sauter dans le vide, les pieds attachés à un élastique. Ce n’est pas une punition qu’on leur inflige, c’est une émotion qu’ils recherchent volontairement, même allant jusqu’à payer pour l’avoir. D’autres paient pour aller au cinéma voir un film d’horreur qui leur fera sauter de peur. D’autres vont aller regarder les vagues lors d’une tempête, au péril de leur vie. Pourquoi font-ils ces choses incompréhensibles ? Pourquoi payer pour avoir peur ? Pourquoi délibérément se mettre en danger ? Je vais essayer de répondre à cette question dans ce message. Mon message aujourd’hui s’appelle : la sainteté de Dieu.



1. Dieu est hors classe

Dieu est saint. La bible est claire. Soyez saints, car je suis saint, moi, l'Éternel, votre Dieu (Lév. 19:2). Des séraphins se tenaient au-dessus de lui ... ils criaient l'un à l'autre, et disaient: Saint, saint, saint est l'Éternel des armées ! (Esaïe 6:2). La bible présente constamment Dieu comme étant un Dieu saint. Mais que signifie ce mot ? Le mot que nous traduisons "saint" en français vient de la racine de l’hébreux Kadash. Selon Strong, ce mot signifie : mettre de côté, consacrer, différencier. Kadash désigne tout ce qui n’appartient pas au monde ordinaire, au banal, au commun, mais qui appartient au monde du sacré. C’est pour cette raison que Dieu dit que les objets qui étaient dans le temple étaient saints – différents des autres objets, mis à part pour le service de Dieu. Un objet à priori banal et commun (comme, par exemple, une table) était sélectionné pour être utilisé dans le tabernacle et de ce fait devenait séparé des autres objets semblables. Il changeait de statut. Il sortait de la catégorie d’objets normaux, et entrait dans une catégorie d’objets spéciaux. Il devenait saint, mis de côté. Ce n’était plus une table ordinaire. Elle était une table approuvée par Dieu et ça, ça change tout.

Mais quel sens à cette idée quand on l’applique à Dieu ? Peut-on dire que Dieu a été mis a part par Dieu ? Non, mais on peut dire que Dieu est différent de nous. Dire que Dieu est saint, c’est donc affirmer que Dieu n’est pas comme nous, qu’il n’appartient pas à ce monde. Il est différent, il est séparé, il est dans une catégorie à part. Il n’est comme rien d’autre dans toute la création. Il est hors classe.

Et je voudrais ici faire la différence entre sa sainteté morale et sa sainteté ontologique. Quand on dit que Dieu est saint, on affirme 2 choses : (i) on dit que son être est saint, (ii) on dit que sa nature est sainte. Or, ceci est mon 2ème message sur la sainteté de Dieu. Dans mon premier message, j’ai surtout parlé de sa nature, sa sainteté morale. Aujourd’hui, je veux parler de la sainteté de son être. On appelle cela sa sainteté ontologique.

L’idée de la sainteté de Dieu est très présente dans la bible, que ce soit dans l’Ancien Testament ou le Nouveau. Un endroit significatif est le 6ème chapitre d’Esaïe, où nous voyons des séraphins à six ailes qui crient dans le temple, et le temple qui est rempli de fumée. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui; ils avaient chacun six ailes; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds, et deux dont ils se servaient pour voler. Ils criaient l'un à l'autre, et disaient : Saint, saint, saint est l'Éternel des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire ! Les portes furent ébranlées dans leurs fondements par la voix qui retentissait, et la maison se remplit de fumée.

Ce que l'on voit ici est que la sainteté de Dieu décrit comment Dieu est et sa gloire c'est quand cette sainteté est rendue publique, manifestée devant tous. Ensuite, nous voyons la réaction d'Esaïe devant ce spectacle à la fois grandiose et terrible. Il a peur de mourir. Soyons clairs, que ce soit Esaïe qui voit Dieu ici ou Moïse et Jean, personne ne raisonne ainsi : "j’ai vu Dieu, ça fait donc de moi quelqu’un d’important. J’ai des choses à dire". Ils disent tous : "j’ai vu Dieu et qu’est-ce qu’il est grandiose ! Qu’est-ce qu’il fait peur ! Qu’est-ce que je suis tout petit ! Qu’est-ce que je suis misérable !"

Voici donc un bon test pour ceux (qui sont de plus en plus nombreux) qui disent avoir vu Dieu (que ce soit Jésus sur terre ou Dieu au ciel). Parlent-t-ils surtout de sa grandeur et de son côté épouvantable ? Est-ce qu’ils sont traumatisés par ce qu’ils ont vu ? S’abaissent-ils constamment ? Ont-ils le sentiment d’être insignifiants, minables, honteux et sales ? Mettent-ils en avant la différence fondamentale qu’il y a entre Dieu et nous, car ce passage met en avant la différence fondamentale qu’il y a entre Dieu et nous. S’ils ne font pas tout cela, ce n’est pas le Dieu de la bible qu’ils ont vu.

Un autre passage significatif qui parle de la sainteté de Dieu est dans le livre de l’apocalypse, chapitre 4 où nous voyons une mer de cristal et 4 être vivants étranges, remplis d’yeux : Il y a devant le trône comme une mer de verre, semblable à du cristal. Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière. Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d'yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit: Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout Puisant, qui était, qui est, et qui vient.

Ces passages proclament que Dieu est Dieu et nous ne le sommes pas. Dieu est élevé. Le spectacle est étrange à nos yeux. Si ce spectacle ne nous avait pas été révélé, nous ne l’aurions jamais deviné. Je crois que ces passages sont là pour montrer la différence fondamentale qu’il y a entre Dieu et nous. Aujourd’hui, j’ai l’impression que nous voulons surtout minimiser cette différence. Certains milieux chrétiens cherchent à faire en sorte que le chrétien se sente bien par rapport à lui-même; qu'il se sente tout chaud à l'intérieur; qu’il ne se sente jamais mal à l’aise. Il semblerait que pour ces chrétiens l’évangile doive servir tout d’abord à augmenter notre estime de soi, exactement le contraire du sentiment d’Esaïe et de Jean. Mais pour eux, il ne faut surtout pas mettre le doigt sur notre état minable par rapport à un Dieu saint. Dans ce passage Dieu est distant, derrière une mer, entouré de créatures étranges, qui font peur et qui semblent elles-mêmes être intimidées par Dieu. Mais qui parle encore aujourd’hui dans les églises évangéliques d’un Dieu intimidant ? Pourtant, ces passages ne nous donnent pas un sentiment douillet. Ces passages mettent plutôt mal à l’aise. Ces êtres vivants mettent mal à l’aise. Ce Dieu fait peur. D’ailleurs, toutes les personnes dans la bible qui ont vu un ange avaient peur. A combien plus forte raison serait-on terrifié devant le Créateur des anges ?

Mais le passage qui nous donne la meilleure idée de la différence essentielle qu'il y a entre Dieu et nous est le premier chapitre d’Ézéchiel - notre passage aujourd’hui. Quel passage étrange ! On ne l’entend pas souvent dans les églises !

Nous voyons ici 4 créatures comme des hommes avec 4 visages et 4 ailes. Il y a aussi 4 roues à côté des créatures, des roues encastrées l'une dans l'autre. Et Ézéchiel nous précise que ceci n’est pas une image d’un film de science-fiction ou une hallucination due à un vin trop fort, mais que ceci est une image de la gloire de l'Éternel (V 28).

Ce passage est étrange. Dans ce passage la gloire de Dieu paraît vraiment étrange. Il n’y a pas d’autres mots. Des créatures ailées aux visages différents. Des roues dans des roues couvertes d’yeux qui roulent dans tous les sens et qui survolent la terre. On hésite souvent à employer des termes comme "étrange" et "bizarre" en parlant de Dieu, parce que nous ne voulons pas lui manquer de respect, mais, je crois que c’est légitime ici. Dans ce passage l’image qui nous est présentée de Dieu est une image dans laquelle notre Dieu paraît bizarre. Cet après-midi, chez vous, faites comme moi. Lisez ce passage et puis fermez les yeux et essayez de vous imaginer devant ce Dieu-là. Le Saint-Esprit présente ici un Dieu qui est incompréhensible, indescriptible, inscrutable. Mais aussi un Dieu grandiose, impressionnant, inquiétant, alarmant, effrayant. Je crois que l’étrangeté de ce Dieu est soulignée ici pour nous rappeler la différence essentielle qu’il y a entre Dieu et nous.

Donc, la première chose à noter sur la sainteté de Dieu est que Dieu est saint parce que Dieu n’est pas comme nous. Ces 3 passages accentuent cette vérité. Il est Dieu, nous ne le sommes pas. Il est Dieu et il n’y a personne d’autre comme lui. Il est Dieu et il est incomparable. Il est unique. Il est inclassable selon nos modèles de réalité. Il vit dans un monde inimaginable, dans un monde étranger pour nous, dans un monde à part, parce qu’il est dans une catégorie à part. Il ne correspond à rien qui nous est familier. Il nous est incompréhensible. Il est hors classe.



Voyons maintenant pourquoi Dieu est hors classe.

2. Dieu est éternel.

Dieu est hors classe parce qu’il n’a pas été créé. Il est éternel et c’est cela qui fait qu’il est essentiellement différent de nous. Il est éternel, donc il est hors classe.

Il y a une différence essentielle entre ce qui n’a pas été créé et ce qui a été créé. Ce qui n’a pas été créé est éternel et donc auto-suffisant. Ce qui a été créé dépend de celui qui l’a créé pour son existence. La créature n’existerait pas sans la volonté de son Créateur. Le Créateur a le choix de créer ou pas. Donc, l’existence même de la créature dépend du choix du Créateur de faire ou de ne pas faire. Ensuite, le Créateur a le choix du moment à créer. Il peut créer quand il veut. Donc, le moment de l’existence de la créature dépend du temps du Créateur. Ensuite, le Créateur a le choix de la forme de la créature. Donc, la forme physique et les capacités de la créature dépendent du désir du Créateur. Ensuite, le Créateur a le choix des conditions de vie de sa créature. Donc, les conditions dans lesquelles la créature vit dépendent du choix du Créateur. La créature est donc complètement dépendant de la volonté de son Créateur pour tout qui fait qu’il existe. C’est le Créateur qui décide de tout cela. Et puisque Dieu n’est sous aucune contrainte et ne doit rendre compte à personne, son choix n’est gouverné par rien d’autre que par son bon plaisir.

Mais ce n’est pas fini. Ensuite, la créature est dépendante de son Créateur pour sa survie à chaque seconde de son existence. Dieu est tout puissant. C’est-à-dire qu’il possède toute la puissance. Donc, en dehors de lui il n’y a pas de puissance. La créature n’a pas de puissance autonome. Il n’est pas auto-suffisant quant à son énergie vitale ou sa capacité d’agir, car c’est en Dieu que la créature vit : car en lui nous avons la vie, le mouvement, et l'être (Actes 17:28). Puisque toute vie et énergie et pouvoir vient du Créateur, la créature dépend de son Créateur pour chaque battement de cœur, chaque respiration. Chaque milliseconde de sa vie lui est donnée par le Créateur. En cliquant des doigts, le Créateur pourrait mettre fin à l’existence de la créature s’il le voulait, et un jour il le fait pour nous tous. Si, donc, la créature existe et s’il continue à vivre, c’est par la volonté du Créateur. C’est justement la différence fondamentale entre la créature temporelle et dépendante et le Créateur éternel et auto-suffisant.

Je discutais avec un collègue sympathisant bouddhiste sur la différence entre Dieu et nous. J’ai dit ce que je vous dis ici; que Dieu est Créateur et nous sommes ses créatures et que cette différence sépare Dieu de nous irrémédiablement. Il y a un gouffre infranchissable entre le créé et l’éternel. Il était surpris de découvrir que nous, chrétiens, ne croyons pas que l’âme de l’homme existe quelque part depuis toujours. Il croit que notre âme est éternelle et qu’elle est réunie au corps de l’homme à sa conception. Mais la bible montre que notre âme n’est pas éternelle. Quand Dieu a créé Adam il n’a pas réuni une âme préexistante avec son corps, il lui a soufflé dans ses narines et c’est à ce moment-là qu’Adam a pris vie. Avant ce moment, Adam n’existait pas. Car comme dit Salomon : l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné (Ecc. 12:7). Nous ne sommes pas comme Dieu. Lui est éternel, lui seul. Nous sommes créés. Avant notre conception, nous n’existions pas. Dieu, lui, existe depuis toujours. Il n’a pas eu de commencement. Dieu est l’Eternel, nous ne le sommes pas.

Il en résulte donc de cette différence entre le Créateur et ses créatures que la définition de l’idolâtrie est le fait d’adorer ce qui a été créé. Voilà à quel point cette différence est importante. A partir du moment où nous louons un être qui a été créé (que ce soit un homme ou une femme, ou même un ange) c’est là, la définition même de l’idolâtrie. Louer une créature est un affront à son Créateur. Car, plutôt que de rendre hommage à un être qui dépend du Créateur pour toute son existence et pour chaque milliseconde de sa survie, il faut rendre hommage à celui qui donne l’existence et qui fait vivre. Par contre, louer un être qui n’a pas été créé, qui ne dépend de personne pour quoi que ce soit, louer un être éternel, n’est pas l’idolâtrie, c’est une adoration chrétienne. Car un seul est éternel. Un seul puise son énergie vitale et inépuisable en lui-même depuis toujours - Yahweh. Dieu est hors classe parce qu’il n’a pas été créé.



3. Dieu est trinité.

Dieu est hors classe parce qu’il est un être qui existe en une multiplicité de personnes. Voilà une vérité incompréhensible pour nous. Si le fait d’essayer de comprendre le fait que Dieu n’a jamais eu de commencement est impossible pour nous, que dire alors du fait d’essayer de saisir la vérité que Dieu est trinité ? Voilà pourquoi Ezéchiel présente Dieu comme un être si étrange pour nous les hommes simples. Essayer d’imaginer un Dieu qui est un et trois est un peu comme essayer d’imaginer des roues dans des roues survolant la terre dans tous les sens.

Nous ne connaissons pas autre chose dans notre expérience que la réalité qu’un être égale une personne. Un individu est forcément une personne. Mais Dieu n’est pas comme nous. Il est hors classe. Il ne rentre pas dans nos catégories humaines, premièrement parce qu’il n’a jamais eu de commencement, deuxièmement parce que Dieu est un être avec 3 centres de conscience. Dieu est un être qui comprend trois personnes. Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. Un être et trois personnes. Trois personnes en un seul être. Le Père est Dieu, le Fils est Dieu et L’Esprit est Dieu. Mais le Père n’est pas le Fils et Dieu n’est pas le Père. Dieu est Père, Fils et Saint-Esprit. Affirmer que Dieu est saint, c’est donc affirmer que Dieu est trinité. D’ailleurs, il est à noter que les 4 êtres dans la bible crient : "saint, saint, saint" 3 fois. Le Père est saint. Le Fils est saint et le Saint-Esprit est saint. Dieu est saint.

Certaines dénominations qui se disent chrétiennes ont abandonné cette vérité, sous prétexte qu’elle est incompréhensible. Les Témoins de Jéhovah et les pentecôtistes du nom de Jésus ont rejeté la vérité de la trinité, car ils la jugent incompréhensible. Mais rejeter une doctrine sur Dieu parce que nous ne la comprenons pas présuppose que l’homme peut comprendre tout de Dieu. Mais, si l’homme peut comprendre Dieu, c’est qu’il est comme nous. Mais justement, Dieu n’est pas comme nous, car il est saint et nous ne le sommes pas. Il est Dieu, nous ne le sommes pas. Il est trinité, nous ne le sommes pas. En plus, on doit conclure que puisque les Témoins de Jéhovah ne rejettent pas la vérité que Dieu n’a jamais eu de commencement, c’est qu’ils comprennent l'éternité de Dieu parfaitement. Non, ce n’est pas parce que nous ne comprenons pas cette vérité que cela signifie qu’elle est fausse. Je dirais qu’il est logique que nous ne la comprenons pas, car Dieu n’est pas comme nous. Il est hors classe. Rien dans notre expérience n’est analogue à la trinité. C’est comme essayer de faire comprendre la couleur bleue à une personne aveugle de naissance. Dieu est justement incomparable. On ne doit pas laisser notre expérience dicter ce que nous croyons sur Dieu. C’est grave de ne pas dire la vérité sur Dieu. Dieu se met en colère quand nous le représentons d‘une façon erronée. Ces soi-disant "chrétiens" sont comme les amis de Job à qui Dieu dit : Prenez maintenant sept taureaux et sept béliers, allez auprès de mon serviteur Job, et offrez pour vous un holocauste. …. car vous n'avez pas parlé de moi avec droiture, comme l'a fait mon serviteur Job (Job 42:8).

Quand nous disons que Dieu est trinité, nous parlons de lui avec droiture. Néanmoins, ce n’est pas assez de dire cette vérité, nous devons aussi aimer cette vérité. C’est quand la dernière fois que avez dit cette phrase : "j’aime la trinité" ? C’est quand la dernière fois que vous avez entendu un prédicateur dire : "j’aime la trinité" ? Pourtant, notre Dieu est trinité. Et il est unique, car il est le seul qui est trinité. Aucun autre dieu n’est trinité. C’est sa gloire d’être trinité, car être trinité c’est être Dieu. C’est une fierté pour nous que notre Dieu soit trinité. Aimez-vous de tout votre cœur l’idée de la trinité ? Nous devons adorer la trinité. Adorer la trinité, c’est adorer Dieu. Dieu est hors classe parce qu’il est trinité.



4. Dieu est parfait

Dieu est hors classe parce qu’il est un être qui est parfait. Je ne parle pas ici de sa perfection morale. Je parle de la perfection de son être. Et je définit la perfection de son être comme étant tout ce qui fait que Dieu est Dieu, c’est-à-dire son éternité, sa trinité, et l’ensemble de ses attributs. Nous avons déjà dit que la sainteté de Dieu fait qu’il est mis à part. Quand on pense à sa sainteté du point de vue de sa perfection on peut dire que Dieu est comme un diamant si précieux qu’il est mis à part derrière une vitre blindé. Un diamant est mis à part et séparé des objets communs à cause de sa grande valeur. Dieu est à part à cause de sa valeur infinie. Sa perfection constitue sa valeur infinie. Il est d’une valeur infinie parce qu’il est parfait.

Je pense donc (sans vouloir nuire à la doctrine de la simplicité de Dieu), que l’on peut légitimement dire que parmi tous les attributs de Dieu, l’attribut de sa sainteté est le plus important. Puisque sa sainteté est sa perfection et donc la raison de sa valeur infinie, c’est l’attribut qui transcende tous les autres. Mais, je sais que d’autres chrétiens diraient que s’il y a un attribut prééminent chez Dieu, ce serait plutôt son amour. Après tout la bible dit : Dieu est amour (1 Jean 4:16). Tout ce qu’il fait est gouverné par son amour, car il est amour. Mais pour que cela soit vrai, il faut que l’on voie l'attribut de son amour dans tous les autres attributs. Or, il n’est pas difficile de voir que quand Dieu fait miséricorde à quelqu’un, il le fait avec amour. Mais comment expliquer que Dieu montre son amour lorsqu’il punit ? Il est plus difficile de voir comment Dieu agit avec amour envers ceux qui périssent éternellement en enfer. Où voit-on son amour pour eux ? Est-ce qu’il écourte la durée de leur souffrance ? Non. Elle est sans fin. Est-ce qu’il les soulage dans leur souffrance ? Non. Il ne leur donne aucun repos. Est-ce qu’il les fait souffrir pour leur faire du bien un jour ? Non. Il est donc difficile de dire que l’attribut transcendent est l’attribut de l’amour de Dieu. On ne voit pas cet attribut dans tous les attributs de Dieu.

Peut-on toutefois dire que l’attribut le plus important chez Dieu est sa sainteté ? Eh bien, c’est le seul attribut par lequel il jure : J'ai juré une fois par ma sainteté: Mentirai-je à David ? (Ps. 89:35). C’est le seul qui est célébré au ciel. Les anges ne chantent pas : "amour, amour, amour" ou "puissance, puissance, puissance". Ils chantent "saint, saint, saint". La 3ème personne de la trinité est le Saint-Esprit. Et on peut, en effet, dire que Dieu aime avec sainteté. Il n’aime pas sans montrer sa sainteté. A la croix se réunit amour infini, mais aussi sainteté infinie. De plus, quand il juge et quand il se met en colère, il le fait avec sainteté. Donc, s’il y a un attribut qui transcende tous les autres, ce serait plutôt sa sainteté que son amour. C’est l’attribut des attributs. Il traverse tous les autres. C’est celui qui caractérise Dieu et fait donc qu’il est Dieu. Cet attribut, l'attribut de sa sainteté, dit que Dieu est d'une perfection ontologique; qu’il est éternel et trinité. Cet attribut dit que Dieu est d'une perfection morale; qu’il est sans péché, vêtu de lumière. C’est donc pour cette raison que l’adjectif "saint" est souvent utilisé comme synonyme pour Dieu. Il y a beaucoup de noms de Dieu dans la bible, mais le nom qui revient le plus, plus que tous les autres réunis est le Dieu saint. Dans le seul livre d’Esaïe, le nom Le Saint d’Israël est utilisé 25 fois pour désigner Dieu. Sainteté égale hors classe, hors catégorie, éternel, trinité, unique, incomparable, parfait, Dieu.



Conclusion

Donc je repose ma question du début. Pourquoi les gens paient-ils pour faire un saut à l’élastique ? Pourquoi paient-ils pour aller voir un film qui fait peur ? Pourquoi paient-ils pour hurler sur le grand huit ? Pourquoi prennent-ils des risques pour aller voir une mer déchaînée ? Parce que chez l'homme il y a un désir, un besoin, de côtoyer l'effrayant. Nous faisons ces choses parce que nous avons été créés avec une soif du grandiose. Nous avons été créés avec un désir de découvrir l’intimidant et de connaître l’époustouflant. Voilà pourquoi il y a tant de gens qui recherchent ce sentiment de grandeur effrayante. Sauf que quand on rejette Dieu, tout ce qui reste est le frisson superficiel et éphémère du saut à l’élastique ou d’un tour sur le grand huit. Mais la véritable grandeur effrayante c’est Dieu. Le christianisme est la découverte et la connaissance de ce Dieu qui est grand et intimidant, car si fondamentalement différent de nous. Si vous vous plongez en lui, je vous promets que vous n'aurez plus besoin du saut à l’élastique, du train fantôme, du film d'horreur. Dieu est assez grandiose, assez étrange, assez intimidant, assez époustouflant, assez choquant et assez terrifiant pour combler tous vos désirs de frissons profonds et de sensations fortes. Car Dieu est saint.

mardi 11 mars 2014

Dieu est Amour


1 Jean 4:16



Introduction


Albert Einstein a dit que la religion ne l’intéressait pas parce qu'aucune des religions qu’il avait essayée ne le confrontait à la grandeur de Dieu comme ses découvertes scientifiques. Il rencontrait plus la grandeur de Dieu en étudiant l’univers, qu’en écoutant une prédication de la Parole de Dieu. Quelle critique cinglante pour nous les prédicateurs chrétiens ! Comment est-ce que c’est possible qu’on puisse rencontrer plus la grandeur de Dieu par la science que par le fait d’aller à l’église ? Nous avons la bible ! Nous connaissons Dieu ! Nous sommes ceux qui connaissent sa grandeur.


Aujourd’hui je vais essayer de donner un message que même Einstein approuverait. Non pas en montrant ma compétence scientifique, mais en dévoilant un peu ce Dieu qui est grand. Car, la réalité est que si nous ne faisons pas en sorte que le peuple de Dieu rencontre la grandeur de Dieu, quoi que nous fassions d’autre, nous échouons dans notre mission. Mon message s’appelle : Dieu est amour.
Quand on dit que Dieu est amour, des non-croyants (et même parfois de croyants) demande; si Dieu est vraiment amour, alors pourquoi y a-t-il tant de souffrances dans ce monde ? Je vais argumenter dans ce message que c’est justement parce que Dieu est amour qu’il y a de la souffrance dans ce monde.
 
1. Dieu est amour, mais Dieu aime qui ?
Dieu est amour dit Jean. Mais, quelle est la nature de l’amour de Dieu ? Tout d’abord je veux dire que l’amour n’est pas une émotion. Aujourd’hui, quand on pense à l’amour on pense surtout à une émotion, à un sentiment romantique, mais bibliquement l’amour n’est pas cela. Dieu n’est pas émotionnel. Il n’a pas de poussés de sentiments amoureux. Il n’a pas de sentiments romantiques. Il est immuable comme un océan d’amour. Après tout, si l’amour était une émotion ou un sentiment, quel sens y aurait-il pour Dieu de donner un commandement de l’aimer ? Est-ce un commandement de devenir émotionnel ? Je ne le pense pas. Quand nous regardons la liste des caractéristiques de l’amour dans 1 Cor. 13, l’émotion n’est pas listée. Ceux qui sont listées sont des attitudes, des actes. L'amour est patient, il est plein de bonté...
D’ailleurs, la bible donne précisément la définition de l’amour. Elle définit l’amour dans Romains où nous lisons : l'amour est l'accomplissement de la loi (Rom. 13:10). Voilà la définition de l’amour. Aimer c’est agir. Quelle contraste avec l’idée contemporaine de l’amour ! Et cette idée est confirmée dans Galates : car toute la loi est accomplie dans une seule parole, dans celle-ci: Tu aimeras ton prochain comme toi-même (5:14). La définition de l’amour est donc de garder les commandements. L’amour n’est donc pas une émotion ou un sentiment, mais un acte. Dire que Dieu est amour donc, ne signifie pas que Dieu a des sentiments, mais que Dieu agit avec bienveillance et miséricorde et droiture envers quelqu’un.
Mais envers qui ? Dieu est amour, mais Dieu aime qui ? Pour répondre à cette question la plupart des prédicateurs et auteurs que j’ai lus parlent de l’homme. Ils disent que nous voyons que Dieu est amour parce qu’il nous aime. Je pense que si nous voulons comprendre ce que c’est l’amour de Dieu, nous faisons une grande erreur si nous pensons à l’homme. Je sais que tout le monde fait cela, mais cela ne veut pas dire que c’est biblique. Parler de l’amour de Dieu en faisant référence à l’homme est une erreur. Pourquoi ? (i) Parce que pour essayer de comprendre qui est Dieu, il faut commencer avec Dieu. Si sa nature est amour, la raison pour cela ne peut pas se trouver en dehors de lui, car cela fait partie de son être. Donc, pour comprendre la vérité que Dieu est amour, il ne faut pas regarder vers l’homme, il faut étudier Dieu. (ii) Parce que le message de la bible est que l’amour de Dieu envers les hommes n’est pas le but final de Dieu, mais est une conséquence d’un autre amour beaucoup plus profond.
Comment donc comprendre la vérité que Dieu est amour, sans parler de l’homme ? Voici la réponse. Dieu est amour, car Dieu est trinité. Dire que Dieu est amour c’est aussi affirmer que Dieu est trinité. Voilà comment on comprend cette vérité.
Dieu est un seul être, qui existe éternellement en trois personnes. Et dans l’être qui est Dieu, le Père est la personne ultime. Or, le Père a toujours été conscient de qui il est. Il a toujours eu une idée parfaite de lui-même. Il a toujours eu une image parfaite de lui-même. Autrement dit, le Père se connaît parfaitement et cette connaissance parfaite et exhaustive de lui-même, il l’a toujours eu; et cette connaissance, cette idée qu’il a de lui-même, cette image qu’il a de sa personne est tellement parfaite, représentant Dieu à la perfection, qu’elle se tient seule, à l’extérieur de lui-même et le reflète à la perfection. Cette image qu’il a de lui-même est tellement parfaite, tellement glorieuse, tellement magnifique, qu’elle est aussi une personne. Cette image est son Fils. Le Fils est l’image parfaite, éternelle et vivante du Père. [Il est] le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne (Héb. 1:3). Puisque le Père existe depuis toute éternité et puisqu’il a toujours été parfait, alors cette image de sa perfection a toujours existé. Il n’y a jamais eu de temps quand le Père n’avait pas cette image parfaite de lui-même, parce qu’il n’y a jamais eu de temps où le Père n’était pas parfait et ne se connaissait pas parfaitement. Le Fils aussi donc, qui est l’image du Père, existe depuis toute éternité.
Et leur amour réciproque qui va du Père vers le Fils et du Fils vers le Père existe depuis l’éternité. L’amour de Dieu trouve son origine et sa raison d’être dans l’amour que le Père a pour le Fils. Le Père aime le Fils infiniment. C’est pour cela qu’il dit ceci est mon fils bien aimé. Et parce qu’il l’aime, le Père aime être avec le Fils depuis l’éternité. C’est pour cela qu’il dit en lui j’ai mis toute mon affection (Matt. 3:17), ceci venant d’Esaïe en qui mon âme prend plaisir (42:1). Voilà pourquoi il ne faut pas chercher à comprendre cette vérité en pensant à l’homme.
Mais, ce n’est pas fini. Cet amour entre le Père et le Fils est tellement parfait, tellement infini, tellement glorieux, cet amour est tellement eux; cette énergie parfaite, joyeuse et éternelle fait tellement partie d’eux, que cet amour aussi est une personne infinie et parfaite – le Saint Esprit. L’amour entre le Père et le Fils est le Saint-Esprit.
Dieu existe depuis toujours dans une communion parfaite et infinie d’amour. Dieu est donc amour. C’est sa nature depuis toujours. Il se réjouit de sa communion. Le Père se réjouit d’une joie infinie d’aimer le Fils et de prendre plaisir dans l’existence et les perfections du Fils. L’Esprit procède éternellement d’eux car ils s’aiment. Dieu est donc éternellement auto-suffisant dans son amour. C’est un exploit. C’est un vrai exploit. C’est sa gloire.
Donc, à la question; Dieu est amour, mais Dieu aime qui ? Je réponds, le Père aime le Fils est le Fils aime le Père depuis toujours et cet amour éternel est le Saint-Esprit.
 
2. Pourquoi le Père aime-t-il le Fils depuis toujours ?
C’est une question qu’on ne pose jamais, mais elle est légitime car elle nous montre l’excellence du Fils. La première chose à comprendre est que l’amour du Père envers Jésus n’est pas comme son amour envers nous. Son amour pour nous est grâce. Nous ne méritons pas son amour. Mais son amour pour son Fils n’est pas grâce. Son Fils mérite son amour. Cet amour n’est pas grâce, mais plaisir infini en son Fils. Ceci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toute mon affection. Le Père aime le Fils avec une jouissance infinie, car il trouve une joie infinie en la personne de son Fils.
La première raison que le Père aime le Fils est à cause de la majesté du Fils. Il l'aime parce que le Père voit en son Fils l’image parfaite de lui-même. Le Père aime le Fils parce que quand il voit le Fils, il voit son reflet parfait. Mais, on dira, n’est-ce pas un péché pour Dieu de s’aimer ? Non, car Dieu est parfait. Dieu qui est parfait, se réjouit exclusivement de la perfection. Il ne peut pas prendre plaisir dans l’imperfection. Nous avons vu que l’amour se réjouit de la vérité. Dieu seul est vérité. Si Dieu se réjouissait de quelqu’un d’autre que de lui-même pour une milliseconde, il serait idolâtre.
Mais, si Dieu se réjouit de lui-même, alors pourquoi est-ce que c’est un péché pour moi de me réjouir de moi-même ? Parce que tu n’es pas Dieu. Tu as été créé en son image. En se réjouissant de toi, tu lui vole la gloire qui lui est due. Tu t’attribues sa gloire – c’est de l’idolâtrie. Donc, la première raison que Dieu le Père aime le Fils est que le Fils est l’image parfaite de la perfection de Père.
Et la deuxième raison que Dieu le Père aime le Fils est parce que malgré le fait qu’en tant qu’image parfaite du Père, le Fils était l’égal du Père, il était agréable au Fils de s’humilier, jusqu’à devenir un homme par obéissance au Père. Le père aime chez le Fils l’image de sa perfection et il aime aussi son obéissance et son humilité. Voici mon serviteur que j'ai choisi, Mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. .... Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n'entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, Et il n'éteindra point le lumignon qui fume. (Matt. 12:18s). C’est donc cette excellence suprême du Fils qui est admirable et aimable aux yeux du Père. C’est ce qui rend le Fils si merveilleux. Alors qu’il pouvait prétendre à toute la gloire et tous les honneurs de Dieu, il s’est volontairement humilié en devenant le serviteur du Père. Et il a fait cela parce qu’il aime le Père avec un amour infini. Son amour du Père l’a poussé à obéir au Père. Le Fils voulait montrer au Père jusqu’à quel point il l’aimait. Donc, il est Dieu et pourtant il devient un bébé. Il est Dieu et pourtant il lave les pieds de ses disciples. Il est Dieu et pourtant il accepte d’être tenté par le diable. Il est Dieu et pourtant il accepte d’être giflé, craché dessus et crucifié par ses créatures par amour du Père. Le Père m'aime, parce que je donne ma vie (Jean 10:17).
Voilà pourquoi le Père prend plaisir en son Fils, à cause de son obéissance qui l’a conduit à s’humilier, jusqu’à donner sa vie par amour du Père. Voilà pourquoi le Père aime le Fils, parce qu’alors qu’il était infiniment important, il s’est fait le plus insignifiant de tous par amour du Père. Car, existant en forme de Dieu, il n'a point regardé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes … C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé (Phil. 2:6). Jonathan Edwards dit : Dans la personne de Jésus se rencontrent grandeur infinie et servilité infinie, justice infinie et grâce infinie, gloire infinie et humilité infinie, une égalité avec Dieu et une soumission infinie envers Dieu. Le Fils est tout simplement splendide, excellent, admirable, incomparable. Voilà pourquoi le Père l’aime. Qui n’aimerait pas un tel être ?
 
3. Et nous dans tout ça ?
Pour l’instant, on me dira, j’ai beaucoup parlé de Dieu et peu de nous. Mais nous existons. Et Dieu nous aime. Parlons donc un peu de nous ! C’est sûr que Dieu aime ses enfants. Mais, pourquoi nous aime-t-il ? Parce que nous sommes aimables ? Que dit-il à ce sujet ? Ce n'est point parce que vous surpassez en nombre tous les peuples, que l'Éternel s'est attaché à vous et qu'il vous a choisis, car vous êtes le moindre de tous les peuples. Mais, parce que l'Éternel vous aime ... (Deut. 7:7). A la question pourquoi Dieu s’est-il attaché à son peuple, la raison donnée ici est parce que Dieu aime son peuple. Autrement dit, la raison que Dieu aime son peuple est parce qu’il les aime. Nous avons ici un raisonnement circulaire dans la bible. La raison que Dieu vous aime est parce qu’il vous aime. Ce raisonnement circulaire est le signe, par excellence, que la raison de son amour se trouve en lui. Il nous aime parce qu’il est amour. Dieu adore nous aimer. Son amour pour nous n’a rien à voir avec nous, mais tout à voir avec lui. Donc, Dieu aime son peuple parce qu’il est amour et parce qu’il est amour, il veut nous sauver. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous (Rom. 5:8).
Ceci m’amène à poser une autre question pour dévoiler davantage l’amour de Dieu. Avec cette question je voudrais faire le lien d’un côté entre l’amour du Père pour son Fils et du Fils pour son Père, et de l’autre l’amour de Dieu pour nous. Car les deux ne sont pas contradictoires, mais complémentaires. Voici donc ma question. Dieu voulait nous sauver parce qu’il est amour, mais qu'est-ce qui posait le plus grand obstacle à notre salut ? Quelle difficulté risquait le plus d'empêcher notre réconciliation avec Dieu ? Qu'est-ce qui se dressait comme l'Everest devant nous et notre salut ? La réponse qui vient à notre esprit en premier est : notre péché d’un côté et la justice de Dieu de l’autre. Voilà l’obstacle ! Comment Dieu pouvait-il nous pardonner tout en restant juste ? C'est ça l'Everest. Comment un Dieu trois fois saint pouvait-il pardonner à des misérables pécheurs comme nous et toujours être loué comme une Dieu de justice ?
Certes, le problème du pardon de nos péchés par un Dieu saint était un obstacle énorme, mais je crois que ce n’était pas le plus grand obstacle à notre salut. Le plus grand obstacle n’est pas que Dieu est saint, mais que Dieu est amour. Paul nous explique le problème Que dirons-nous donc à l'égard de ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? (Rom 8:31s). Le plus grand obstacle à notre salut était que le Père accepte de ne pas épargner son Fils pour nous sauver. Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? Paul utilise ici une argumentation a fortiori. Il raisonne du plus grand au plus petit. Si Dieu a donné le plus grand, alors il donnera le plus petit. S'il a accepté la plus grande difficulté, alors il acceptera la plus petite. Lui, qui n'a point épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui ? Une fois que le Père avait accepté de livrer son propre Fils à la mort, alors tout le reste était facile pour lui. Une fois que le Père avait accepté cela, le problème de notre péché et de sa justice était insignifiant par comparaison.
Il a fallu une éternité (si on peut parler ainsi de Dieu) pour que le Père accepte de ne pas épargner son Fils. Le désir normal d'un père est justement d'épargner son enfant. A combien à plus forte raison un Père dont la nature est amour ! Mais le Père accepte de ne pas l'épargner de la méchanceté des hommes. Le Père accepte de ne pas l'épargner de Satan. Le Père accepte de ne pas l'épargner de sa propre colère, mais de le livrer. Il lui a fallu une éternité pour accepter cette décision terrible.
Il nous est impossible de comprendre l’amour infini et parfait que le Père donnait au Fils et que le Fils donnait au Père depuis l’éternité. On ne peut pas comprendre l’unité parfaite et la communion parfaite qu’ils avaient depuis toujours. Mais c’est une réalité. Glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût..... Comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi …. Ma gloire, [c’est] la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde (Jean 17). Et c’est cette communion parfaite que le Père a accepté de rompre. La rupture de cette communion et de cet amour parfaits était la décision la plus colossale pour le Dieu de l’univers de toute éternité. Sans aucune exception. Le Père a accepté de casser cet état parfait d’amour entre lui et son Fils. Et non seulement cela, mais aussi de livrer son Fils à la mort. Cette décision était la décision la plus pénible que le Père aura à prendre de toute l’histoire divine. Et il l’a prise. Il l’a prise et tout le reste était comparativement facile après cela.
Et cette décision était terrible pour le Père (je parle encore en langage humain) non seulement parce qu'il allait casser la communion parfaite entre lui et son Fils qui existait depuis toujours, mais aussi parce qu'il savait que cette décision allait conduire le Fils dans de terribles souffrances. Oui, le Fils était un serviteur volontaire du Père. Je donne ma vie. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même (Jean 10:17). Il n’a pas été contraint de se livrer, mais sa souffrance était si terrible que dans le jardin Jésus a prié Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Lui qui avait était éternellement habitué à avoir une communion avec le Père, était pour la première fois face à une situation où il allait être séparé du Père. Lui qui avait été habitué à ce que le Père lui sourit, allait maintenant connaître non pas son sourire, mais sa fureur. Voilà le plus grand obstacle à notre salut : l’amour du Père pour son Fils.
Mais, on me dira : oui mais le fait que le Père n’a pas épargné son Fils prouve à quel point le Père nous aime. Et le fait que le Fils a donné sa vie prouve à quel point le Fils nous aime. Tout cela prouve à quel point Dieu nous aime. Nous voulons désespérément nous mettre au centre de cette histoire. Mais l’homme n’est pas au centre de cette histoire. Dieu l’est. Nous sommes pris dans une histoire d'amour éternel entre le Père et le Fils. Non, cela ne prouve pas qu’ils nous aiment, mais qu’ils s’aiment. Ils n’ont pas fait cela pour nous, mais pour eux. Qu’est-ce qui me permet de dire cela ? Parce que le Père voulait donner à son Fils un peuple qui exprimera pour l’éternité son amour pour son Fils. C'est pour cette raison que vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, pourquoi ? afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière (1 Pierre 2:9). Le Père aime le Fils tellement qu’il est en train de lui procurer un peuple qui exprimera pour toujours l’amour que le Père a pour son Fils. Et le Fils veut montrer jusqu’où il est prêt à aller pour faire plaisir au Père. Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne. (Luc 22:42). Car Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé, et d'accomplir son œuvre (Jean 4:34).
Voici un dialogue que l’on peut imaginer entre la trinité à l’aube de l’éternité.
Père : Mon Fils, je t’aime tellement que je veux créer un monde pour toi et je veux créer des êtres dans ce monde. Je veux les créer à mon image pour que des millions et des millions de petits moi puissent t’adorer pour l’éternité. Ce sera mon cadeau pour toi pour toujours. Des millions d’êtres à mon image qui t’adorent pour toujours.
Fils : Mon Père, je t’aime tellement que si tu crées ce monde et ce peuple pour moi, je te demande de créer ce monde d’une telle manière que je puisse te montrer dans ce monde, par mon obéissance infaillible à toi, à quel point moi, je t’aime aussi. Donne-moi l’occasion dans ce monde de montrer jusqu’où je suis prêt à aller par amour pour toi.
Saint-Esprit : Alors, créons ce monde ! Que ce monde soit le théâtre privilégié de l’amour éternel entre le Père et le Fils !
Voilà ce qui se passe. Dieu a créé ce monde. Il a créé les hommes à sa propre image pour constituer un peuple adorateur pour son Fils. Et le Fils s’est donné, allant jusqu’à la mort, pour sauver ce peuple que le Père veut lui donner, ainsi démontrant par son obéissance infaillible à quel point il aime le Père.
Et pour montrer l’excellence de son obéissance, il fallait un monde où l’obéissance n’était pas facile. Il fallait un monde où l’obéissance lui coûterait cher. Bref, pour montrer l’excellence de son obéissance, il fallait un monde où l’obéissance lui ferait souffrir et mourir. C'est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort …. a appris, bien qu'il fût Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes (Héb. 5:7). J’affirme donc, (contrairement à ce que tout le monde pense aujourd’hui), que c’est justement parce que Dieu est amour, qu’il y a de la souffrance dans ce monde. Le Fils aime le Père. Il voulait lui prouver son amour. La souffrance a permis au Fils de démontrer son obéissance parfaite au Père. Il a appris, bien que Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes. Il en résulte que le Père a élevé à la perfection par les souffrances le Prince de [notre] salut. (Héb. 2:11). C’est justement parce que Dieu est amour qu’il y a de la souffrance dans ce monde. Un monde où la souffrance n’existait pas, indiquerait que Dieu n’est pas amour.
Et à la fin des temps, le Père donnera ce peuple racheté à son Fils, comme on présente une épouse à son époux. Et je vis descendre du ciel, d'auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s'est parée pour son époux (Apoc. 21:2). Et que se passera-t-il ensuite ? La seule chose possible, si on considère l’amour éternel qui existe entre le Père et le Fils. Lorsque le Père aura donné ce peuple adorateur au Fils pour que ce peuple loue le Fils pour toujours, pour que ce peuple exprime l’amour du Père envers son Fils à jamais, alors le Fils le prendra et le posera comme un cadeau aux pieds du Père. Et Dieu sera tout en tous. Ensuite viendra la fin, quand [Christ] remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. … Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. ... Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous (1 Cor. 15:24s).
Cette histoire ne nous concerne pas premièrement. Elle les concerne. Nous sommes les conséquences de leur amour. C’est une histoire d’amour éternel et infini et parfait entre Dieu le Père et Dieu le Fils et notre rôle est d’exprimer l’amour du Père envers le Fils. Nous sommes là pour cela. Nous sommes privilégiés de pouvoir participer dans cette histoire d’amour infini. Tout est fait par le Père pour rendre Jésus grand et glorieux et pour le montrer comme excellent parmi nous les nations pour amener en son nom à l'obéissance de la foi tous les païens (Rom. 1:5). Tout a été créé par lui et pour lui (Col. 1:16). C'est de lui, par lui, et pour lui que sont toutes choses (Rom. 11:36).
 
Conclusion
Ce que je dis est non seulement biblique et historique (je l’ai reçu de John Piper, qui l’a reçu de Jonathan Edwards, qui l’a reçu de Jean Calvin, qui l’a reçu d’Augustin, qui l’a reçu de l’apôtre Paul) mais, ce que je dis est aussi bien plus rassurant pour toi que le fait de t’annoncer un Dieu qui a de bons sentiments envers tous les hommes. Le fait que le Père aime le Fils est notre garantie d’être sauvé. Si tu es en Christ, alors Jésus est en train d’intercéder pour toi au ciel en ce moment. Quand Satan t’accuse devant le Père, Jésus montre ses blessures et demande au Père de te garder pour lui. Et le Père qui l’aime d’un amour infini et qui, en plus, voit dans sa chair les preuves de son obéissance envers le Père, ne lui dit jamais "non". C’est aussi simple que ça. Il ne lui dit jamais "non". C’est parce que ce que j’ai dit dans ce message est vrai, que ton salut, ami chrétien, est assuré. Le Père ne dit jamais "non" à son Fils, car Dieu est amour.
 
 
 



mercredi 5 février 2014

Le Problème du Canon de la Bible



J’avais prévu de terminer ma série sur la bible avec mon dernier message. L’idée de terminer en parlant de Jésus me plaisait beaucoup. Cependant, c’était sans compter sur les différentes questions que cette série allait soulever chez certains. J’ajoute donc cette étude par nécessité, comme un appendice à ma série. C’est une étude plus technique que les autres. Mais c’est une étude nécessaire, car la bible est attaquée aujourd’hui comme jamais avant. Des étudiants chrétiens au lycée et à la fac perdent leur confiance en la bible et donc dans la foi chrétienne à cause des argumentations que je vais réfuter dans cette étude.

Voici le problème. Dans mon message Sola-Scriptura j’ai défini la bible comme étant les 66 livres de Genèse à l’Apocalypse. Certains m’ont demandé de justifier cette définition de la bible. Ce qui me frappe c’est que les sceptiques, les modernistes, les athées et même les Catholiques ont ici le même but, à savoir, insinuer que l’autorité de la bible n’est pas intrinsèque; que son autorité vient d’ailleurs et ceci afin de nuire à l’autorité de la bible. Je voudrais donc prendre le temps dans cette étude d’établir la vérité concernant ce que l’on appelle le Canon des Ecritures et par le même de rassurer certains chrétiens évangéliques qui ont pu être perturbés par ces fausses objections.

Dans un premier temps, je voudrais définir ce que c’est le canon. Ensuite, je voudrais présenter les argumentations que ces perturbateurs utilisent contre la bible, pour montrer point par point les incohérences et inexactitudes dans leurs argumentations, afin de démontrer que leurs attaques contre la bible sont infondées.*

 

1. Ma position

Premièrement, définissons ce que c’est le canon. Le mot canon vient du grec κανών signifiant "règle ou modèle", lui-même emprunté à l'hébreu qaneh "roseau, mesure, canne". Et le Canon des Ecritures signifie "la norme des écritures". La question du canon de la bible est donc; c’est quoi la bible ? Quels livres font partie de cette norme ? Quels livres sont dedans et quels sont dehors ?

Le premier commentaire que je veux faire ici c’est que pour le chrétien, la bible est la Parole de Dieu. Il s’agit de déterminer quels livres sont la Parole de Dieu et donc par implication lesquels ne le sont pas. Donc, la première chose à reconnaître est que la question du canon de la bible n’est pas une question historique. C’est une question de doctrine. Contrairement à ce qu’affirment les Catholiques et les internautes anti-chrétiens en tout genre, on ne définit pas le canon on faisant une leçon d’histoire, mais une leçon de doctrine biblique. Ceci est fondamental. Considérer le canon premièrement ou uniquement d’un point de vue historique c’est mettre la charrue avant les bœufs. C’est comme si on considérait les miracles de Jésus uniquement d’un point de vue historique. Notre théologie doit être correctement en place pour comprendre les miracles. Par exemple, il y a des gens qui essaient de comprendre les miracles de Jésus, sans croire en Dieu. Pour eux les miracles sont logiquement impossibles. Ils y trouvent des explications purement naturelles. Il leur est donc impossible de comprendre les miracles, car leur doctrine est erronée. C’est pareil avec la question du canon. Si nous n’avons pas une doctrine biblique de la bible, alors nous faisons fausse route. La question du canon de la bible est avant tout une question de doctrine.

Malheureusement, la plupart des livres évangéliques abordent ce sujet essentiel d’un point de vue purement historique, sans étudier la doctrine biblique de la Parole de Dieu. Il est vrai qu’une bonne connaissance de l’histoire de l’église est importante pour démasquer les erreurs des opposants à la bible, ce que je vais faire dans cette étude. Mais il ne faut pas commencer là. On doit commencer avec la doctrine. On doit commencer avec l’enseignement de la bible sur la bible. C’est le principe de Sola-Scriptura.

Par conséquent, on peut répondre à la question sur la définition de la bible comme ceci : le Canon des Ecritures est la collection de livres inspirés, que Dieu a donnés à son église universelle. Donc, contrairement à ce qui est souvent dit, le canon n’est pas quelque chose que les hommes ont établie ou décidée. C’est Dieu qui décide ce que c’est le canon des Ecritures. Ce point est fondamental. C’est Dieu qui décide ce qu’il a dit et n’a pas dit, pas nous. Les hommes peuvent recevoir sa Parole, l’affirmer, lui obéir (ou pas), mais les hommes ne sont pas les agents qui constituent sa Parole. C’est Dieu, en parlant, qui constitue son propre canon. Donc, en principe, le Canon des Ecritures pourrait exister, sans qu’aucun homme ne le sache. Un canon pourrait exister sans l’avis ou l’approbation d’aucun homme, car c’est Dieu qui crée le canon.

Deuxièmement, il faut reconnaître que la bible prétend ne pas être comme tous les autres livres. Ce livre prétend être la pensée de Dieu. Donc, encore une fois, si nous le traitons comme les autres livres, nous faisons fausse route, car on rencontre Dieu dans ce livre. Et on ne peut pas rencontrer Dieu sans l'Esprit de Dieu. Donc, il faut aborder ce livre avec une théologie bien définie avant de le lire. C’est-à-dire, soit on l’accepte comme la Parole de Dieu, soit on le rejette. Et si on le rejette, comme le sceptique, et l’athée, on ne le comprendra jamais, car on ne comprend pas la Parole de Dieu sans l'Esprit de Dieu. Ils détestent ce discours, mais c'est la vérité. Tout comme Dieu s'authentifie lui-même, la Parole de Dieu s'authentifie. Elle a autant d'autorité que lui, car elle est sa Parole. Seuls les Protestants évangéliques ont cette haute idée de la bible. Les Catholiques reconnaissent que la bible est inspirée, mais prétendent qu’elle n’est pas suffisamment inspirée pour pouvoir s'authentifier seule. Pour eux la Parole du Dieu vivant a besoin de l’approbation de l’homme pour être autoritaire. Quelle idée insensée !

Avec ces présuppositions affirmées, assumées et bien en place, examinons les argumentations des opposants à la bible.

 

2. Leurs Argumentations.

i) Le Nouveau Testament n’existait pas avant le IVe siècle. Donc la doctrine de Sola-Scriptura ne pouvait pas exister avant cette date. Donc c’est une doctrine auto-réfutante.

Cette argumentation est fallacieuse à plusieurs niveaux. Premièrement, c’est un argument du silence. Ce n’est pas parce que nous n’avons pas connaissance d’une liste des 27 livres du NT que l’église a pu dresser, datant d’avant le IVe siècle, qu’une telle liste n’a jamais existé. Mais plus encore, c’est une erreur de catégorisation. Ce n’est pas parce qu’il n’y avait pas de liste des livres du NT que ces livres n’existaient pas !

Voici une illustration. Je suis auteur. J’écris des livres. Il y a donc un canon de mes livres. Or, je n’étais pas obligé d’écrire la liste de mes livres pour que ce canon existe. Dès que j’avais terminé mon premier livre, mon canon existait. C’est pareil pour le canon de la bible. Dire que le Nouveau Testament n’existait pas avant le IVe siècle est donc absurde. Les livres existaient. Dieu connaissait ses livres, car le Canon des Ecritures est son œuvre.

Mais selon Rome, les Ecritures ne peuvent pas être considérées comme les Ecritures dans l’église, sans être validées par l’autorité de l’église. La Parole de Dieu a besoin de l’aval de l’homme pour être la Parole de Dieu. Voici leur problème. Premièrement, si on ne peut pas avoir un canon fonctionnant dans l'église sans une définition infaillible de ce qu’est le canon, alors comment un Juif vivant 50 ans avant la naissance de Jésus savait-il que 2 Chroniques ou le Cantique des Cantiques étaient inspirés de Dieu ? Il est à noter qu’aucune des disputes entre les pharisiens et Jésus n’était sur le canon. Quand Jésus citait l’Ancien Testament, personne ne lui répondait que ce qu’il avait dit n’était pas dans les Ecritures. Quel concile infaillible avait donc choisi ces livres pour que tous les acceptent ? Si aucun concile ne les avait validés, comment savait-ils tous que ces livres étaient les Ecritures ? Si le Juif le savait sans concile, pourquoi le chrétien en a-t-il besoin ? Deuxièmement, si le NT ne peut pas être autoritaire dans l'église sans une définition infaillible de ce qu’est le canon, alors cela pose un gros problème pour les Catholiques, car la première fois que Rome s’est prononcée de façon dogmatique sur le canon était en 1546. Si la doctrine de Sola-Scriptura est auto-réfutante parce qu’il n’y avait pas de NT reconnu avant le IVe siècle, que dire de l’autorité de la bible catholique ?

 

ii) Il y avait aussi beaucoup d’autres livres qui circulaient dans les églises. Certains étaient inclus dans la bible au début et ensuite retirés.

Les gens qui formulent cette objection ont trop regardé le Da Vinci Code et ont trop peu étudié l'histoire ! Le problème avec cette argumentation est qu’elle est anachronique. L’évangile de Thomas et l’évangile de Pierre (souvent cités pour illustrer cette argumentation) n’étaient même pas écrits à l’époque où les 4 évangiles circulaient. Ils ont été écrits seulement une centaines d’années après les évangiles. Il est donc faux de donner l’impression que tous ces livres circulaient en même temps dans les églises et que les églises les considéraient tous comme égaux. Il y avait déjà un grand consensus sur les 4 évangiles avant même que ces pseudo-évangiles n’aient été écrits.

Comment en être si sûr qu’il y avait consensus ? Parce que les manuscrits le prouvent. Les premiers chrétiens n'écrivaient pas sur des volumen (ou des papyrus), mais sur des codex. Un codex est comme un livre. Et on pouvait y rassembler plusieurs livres dans un seul codex. Un codex pouvait jouer le rôle d'une petite bibliothèque portable. Par exemple, il existe des codex qui sont des collections des 4 évangiles, datant de la fin du IIe siècle (P4, P64 et P67). Il y a aussi un codex qui est une collection des lettres de Paul (P46) etc. Donc, cela nous montre qu'au IIe siècle les chrétiens commençaient à voir ces différents livres (évangiles et lettres) comme une unité. Pourquoi Est-ce que ceci est important ? Parce que cela montre qu'il y avait déjà une conscience canonique dans l’église environ un siècle après la mort de Jésus et aussi une idée précise sur la façon dont ces livres devaient être assemblés (évangiles ensemble, lettre ensemble etc.). Et tout ceci sans aucune déclaration officielle de l'église !

Et que voit-on dans ces codex ? On voit systématiquement que la collection des évangiles est la même que celle que nous avons aujourd'hui. Par exemple, on ne voit jamais une collection de Mathieu, Marc, Thomas et Jean ou encore de Mathieu, Marc, Luc et Pierre. Ceci contredit ce que les opposants à la bible affirment. Les autres évangiles qui circulaient plus tard n'étaient pas considérés comme inspirés comme les 4 évangiles originaux. C’est la preuve documentaire que le consensus autour des évangiles était constant et généralisé très, très tôt dans l'histoire de l'église.

Mais, protestent certains, le codex P72 est le plus vieux manuscrit existant aujourd'hui et bien qu’il contienne 1 & 2 Pierre et Jude, il contient aussi des livres apocryphes. Ceci prouve que les faux livres circulaient avec des vrais dans l’église, n'est-ce pas ? Pas vraiment, quand on regarde P72 de près, on voit que c'est un codex étrange. Il contient des pages dont les numéros ne se suivent pas et dont l'écriture est différente d'une page à une autre. P72 donne l'impression d'être une collection personnalisée de livres dans laquelle les pages arrachées de 1 & 2 Pierre et Jude ont été collectées et ajoutées à des livres apocryphes dans le codex. Ceci expliquerait le décalage dans les numéros des pages et la différence d'écriture. Ce codex atypique est probablement un manuscrit personnalisé que quelqu'un a fabriqué pour sa lecture personnelle. C'était un Kindle ancien ! Il est l’exception qui confirme la règle.

Un autre exemple souvent cité est le Codex Sinaiticus. C'est un manuscrit quasi-complet du Nouveau Testament datant du IVe siècle. Il est vrai qu'il contient les livres apocryphes comme l'Epître de Barnabé et le Pasteur d'Hermas. Mais ce qu'il faut noter (et ceux que les opposants à la bible ne disent jamais) est que ces livres apocryphes ne sont justement pas inclus dans le canon. Ils sont placés après le livre de l'Apocalypse. Et ceci est le cas dans tous les autres codex qui contiennent livres bibliques et apocryphes. C'est assez surprenant, car les livres apocryphes sont souvent des lettres, alors pourquoi ne pas les mettre avec les lettres de Paul ? Après tout, il y a de multiples auteurs dans le NT, cela n'aurait posé aucun problème de mettre 1 & 2 Clément, par exemple, entre Jacques, Pierre et Jean, si les chrétiens considéraient ces lettres comme étant inspirées. Si ces livres faisait vraiment partie du canon, pourquoi les mettre après le canon ? On pense que ces livres étaient inclus dans certains codex comme des livres utiles à lire. Quoi qu’il en soit, ils sont toujours bien distincts des autres livres du NT. Il faut savoir que cette pratique était une règle généralisée. Il n'y a aucune liste de livres de cette époque dans laquelle les livres apocryphes sont mélangés avec les livres canoniques. Aucune. Donc, parmi tous les codex de la bible qui existent, les codex et les listes qui contiennent des livres apocryphes mettent toujours les livres apocryphes en dehors de notre NT. Donc, même ces codex, que les Catholiques et les athées utilisent pour nuire à l’autorité intrinsèque du NT, ne font que la renforcer. Ceci prouve, donc, que ces autres livres n'étaient pas considérés comme les égaux des livres du NT.

 

iii) La bible que nous avons aujourd’hui n’est pas tombée du ciel comme ça, si nous l’avons c’est bien parce que quelqu’un a décidé quels livres devaient être inclus dans le canon de la bible.

Les opposants à la bible disent que c’est au Concile de Nicée (en 325) que le canon a été formé. Ils affirment que dans ce concile, on a choisi l'évangile de Jean, et on a rejeté l’évangile de Thomas. Notons tout d’abord, que c’est tout de même assez surprenant que l’argumentation avancée par Rome est exactement la même que celle avancée par les athées et le modernistes pour prouver que la bible n’est pas autoritaire ! Je crois que ce fait est déjà très révélateur. Mais, sur le fond, où sont les preuves historiques de ces décisions ? Si on affirme que c’est au Concile de Nicée que le canon a été formé, il faut pourvoir fournir des documents historiques qui le prouvent. Où sont les documents qui précisent que ce concile a été réuni pour décider du canon ? Où sont les documents qui montrent que les gens présents étaient conscients de choisir les livres qui devaient constituer la bible ? Il n'y en a pas. Cette idée est sans aucun fondement.

En réalité, les conciles qui ont prononcé sur le canon dans les IVe et Ve siècles ne sont pas des conciles œcuméniques, mais régionaux. Et ces conciles n'ont pas choisi certains livres plutôt que d'autres, il n’ont fait qu’affirmer ce que l’église croyait déjà. La différence est énorme. Affirmer en quels livres on croit, n’est pas la même chose que créer une bible. A toutes les époques l’église a affirmé ce qu’elle croit. Nous le faisons encore aujourd’hui. Nous écrivons des confessions de foi pour affirmer ce que nous croyons.

D’autres disent que c’est Athanase d'Alexandrie qui était le premier a fondé le canon dans sa Lettre Festale (vers 360) dans laquelle il donne la liste des 27 livres du NT. Mais même Athanase ne raisonne pas ainsi : "maintenant je vais décider pour toute l’église quels sont les livres de la bible parmi tous ceux qui circulent". Non, il affirme tout simplement ce qu’il croit.
Voici l'erreur logique élémentaire que font ces perturbateurs. Ils concluent que puisque quelqu'un affirme une doctrine et que son affirmation est la première trace que nous avons de cette doctrine, alors cette doctrine a forcément commencé à ce moment-là. En logique on appelle cela affirmer le conséquent : si A, alors B. B, donc A. Si le canon avait été décidé par Athanase, ses écrits seraient la première trace que nous aurons du canon. Ils sont la première trace que nous avons du canon, donc le canon a été décidé par Athanase. Voici un autre exemple pour montrer l’absurdité de ce raisonnement. Si mon épouse n'avait jamais existé, elle ne serait pas dans cette pièce avec moi. Elle n’est pas dans cette pièce avec moi, donc elle n'a jamais existé. (Je promets qu’elle existe bien !).

La réalité est que si on demandait à Athanase d'Alexandrie; "pourquoi avez-vous choisi Mathieu, Marc, Luc et Jean ?" Il répondrait; "comment ça, ‘choisi’ ? Ces livres nous ont été transmis. Ils viennent de Dieu. Nous ne les avons pas choisis, nous les avons reçus de Dieu". Ceci est corroboré par les Pères de l’église. Ils ne parlent jamais de livres qu’ils ont "choisis", mais de livres qu'ils ont "reçus", non pas de livres "sélectionnés", mais de livres "transmis".

D’ailleurs, une des argumentations souvent avancée par les opposants à l’autorité intrinsèque de la bible est l’exemple de Marcion. Marcion a formé sa propre bible. Il a mutilé les 4 évangiles pour faire un grand évangile édité de Luc. Ensuite, il a enlevé tout ce qu'il trouvait offensant dans les écrits de Paul. Selon nos amis Catholiques, ceci est la preuve que c'était le chaos dans l'église primitive concernant le canon. N'importe qui faisait circuler n'importe quoi et le présentait comme les Ecritures. Mais, je crois que l'exemple de Marcion prouve justement le contraire. Le fait que quasiment tous les Pères de l'église ont écrit contre Marcion prouve justement qu'il y avait un grand consensus dans l'église sur ce qu'était le canon. Après tout, si ce que disent les opposants à la bible est vrai, pourquoi y-avait-il une si grande réaction contre Marcion ? Si c'était vraiment le chaos dans l'église et n'importe qui faisait circuler n'importe quoi comme les Ecritures, alors Marcion ne faisait rien d'inhabituel. Les premiers chrétiens auraient tout simplement dit : "voilà encore quelqu'un avec encore une autre opinion sur la bible. Et alors ?"

Par contre, s'il y avait un consensus généralisé très tôt sur la bible, c'est exactement la réaction qu'on s'attendrait à voir contre quelqu'un qui attaquait ce canon. Le cas de Marcion donc, loin de prouver l'état chaotique de l'église primitive concernant le canon, prouve que puisque tant de chrétiens se sont mobilisés contre lui, c'est bien parce qu'il enfreignait la norme acceptée de tous, c'est-à-dire le canon de la bible. En effet, la seule explication pour la condamnation généralisée que Marcion a suscitée est qu’il s'opposait à une norme déjà existante et acceptée. Pour pouvoir le condamner ainsi, l'église montre qu'elle s'attendait à ce qu’il sache quels livres étaient inspirés. Après tout, comment condamner quelqu'un s'il lui était impossible de savoir quels livres étaient les Ecritures ? Comment condamner quelqu'un pour avoir enfreint la règle, s'il n'y avait pas de règle établie à enfreindre ?

Les gens qui avancent cette argumentation commettent le sophisme d’une généralisation précipitée. Ils concluent que puisque certaines personnes n'étaient pas d'accord sur le canon, cela prouve que personne n'était d'accord sur le canon !

 

iv) C'était les successeurs des apôtres en concile qui ont décidé quels livres étaient inspirés et quels ne l’étaient pas. Comment accepter l’autorité des livres, sans accepter l’autorité de ceux qui ont choisi ces livres, c’est-à-dire de l'Eglise ?

Encore une fois, il ne suffit pas d’affirmer, il faut documenter. Où sont les documents qui attestent que ces chrétiens se considéraient comme "les successeurs des apôtres" ? Où sont les documents qui attestent que ces chrétiens ont pris une décision qu'ils considéraient comme dogme pour l'église universelle pour toujours concernant la Parole de Dieu ? Je veux voir ces manuscrits ! Où sont-ils ? Donnez-moi leur nom.

Au contraire, personne à cette époque ne se considérait comme le successeur de Pierre ou de Paul. Ceux à qui certains prêtent une telle idée (Le Pères de l’église) sont justement très prudents dans leurs écrits de se distancier par rapport à l’autorité des apôtres. Ils enseignent que, contrairement à eux, les apôtres avaient une autorité unique.

Le Catholique répondra que ces décisions ont été prises à Hippone, à Carthage et à Rome (en 382). Mais, encore une fois, il ne suffit pas de l'affirmer, il faut le documenter. Donc, je repose la question; où est la preuve que les conciles d’Hippone, de Carthage et de Rome se considéraient comme des conciles apostoliques ? Où est la preuve que ces gens se voyaient comme des successeurs des apôtres, ayant autant d’autorité sur l’église universelle que Pierre et Paul ? Ces affirmations n’ont aucun fondement historique. Ce sont de conciles régionaux, tout simplement. Affirmer que ces chrétiens se considéraient comme "les successeurs des apôtres" créant des dogmes contraignants pour toute l’église et pour toujours est une lecture tellement anachronique de l’histoire de l’église qu’elle frôle le révisionnisme ecclésiastique.

Pour nous Protestants, le consensus de l‘église sur les 27 livres du NT n’est pas sans importance. Il joue un rôle dans notre acceptation de ces mêmes livres. Mais, cela ne veut pas dire que nous croyons que l’église ait constitué le canon. Cela ne veut pas dire qu’il nous serait impossible de savoir que ces livres sont le canon sans l’église. Le Protestant voit le rôle de l’église comme un thermomètre. Le thermomètre rend compte de la température ambiante. La température est ce qu’elle est et le thermomètre réagit en conséquence. De même, nous reconnaissons le canon pour ce qu’elle est – la Parole de Dieu. Par contre, le Catholique voit le rôle de l’église non pas comme un thermomètre, mais comme un thermostat. Le thermostat détermine la température. Pour le Catholique l’église détermine le canon. Pour le Protestant, elle en rend compte. Pour le Protestant, donc, l’église joue un rôle important, mais n’a pas autorité sur la bible. La Parole de Dieu a une autorité intrinsèque. Elle s’authentifie seule. Dieu n’a pas besoin d’hommes pour valider sa Parole, pour l’approuver avec son cachet : "La Parole de Dieu – approuvée pour votre usage par les hommes". L’idée est absurde. Sa Parole est écrite dans les cieux pour l’éternité. L’homme est une vapeur éphémère.



Conclusion

Ceux qui utilisent les argumentations ci-dessus ont un seul objectif : faire croire qu’au début de l’ère chrétienne c’était le chaos dans l’église; qu’il n’y avait aucun consensus sur le canon du NT; que personne n’était d’accord sur l’identité des livres canoniques et apocryphes; et que c’est seulement lorsqu’un concile de l’église est venu mettre de l’ordre là-dedans qu’il y a eu unité. Leur but est de nuire à l’autorité de la bible.

J'ai montré les très nombreuses argumentations fallacieuses dans leurs argumentations. A travers les exemples des premiers codex, de Marcion et des documents datant des premiers conciles, j'ai aussi montré que la réalité était toute autre. Il y avait un grand consensus sur le canon très tôt dans l’église, bien avant les conciles du IVe siècle. En démontrant qu’il y avait un consensus dans l’église sur les 4 évangiles des siècles avant les conciles, j'ai prouvé en même temps que les chrétiens pouvaient savoir quels livres étaient de Dieu sans recours à un concile officiel. Donc, s’il y avait ce niveau d’unité sur le canon avant l’existence d’une papauté, cela prouve que nous n’en avons pas besoin.



*Je suis endetté envers B B Warfield et Dr Kruger pour cette étude.